Le général Lawson au Forum sur la sécurité en Asie sur fond de tensions en Mer de Chine

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Les îles Senkaku sont disputés depuis des années par la Chine et le Japon (Photo: thongtintaichinh)
Les îles Senkaku sont disputés depuis des années par la Chine et le Japon (Photo: thongtintaichinh)

Le général Lawson, chef d’état-major de la Défense des Forces armées canadiennes, ainsi que Richard Fadden, sous-ministre de la Défense nationale, ont assisté du 30 mai au 1er juin, au 13e Sommet annuel l’Institut international d’études stratégiques (IIES) sur la sécurité en Asie, une région où ces derniers mois, les relations ont été tout, sauf…pacifiques.

Le Sommet sur la sécurité en Asie de l’IIES, aussi appelé « dialogue Shangri-La », tenue annuellement à Singapour, est le plus grand forum sur la sécurité en Asie-Pacifique. Le sommet tenu cette année prévoyait des discussions sur des sujets tels que la sécurité maritime, la gestion des relations régionales et la coopération militaire.

Le Sommet, dit le communiqué de la Défense canadienne à ce propos, donne l’occasion au Canada d’engager un dialogue ouvert avec les ministères et les chefs de la Défense de plus de 25 pays d’Asie-Pacifique, afin de discuter avec eux de sujets d’intérêt commun.

«Le Sommet sur la sécurité en Asie tenu cette année est pour moi une excellente occasion de dialoguer avec mes homologues et de renforcer nos relations de défense avec les pays de l’Asie-Pacifique. De telles rencontres nous permettent de miser sur nos programmes d’échange de personnel militaire, sur nos principaux exercices régionaux, ainsi que sur les efforts récemment déployés, comme notre intervention aux Philippines après le passage du typhon Haiyan, pour réaffirmer notre indéfectible engagement à assurer la sécurité et la défense dans la région.», a déclaré le Général Tom Lawson, Chef d’état-major de la Défense

L’engagement du Canada en Asie-Pacifique dure depuis longtemps et tend à se renforcer.

Depuis 1977, le Canada s’est engagé auprès de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ANASE) et de ses états membres (Brunei, Birmanie, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam). En tant que pierre angulaire des relations multilatérales du Canada avec les pays de l’Asie-Pacifique, l’ANASE offre au Canada un forum lui permettant de lancer une importante discussion sur la sécurité et la défense en Asie.

En outre, les Forces armées canadiennes (FAC) prennent part à de nombreux exercices multilatéraux avec leurs partenaires d’Asie-Pacifique, notamment le Rim of the Pacific (RIMPAC), le plus vaste exercice maritime international au monde. Les FAC ont aussi envoyé des observateurs lors de l’exercice Cobra Gold 2014, le plus grand exercice militaire multinational de tout l’Asie-Pacifique, auquel ont participé 13 000 militaires.

Tensions et prise de bec

Mais, cette année, l’ambiance n’était pas à la fête.

Le chef du Pentagone a averti samedi à Singapour que les États-Unis ne resteraient pas passifs si «les principes fondamentaux de l’ordre mondial étaient remis en cause ». Allusion au sabordage, lundi dernier, d’un bateau de pêche vietnamien par un chalutier chinois à proximité d’une plate-forme de forage pétrolier que les Chinois ont installée de force dans une zone revendiquée par Hanoi.

Pour Chuck Hagel, la Chine teste, avec ces incidents mûrement provoqués, la capacité des États-Unis à soutenir ses alliés (Japon, Corée du Sud, Philippines, Vietnam, Malaisie, Indonésie, Brunei) dans cette immense zone maritime par où transite 40% du commerce mondial.

Cette année, le Dialogue de Shangri-la aura aussi été marqué par une prise de bec entre Chinois, d’une part, et Américains et Japonais d’autre part.

La Chine, irritée, a laissé tombé les gants et s’en est pris ce dimanche 1er mai au Premier ministre japonais Shinzo Abe et au secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel pour avoir émis des déclarations provocatrices contre elle.

Avant le Sommet à Singapour, le Japon avait accusé la Chine de manœuvres «dangereuses au-dessus de la mer de Chine orientale, après que plusieurs avions de chasse chinois eurent frôlé des appareils militaires japonais, à quelques dizaines de mètres près et Washington, allié du Japon, avait mis en garde Pékin contre les tensions dans l’espace aérien international.

À Singapour, les États-Unis et le Japon «en ont remis une couche» et reformulé leurs accusations contre Pékin, suscitant l’ire de la Chine.

Le lieutenant général, vice-chef d’État-major de l’Armée de libération du peuple, sortant de son discours préparé, s’en est alors pris vivement à Shinzo Abe et Chuck Hagel, déclarant que les discours des deux hommes politiques, américain et japonais, étaient inacceptables, allant jusqu’à les accuser d’avoir coordonné leurs déclarations.

Ironie du sort, la France, qui compte elle aussi intensifier sa présence politique en Asie-Pacifique, s’est exprimé ce dimanche 1er juin en clôture du forum Singapour par la bouche de son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors d’une cession consacrée à la gestion «agile» des conflits dans la zone Asie-Pacifique.

Une région où, ces derniers mois, les relation ont été tout, sauf…pacifiques.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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