Kerry appelle les rebelles modérées syriens à combattre les jihadistes en Irak

Le Secrétaire d'État, John Kerry, avec le président de la Coalition de l'opposition syrienne , Ahmad Jarba, à Jeddah, en Arabie saoudite le 27 juin 2014 (US Department of State)
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Le Secrétaire d'État, John Kerry, avec le président de la Coalition de l'opposition syrienne , Ahmad Jarba, à Jeddah, en Arabie saoudite le 27 juin 2014 (US Department of State)
Le Secrétaire d’État, John Kerry, avec le président de la Coalition de l’opposition syrienne , Ahmad Jarba, à Jeddah, en Arabie saoudite le 27 juin 2014 (US Department of State)

Le secrétaire d’État américain John Kerry a estimé ce vendredi 27 juin que la rébellion syrienne modérée pourrait aider à combattre les jihadistes de l’EIIL en Irak, alors que Washington a révélé la veille, jeudi, un projet d’une aide de 500 millions de dollars en faveur de la rébellion modérée en Syrie.

M. Kerry, qui a effectué une visite d’environ 3 heures à Jeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, dans le cadre de sa tournée axée sur la crise irakienne, s’est entretenu avec le chef de l’opposition syrienne, Ahmad Jarba.

Il a également rencontré le roi Abdallah qui lui a souhaité le succès dans ses efforts.

Le souverain, dont le pays est un allié des États-Unis, et M. Kerry ont passé en revue les derniers événements dans la région et l’ensemble de la conjoncture internationale.

Lors de son entretien avec M. Jarba, le secrétaire d’État a déclaré que l’opposition syrienne modérée a la capacité d’être «un important acteur pour combattre la présence de l’EIIL […] non seulement en Syrie mais en Irak aussi», ajoutant que le président de la Coalition de l’opposition syrienne représente également «une tribu qui s’étend en Irak, et dont le rôle peut contribuer à entraver l’offensive menée dans ce pays par les insurgés sunnites menés par l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL)».

L’EIIL, présent également en Syrie, veut établir un califat islamique à cheval sur l’Irak et la Syrie, mais son offensive menace aussi les pays voisins comme l’Arabie Saoudite et la Jordanie.

Le chef de l’opposition syrienne a, de son côté, plaidé encore une fois pour un plus grand engagement américain et de la part des pays de la région afin de contenir la crise en Irak.

Le président américain Barack Obama pour sa part a demandé au Congrès d’autoriser un budget de 500 millions de dollars pour entraîner et équiper l’opposition modérée armée en Syrie, a annoncé jeudi la Maison Blanche.

Ces 500 millions aideront les Syriens à se défendre, à stabiliser les zones sous contrôle de l’opposition, à faciliter la fourniture de services essentiels, à contrer les menaces terroristes et faciliter les conditions d’un règlement négocié, a déclaré la présidence américaine, qui s’inquiète de plus en plus de l’influence des extrémistes sunnites de l’EIIL en Syrie et dans l’Irak voisin.

Plaidant pour une plus grande assistance à sa coalition, Ahmad Jarba a qualifié de très importante l’aide de 500 millions de dollars que le président américain Barack Obama a demandée au Congrès pour entraîner et équiper l’opposition modérée syrienne.

«Nous avons besoin d’un plus grand effort de la part des États-Unis et des puissances régionales pour faire face à la situation en Irak, a également déclaré le chef de l’opposition syrienne, se référant aux voisins de l’Irak, et l’Arabie saoudite en particulier».

Le secrétaire d’État a rencontré jeudi à Paris ses pairs d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de Jordanie pour évoquer en urgence la crise irakienne et la menace posée par les jihadistes.

Le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Saoud al-Fayçal, a insisté lors de cette réunion sur la nécessaire coopération entre les pays de la région pour renverser la situation.

L’Arabie saoudite a ouvertement accusé ces derniers jours le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, un chiite, d’avoir conduit l’Irak au bord du gouffre par sa politique d’exclusion des sunnites, et a réclamé la formation d’un gouvernement d’entente nationale. M. Kerry a lancé un appel dans le même sens lors de sa visite en Irak lundi et mardi.

Mais, alors que les insurgés sunnites de l’EIIL ont lancé le 9 juin une offensive éclair en Irak, s’emparant de Mossoul, la deuxième ville du pays et de larges pans du territoire dans le nord et l’ouest du pays, le premier ministre chiite irakien, Nouri Al Maliki, vainqueur des dernières législatives dans le pays, se montre réfractaire à la formation d’un gouvernement d’union nationale qui le priverait de sa victoire électorale.

*Avec AFP