L’élection du Premier ministre Miitig «anticonstitutionnelle»

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Conférence de presse de Ahmed Miitig le 21 mai 2014 à Tripoli. (Mahmud Turkia/AFP)
Conférence de presse de Ahmed Miitig le 21 mai 2014 à Tripoli. (Mahmud Turkia/AFP)

«Inconstitutionnelle», voilà le verdict rendu par la Cour suprême libyenne à propos de l’élection début mai du Premier ministre Ahmed Miitig. Cette mesure a ouvert la voie à un règlement de la crise en Libye où deux gouvernements se disputaient la légitimité du pouvoir.

«La Cour a jugé anticonstitutionnelle l’élection de M. Miitig au Congrès général national (CGN, Parlement)», a fait savoir la télévision d’Etat.

M. Miitig, appuyé par les députés islamistes, a déclaré plus tard lors d’une conférence de presse, qu’il respectait la décision de la justice.

«Je respecte la justice et j’obtempère à sa décision», a-t-il dit, estimant que cette décision était un acquis pour la consécration de l’État de droit en Libye.

Le parlement libyen a affirmé qu’il allait respecter le verdict de la Cour suprême libyenne. C’est le deuxième vice-président du Parlement libyen qui l’a annoncé, ajoutant du même coup que le chef du gouvernement démissionnaire, Abdallah al-Theni restait Premier ministre par intérim. Ce dernier avait refusé de remettre le pouvoir à Ahmed Miitig tant que la justice ne s’était pas prononcée.

Élection contestée

Ahmed Miitig avait été désigné le mois dernier par les élus islamistes et indépendants du CGN lors d’un scrutin contesté par de nombreux parlementaires. Selon eux le quorum n’avait pas été atteint.

Plusieurs députés libéraux ont eux accusé les blocs islamistes d’avoir laissé le vote ouvert pour des retardataires après l’annonce du résultat, afin d’atteindre les 121 voix requises. M. Miitig n’avait recueilli initialement que 113 votes.

Originaire de Misrata, localité de l’ouest du pays où les Frères musulmans sont influents, cela le rend «inacceptable» pour les adversaires des islamistes.

Son élection était notamment contestée par les forces laïques rassemblées autour du général rebelle Khalifa Haftar. Ce dernier a lancé il y a trois semaines une opération en disant vouloir « purger » le pays des islamistes.

Le gouvernement d’Ahmed Miitig avait pris le 2 juin à Tripoli possession du siège de la primature malgré le refus du cabinet sortant d’Abdallah al-Theni de lui remettre le pouvoir.

Le gouvernement sortant avait affirmé mercredi qu’il s’en remettait à la justice pour établir s’il devait céder le pouvoir au nouveau cabinet. Il évoquait les recours déposés par des députés contre l’élection de M. Miitig au Parlement.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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