Les Chinois à Pearl Harbor avec les Américains, les Canadiens et 20 autres pays pour «RIMPAC 2014»

Des militaires et des civils regardent le porte-avions USS Ronald Reagan (CVN 76) qui transite à la base interarmées Pearl Harbor-Hickam pour participer à l'exercice RIMPAC 2014 (Mass Communication spécialiste de 2e classe Laurie Dexter)
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Un groupe naval multinational avec des navires de Brunei, Singapour, de la République populaire de Chine et des États-Unis en formation dans l'océan Pacifique transite  de Guam à Pearl Harbor pour participer à l'exercice naval RIMPAC 2014 (MC2 Brian T. Glunt/US Navy)
Un groupe naval multinational avec des navires de Brunei, Singapour, de la République populaire de Chine et des États-Unis en formation dans l’océan Pacifique transite de Guam à Pearl Harbor pour participer à l’exercice naval RIMPAC 2014 (MC2 Brian T. Glunt/US Navy)

Un groupe naval multinational composé de neuf navires de quatre pays, dont la Chine, est arrivé à Pearl Harbor, à Hawaï, le 24 Juin, venant de Guam pour participer à l’exercice biannuel RIMPAC, le plus important exercice navale au monde, dirigé par le Commandement du Pacifique de la Marine américaine et qui se déroule du 26 juin au 1er août dans les îles hawaïennes et alentours.

L’exercice RIMPAC vise à encourager la collaboration et la confiance à l’échelle multinationale, à augmenter l’interopérabilité, et à mettre en place des partenariats en mesure d’agir et de s’adapter, le thème de RIMPAC 2014 étant d’ailleurs «Capable, Adaptive, Partners».

Dirigée par le capitaine Patrick Kelly, commandant du croiseur lance-missiles américain USS Chosin (CG 65), le groupe naval comprenait des forces maritimes de Brunei, de la République populaire de Chine, de Singapour et des États-Unis.

Les navires qui viennent d’arriver sont, plus précisément, le USS Chosin (CG 65) et le USS Howard (DDG 83), des États-Unis, le KDB Darulaman (OPV 08) et le KDB Darussalam (OPV 06) de la Marine Royale de Bruneï, du côté chinois, le PLA (N) Haikou (DD 171), le PLA (N) Yueyang (575 FF),le PLA (N) Qiandaohu (AO 886), et le PLA (N) Arche de Paix (T-AH 866) de la Marine chinoise et, pour la Marine de la République de Singapour, le RSS Intrepid (F 69). Chacun des ces navires, à l’exception de Howard, participeront à l’exercice RIMPAC.

Cette année, marque la première année où la République populaire de Chine prend part à l’exercice dirigé par les Américains et, avec un destroyer lance-missiles, une frégate lance-missiles, un navire de ravitaillement, un navire-hôpital et deux hélicoptères embarqués, ainsi qu’un commando et une unité de plongée, la participation chinoise est loin d’être négligeable.

En tout, avec l’équipage des navires, des deux hélicoptères, les membres du commando et de l’escouade de plongée, ce sont 1.100 officiers, soldats et marins chinois qui seront à Hawaiï pour RIMPAC.

C’est en septembre 2012 que le secrétaire américain à la Défense de l’époque, Leon Panetta, avait invité la Chine à participer à RIMPAC 2014.

Pourtant, l’Asie-Pacifique est une zone où les intérêts de la Chine et des États-Unis non seulement s’entrecroisent, mais s’entrechoquent, mais la participation sans précédent de la Marine chinoise à RIMPAC est un signe positif du renforcement de la confiance entre la Chine et les États-Unis, n’a pas manqué de souligner Pékin.

C’est aussi la première fois que le Bruneï participe à ce qui est le plus important exercice naval au monde.

«Lors de notre transit de la zone de Guam à Pearl Harbor, nous avons affiné notre interopérabilité et renforcé nos partenariats avec un certain nombre d’exercices impliquant des échanges de personnel, la mise à feu des armes, la manœuvre des navires et des exercices de manœuvre et des exercices de communication», a ajouté le capitaine Kelly.

En tout, 23 pays, 47 navires, six sous-marins, plus de 200 aéronefs et 25 000 personnes participeront à l’exercice RIMPAC 2014. Vous pouvez trouver ici la liste complète des participants telle que fournie par le Commandement du Pacifique de la Marine américaine. Toutefois, conséquence de la crise ukrainienne, les Russes, eux, n’y seront pas cette année.

La participation canadienne

L’exercice RIMPAC 2014 sera le 24e exercice de la série et le Canada pour sa part a pris part à chaque édition de l’exercice depuis sa création en 1971.

Cette année encore, le Canada n’est pas en reste et plus de 1 000 militaires canadiens participent à l’exercice RIMPAC.

Cette année, la Marine royale canadienne a envoyé les NCSM Calgary, Victoria, Nanaimo et Whitehorse, de même qu’une équipe de plongeurs-démineurs.

L’Armée canadienne pour sa part a envoyé un groupe-compagnie composé d’une compagnie de fusiliers provenant du 3e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, basé à Edmonton, en Alberta.

Et, finalement, l’Aviation royale canadienne envoie quant à elle huit CF18 Hornets, un CC130 Hercules, un CC150 Polaris et trois CP140 Aurora en appui à l’exercice RIMPAC 2014.

Des officiers militaires canadiens occuperont également plusieurs postes de leadership clés au cours du RIMPAC 2014, notamment, comme vous l’annonçait en primeur 45eNord.ca le mois dernier, le commandant du Commandement de la composante maritime des forces de la coalition, le contre‑amiral Gilles Couturier, le commandant adjoint du commandement de la composante aérienne de la force multinationale, le colonel Dave Lowthian, et le commandant adjoint du Groupe opérationnel multinational 172.2, le colonel Iain Huddleston.

D’autres membres des Forces armées canadiennes fourniront du soutien, notamment dans le domaine de la logistique, et occuperont divers postes d’état-major dans le cadre de l’exercice.

L’exercice RIMPAC 2014 comprendra également une activité d’aide humanitaire/de secours aux sinistrés qui permettra aux forces expéditionnaires de s’entraîner pour intervenir en cas de catastrophes à l’étranger, ainsi qu’une composante des Forces spéciales, a précisé la Défense canadienne.

«La fréquence croissante des catastrophes extraordinaires à l’étranger et des crises humanitaires subséquentes signifie que les Forces armées canadiennes doivent être prêtes à employer leurs capacités uniques en tout temps. L’exercice RIMPAC présente des scénarios d’entraînement réalistes qui nous aident à maintenir en puissance une force polyvalente apte au combat pouvant s’intégrer sans heurt aux opérations avec des partenaires multinationaux.», a déclaré le Lieutenant-général Stuart Beare, commandant, Commandement des opérations interarmées du Canada.

La participation du Canada démontre aussi «l’importance stratégique de la région de l’Asie-Pacifique et de la hausse de l’intérêt national pour le secteur, ainsi que de l’amélioration de l’interopérabilité avec les autres forces militaires aux vues similaires aux nôtres», affirme le ministère canadien de la Défens,

Et le ministre de la Défense, Rob Nicholson a déclaré à ce propos: «Le Canada s’intéresse toujours à la région de l’Asie-Pacifique et aux enjeux qu’elle comporte, et notre grande participation à l’exercice RIMPAC 2014 démontre notre engagement envers la région. Le Canada s’est consacré à consolider ses relations en matière de défense partout dans la région et s’est engagé à jouer son rôle de partenaire en matière de sécurité digne de confiance».


Promo RIMPAC 2014 (Caméra de combat des Forces canadiennes)