Enlèvement de Sœur Gilberte: les religieuses n’en continuent pas moins leur mission (VIDÉO)

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Lundi matin, 2 juin 2014, à Montréal où est située la Maison-Mère de la Congrégation de Notre-Dame à laquelle appartient Gilberte Bussière, la religieuse de 74 ans enlevée au Cameroun il y a deux mois par un groupe terroriste et libérée la veille, la leader de la Congrégation, Sœur Josephine Badali, (centre) rencontraient la presse entourée des autres responsables de la Congréagation (Nicolas Laffont/45enord.ca)
Lundi 2 juin 2014, à Montréal, la leader de la Congrégation Notre-Dame, Sœur Joséphine Badali, (centre) rencontraient la presse entourée des autres responsables de la Congrégation (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

À la conférence de presse ce matin à Montréal, Sœur Joséphine Badali, la leader de la la Congrégation de Notre-Dame à laquelle appartient Gilberte Bussière, la religieuse de 74 ans enlevée il y a deux mois à Tchéré au Cameroun par un groupe terroriste et libérée hier, a déclaré qu’il faudrait faire une «réflexion sérieuse» nais que, tout probablement, la Congrégation continuera probablement sa mission, suivant en cela les traces de sa fondatrice.
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Mise à jour au 06/06/2014 à 19h44

Sœur Gilberte Bussière, est arrivée plus tôt ce vendredi 6 juin à l’aéroport Montréal-Trudeau. «Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame s’unissent aux membres de sa famille pour l’accueillir chaleureusement. Sœur Gilberte est en bonne santé et ravie de se retrouver parmi les siens!», dit un communiqué de la Congrégation.

La religieuse enlevée ne donnera pas d,entrevue pour le moment.
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Sœur Gilberte Bussière, et deux prêtres italiens avaient été enlevés dans la nuit du 4 au 5 avril dans l’Extrême-nord du Cameroun, où un prêtre et une famille française avaient été kidnappés et relâchés en 2013 par le groupe islamiste armé nigérian Boko Haram.

Hier, dimanche 1er juin, deux mois après l’enlèvement, le ministère italien des Affaires étrangères annonçait la libération de la religieuse québécoise et des deux prêtres italiens qui avait été enlevées avec elle.

«Sœur Gilberte est actuellement à la Maison de la Congrégation à Yaoundé et nous espérons qu’elle sera bientôt de retour au pays avec sa famille», a indiqué ce matin en conférence de presse la responsable des communications de la Congrégation à Montréal, Stéphanie Manseau, ajoutant, avec un sourire «Qu’à présent, c’est le retour à la normale pour nous et […] nous l’accueillons avec beaucoup de bonheur».

Sœur Joséphine Badali, la leader de la Congrégation, qui a parlé avec Sœur Gilberte ce lundi matin, a déclaré à la presse que la religieuse québécoise avait une voix forte et qu’elle était heureuse».

«Elle a vu le médecin», a poursuivi la leader de la Congrégation, «de ce que nous savons à ce moment ci, elle est en bonne santé» et se préparait à aller visiter le président du Cameroun, Paul Biya.

La libération

Mais on ne sait toujours pas dans quelles conditions, précisément, ont été libérés les captifs.

Dimanche matin, des militaires du Bataillon d’intervention rapide (BIR) camerounais et un hélicoptère militaire étaient encore stationnés à l’aéroport de Maroua.

Les trois otages «ont été libérés cette nuit [la nuit de samedi 31 mai à dimanche 1er juin, ndlr]autour de deux heures. Nos militaires les ont récupérés dans un village près d’Amchidé», localité camerounaise située à la frontière du Nigeria, pays où ils étaient retenus, a indiqué une source sécuritaire camerounaise sous le couvert de l’anonymat cité par l’Agence France-Presse. «Nous avons passé une semaine au Nigeria dans le cadre des négociations. Finalement, ils nous ont été remis dans la nuit», a expliqué sans plus de détails la source militaire.

Pour sa part, le ministère italien des Affaires étrangères a remercié les autorités canadiennes et camerounaises, mais n’a pas fourni non plus de détails sur la libération.

Toutefois, selon une déclaration d’une autre source militaire ayant demandé aussi à garder l’anonymat et ont font état les agences de presse, «des prisonniers et de l’argent» auraient été remis aux ravisseurs, mais cela reste pour l’instant pure spéculation.

En conférence de presse, des représentantes de la Congrégation de Notre-Dame ont expliqué ne pas être elle non plus en mesure de décrire les circonstances de la remise en liberté des trois religieux, mais ont tenu à ajouter que l’essentiel est qu’ils soient libres et en bonne santé.

«Nous ne savons pas beaucoup ce qui s’est passé, mais l’important c’est qu’elle soit libérée», a déclaré la leader de la Congrégation de Notre-Dame.

La présence des religieuses dans cette zone dangereuse

Interrogé à savoir si ces événements remettait en question la présence de la Congrégation dans cette zone dangereuse du Cameroun, avec comme voisins le Tchad et surtout, le Nigéria, théâtre d’affrontements entre les forces gouvernementales et le groupe armée Boko Haram, auteur de plusieurs enlèvements, la leader de la Congrégation a admis qu’il fallait faire «une réflexion sérieuse, un discernement», mais observé qu’il était encore «trop tôt» pour faire cette réflexion».

«Nous allons prendre la décision avec les sœurs impliquées», a-t-elle précisé, rappelant toutefois que, lorsque leur fondatrice, Sainte Marguerite Bourgeoys, était venue ici en 1642 «ce n’était pas non plus un -milieu favorable-» et concluant en disant «Nous suivons Marguerite Bourgeoys»!

Il y a 24 religieuses étrangères de la Congrégation de Notre-Dame actuellement au Cameroun, dont trois du Québec, une du Nouveau-Brunswick, une de l’Île-du-Prince-Édouard et une des États-Unis. Les autres sont camerounaises.

Sœur Gilberte

La religieuse enlevée serait, à ce que des proches ont dit à la presse, la première à vouloir poursuivre la mission des religieuses de la Congrégation Notre-Dame au Cameroun.

Sœur Gilberte Bussière (Sœœur Sainte-Marie-de-l’Assomption de son nom de religieuse), née le 12 septembre 1939 à Asbestos, est entrée à la Congrégation de Notre-Dame en août 1957.

Entre 1959 et 1979, elle a enseigné à Lac Mégantic puis à Arthabaska.

En 1979, elle partait en mission pour le Cameroun où elle œtravaille depuis. Elle a notamment passé les 18 dernières années à Maroua.

Revenue au pays l’’an dernier pour des raisons de santé [un cancer, ndlr],précise le communiqué de la Congrégation, «sœœur Gilberte confiait sa hâte de retourner auprès des gens qu’elle aimait au Cameroun: «si ma santé le permet, je retournerai avec joie aider nos sœurs camerounaises et les enfants de l’école de Tchéré».

Au moment de son enlèvement, Sœur Gilberte, qui a deux sœurs ici et sa mère, âgée de 90 ans, devait rentrer au Québec d’ici une semaine passer les fêtes de Pâques dans sa famille, avait confié en avril à 45eNord.ca une responsable de la Congrégation Notre-Dame à Montréal, Sœur Arlita Matte.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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