Le Canada souligne le 25e anniversaire du massacre la place Tiananmen

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La Place Tiananmen à Pékin, en 2004 (Archives/Wikipédia)
La Place Tiananmen à Pékin, en 2004 (Archives/Wikipédia)

Des dizaines de milliers personnes se sont rassemblées pour commémorer mercredi soir à Hong Kong la répression meurtrière du «Printemps de Pékin», il y a 25 ans, seule manifestation de ce type sur le sol chinois, tandis que Taïwan, autrefois chinois, a appelé son puissant voisin à se réformer et que le Canada, comme plusieurs nations occidentales, se joignait en paroles aux Chinois pour ce sombre anniversaire.

«Justice pour le 4 juin !», [date de l’assaut des militaires contre les manifestants, Place Tiananmen, ndlr]a scandé la foule présente dans un parc de Hong Kong pour une veillée aux chandelles, agitant des bannières, tandis que les noms des personnes tuées le 4 juin 1989 dans la capitale chinoise ont été égrenés à travers des haut-parleurs.

Les participants à ces commémorations se sont inclinés en signe de respect, tandis que des images de ce qui s’est passé il y a un quart de siècle étaient diffusées sur de larges écrans.

Ici, le ministre des Affaires étrangères John Baird, qui se trouve en ce moment au Paraguay pour un Sommet de l’Organisation des États américains, a déclaré par voie de communiqué que le Canada se joignait «aux citoyens chinois et à ceux du monde entier pour souligner le 25e anniversaire de la répression violente exercée contre les manifestations en faveur de la démocratie à la place Tiananmen, à Beijing, le 4 juin 1989.

«Le Canada exhorte la Chine à rompre le silence et à examiner ouvertement ces événements en prenant en considération le nombre de personnes tuées, emprisonnées ou disparues, et en amorçant un processus de guérison et de réconciliation à l’échelle nationale. Ce n’est qu’en reconnaissant publiquement les expériences difficiles du passé que les nations peuvent ouvrir la voie à un avenir harmonieux», a déclaré le chef de la diplomatie canadienne.

«Le Canada est profondément préoccupé par les signes d’une répression exercée à l’approche de cet anniversaire, comme en témoignent l’arrestation et la détention récentes de diverses personnes qui se sont exprimées de façon pacifique», a jouté le ministre.

«La Constitution chinoise reconnaît à tous les citoyens de la Chine le droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association. La détention de ceux qui se sont prévalus de ce droit constitue une violation par la Chine de ses obligations nationales et internationales en matière de droits de la personne. Le Canada demande leur libération immédiate. »

À Hong-Kong, parmi les gens rassemblés au parc Victoria, beaucoup sont arrivés de Chine continentale.

Des centaines de personnes ont aussi manifesté à Taïpeï, la capitale de Taïwan, où le président Ma Ying-jeou, artisan du dégel entre son île et la Chine, a appelé Pékin à entamer des réformes politiques pour que de telles répressions ne se reproduisent pas.

«J’espère sincèrement que les autorités du continent [la Chine populaire ou «continentale», ndlr]corrigeront rapidement leurs erreurs pour faire en sorte qu’une telle tragédie ne se répète pas», a déclaré le président taïwanais dans son traditionnel communiqué marquant cet anniversaire.

Des commémorations similaires, mais plus restreintes, devaient aussi avoir lieu à Macao.

Les manifestations de Tiananmen, qui se déroulèrent entre le 15 avril 1989 et le 4 juin 1989 sur la place Tian’anmen à Pékin, la capitale de la République populaire de Chine, se sont conclues par une vague de répression qui fit un grand nombre de victimes civiles (de quelques centaines à quelques milliers selon les sources),

En un quart de siècle, le Parti communiste chinois (PCC) est parvenu à instaurer en Chine continentale un silence d’État sur la révolte des étudiants et son écrasement par l’armée, objets d’une censure draconienne. Une partie de la jeunesse chinoise en ignore jusqu’à l’existence.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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