La religieuse québécoise enlevée en avril au Cameroun par un groupe terroriste enfin libérée

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Une photo de soeur Gilberte Bussière, originaire d’Asbestos et membre de la Congrégation Notre-Dame, basée à Montréal et enlevée par Boko Haram au Cameroun le 4 avril 2014 (Congrégation Notre-Dame)
Une photo de soeur Gilberte Bussière, originaire d’Asbestos et membre de la Congrégation Notre-Dame, basée à Montréal et enlevée par Boko Haram au Cameroun le 4 avril 2014 (Congrégation Notre-Dame)

La religieuse québécoise Gilberte Bussière et deux prêtres italiens ont été libérés deux mois après avoir été enlevés dans le nord du Cameroun par des groupes armés, a annoncé le ministère italien des Affaires étrangères, ce dimanche 1er juin, nouvelle aussitôt confirmée par la porte-parole de la Congrégation Notre-Dame à laquelle appartient la religieuse libérée.

Le message nous parvenait tôt ce matin.«Nous avons appris tôt ce matin la nouvelle de la libération de soeur Gilberte Bussière», nous apprenait un mail de Stéphanie Manseau, Coordonnatrice du Service des communications de la Congrégation Notre-Dame.

«C’est avec une joie immense que les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame ont appris tôt ce matin la nouvelle de la libération de sœur Gilberte Bussière et des pères Marta et Allegri, a déclaré la Congrégation dans un communiqué publié sur son site web. Selon les informations dont nous disposons en ce moment, soeur Gilberte est en bonne santé. Elle a été emmenée à Yaoundé où elle sera accueillie par soeur Thelma Renaud, leader de la région Notre-Dame-des-Apôtres (Cameroun) de la Congrégation de Notre-Dame.»

Et, autant qu’on puisse en juger sur une simple photo, avait l’air en bonne forme après sa libération.

Les membres de l’Administration générale de la Congrégation de Notre-Dame, participait ce matin à une rencontre de la GRC, mais rencontreront la presse demain à la Maison mère de la Congrégation, à Montréal, a aussi précisé un peu plus tard la responsable des communications.

Bien sûr, les proches de Gilberte Bussière ont également été très soulagés d’apprendre l’heureux dénouement.

«On était angoissés et on s’imaginait toutes sortes de choses, a déclaré Michel Bélanger, un cousin de la religieuse, cité par la Presse canadienne. On savait aussi qu’elle était malade et qu’elle devait prendre des médicaments, ce qui nous inquiétait encore plus. Mais là, tout va bien et on est très contents.»

Sœur Gilberte

Sœur Gilberte Bussière, et deux prêtres italiens avaient été enlevés dans la nuit du 4 au 5 avril dans l’Extrême-nord du Cameroun, où un prêtre et une famille française avaient été kidnappés et relâchés en 2013 par le groupe islamiste armé nigérian Boko Haram.

Sœoeur Gilberte Bussière (soeœur Sainte-Marie-de-l’Assomption de son nom de religieuse), est née le 12 septembre 1939 à Asbestos est entrée à la Congrégation de Notre-Dame en août 1957.

Entre 1959 et 1979, elle a enseigné à Lac Mégantic puis à Arthabaska.

En 1979, elle partait en mission pour le Cameroun où elle œtravaille depuis. Elle a notamment passé les 18 dernières années à Maroua.

Revenue au pays l’’an dernier pour des raisons de santé [un cancer, ndlr],précise le communiqué de la Congrégation, «soeœur Gilberte confiait sa hâte de retourner auprès des gens qu’elle aimait au Cameroun: «si ma santé le permet, je retournerai avec joie aider nos soeœurs camerounaises et les enfants de l’école de Tchéré».

Au moment de son enlèvement, Soeur Gilberte, qui a deux sœurs ici et sa mère, âgée de 90 ans, devait rentrer au Québec d’ici une semaine passer les fêtes de Pâques dans sa famille, avait confié en avril à 45eNord.ca une responsable de la Congrégation Notre-Dame à Montréal, Soeur Arlita Matte.

L’enlèvement

Les trois religieux avaient été été enlevés par des hommes armés dans leur paroisse de Tchéré, à une vingtaine de kilomètres de Maroua (800 km au nord de Yaoundé), la capitale de la région de l’Extrême-nord.

Le groupe terroriste Boko Haram a tout de suite été désigné comme auteur du rapt.

Boko Haram avait déjà revendiqué les enlèvements en 2013 dans cette même région du prêtre français Georges Vandenbeusch et de la famille Moulin-Fournier, qui avaient ensuite été relâchés.

Boko Haram, classé organisation terroriste par les États-Unis, mène des attaques sanglantes contre les forces de sécurité et les civils depuis 2009 dans le nord du Nigeria. L’armée nigériane a lancé en mai 2013 une vaste offensive, toujours en cours, pour tenter d’écraser l’insurrection, en vain jusqu’à présent.

La libération

Dimanche matin, des militaires du Bataillon d’intervention rapide (BIR) camerounais et un hélicoptère militaire étaient encore stationnés à l’aéroport de Maroua.

Les trois otages «ont été libérés cette nuit [la nuit de samedi 31 mai à dimanche 1er juin, ndlr]autour de deux heures. Nos militaires les ont récupérés dans un village près d’Amchidé», localité camerounaise située à la frontière du Nigeria, pays où ils étaient retenus, a indiqué une source sécuritaire camerounaise sous le couvert de l’anonymat cité par l’Agence France-Presse. «Nous avons passé une semaine au Nigeria dans le cadre des négociations. Finalement, ils nous ont été remis dans la nuit», a expliqué sans plus de détails la source militaire.

Pour sa part, le ministère italien des Affaires étrangères a remercié les autorités canadiennes et camerounaises, mais n’a pas fourni de détails sur la libération.

Toutefois, selon une autre source militaire ayant demandé aussi à garder l’anonymat, rapporte de son côté l’ agence américaine Associated Press, «des prisonniers et de l’argent» auraient été remis aux ravisseurs, mais cela reste pour l’instant pure spéculation.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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