Irak: l’Iran chiite sur un pied de guerre masse des troupes à la frontière

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Des chiites irakiens paradent en armes à Kerbala, le 25 juin 2014 (Mohammed Sawaf/AFP)
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Des chiites irakiens paradent en armes à Kerbala, le 25 juin 2014 (Mohammed Sawaf/AFP)
Des chiites irakiens paradent en armes à Kerbala, le 25 juin 2014 (Mohammed Sawaf/AFP)

L’Iran déploie des drones de surveillance sur l’Irak à partir d’un aérodrome à Bagdad ainsi qu’une unité de renseignement pour intercepter les communications, en plus de secrètement fournir des tonnes de matériel militaire et de masser des troupes à la frontière, affirme ce mercredi 25 juin le New York Times, s’appuyant sur des sources militaires américaines.

Les programmes secrets iraniens font partie d’un effort plus large par Téhéran pour recueillir des renseignements et aider le gouvernement du Premier ministre Nouri Kamal al-Maliki dans sa lutte contre les militants sunnites et l’État islamique en Irak et la Syrie, affirme le quotidien.

Le Général Qassim Suleimani, le chef des paramilitaires de la Force iranienne Qods, aurait visité l’Irak au moins deux fois pour aider les planificateurs militaires irakiens à établir une stratégie. Et l’Iran aurait aussi déployé une douzaine d’autres officiers de la Force Qods pour conseiller les commandants irakiens, et aider à mobiliser plus de 2.000 miliciens chiites du sud de l’Irak, ont dit les responsables américains selon le Times.

Des avions de transport iraniens ont également fait des deux vols quotidiens de matériel et de fournitures militaires à Bagdad – 70 tonnes par vol – pour les forces de sécurité irakiennes.

Tout cela alors que les premiers conseillers militaires américains envoyés en Irak pour épauler les forces gouvernementales dans leur lutte contre les insurgés sunnites ont commencé leur mission à Bagdad mardi.

Cependant, les mouvements militaires américains et iraniens ne sont pas coordonnés,selon les responsables cités par le quotidien, qui souligne que, même si les États-Unis et l’Iran s’opposent à l’État islamique en Irak et la Syrie (EIIL) les deux pays se font encore concurrence en en Irak et soutiennent des camps opposés dansla guerre civile en Syrie.

L’administration Obama a cherché à ouvrir un dialogue avec l’Iran sur la crise irakienne. William J. Burns, sous-secrétaire d’Etat, a rencontré brièvement la semaine dernière avec un diplomate iranien en marge de négociations à Vienne sur le programme nucléaire de l’Iran.

Mais les responsables occidentaux disent qu’il semble y avoir des divisions entre le ministère iranien des Affaires étrangères, qui peut être ouvert à un certain degré de coopération, et le général Suleimani, l’architecte actuel de l’armée iranienne, était le cerveau de la stratégie de l’Iran en Irak où, avant le retrait des troupes américaines États-Unis, les milices chiites irakiens formés par l’Iran attaquaient les soldats des États-Unis là-bas avec des engins explosifs puissants fournis par Téhéran.

En outre, le général est également un soutien indéfectible du président Bachar al-Assad en Syrie.

Les États-Unis ont augmenté pour leur part leurs vols de surveillance de l’Irak depuis que les jihadistes se sont emparés de pans entiers de l’Irak et les Américains effectuent de 30 à 35 missions par jour. Les vols américains comprennent des F-18 et des avions P-3 de surveillance, ainsi que des drones.

Mais au moins 10 divisions de troupes de la Force Qods iranienne sont massés à la frontière, prêts à venir à l’aide du Premier ministre chiite Nouri Maliki si la capitale irakienne ou sanctuaires chiites étaient en péril. dans des

Finalement, «L’Iran est susceptible de jouer un peu un leadership prépondérant dans l’appareil militaire central irakien, en mettant l’accent sur ​​le maintien de la cohésion à Bagdad et des chiites au sud et la gestion de la reconstitution de milices chiites», a déclaré Charles Lister, chercheur invité àau Brookings Doha Center au Qatar, cité par le quotidien américain.

Pendant ce temps, balayant l’idée d’un gouvernement d’union nationale, le premier ministre chiite irakien, allié de l’Iran a mis en garde les forces politiques rivales contre toute tentative d’exploiter l’offensive des insurgés sunnites pour le marginaliser, répétant que le nouveau gouvernement devait être issu des législatives qu’il a remportées.

Mais les jihadistes quant à eux progressent vers leur objectif de créer un État islamique dans une zone à cheval entre la Syrie et désormais au bord de l’implosion, aide américaine, iranienne, ou pas!