Les conseillers militaires américains en Irak «ne partent pas se faire tuer»

Des soldat américains de la compagnie Charlie, 2nd Battalion 504th Infantry Regiment, 1st Brigade Combat Team, 82nd Airborne Division, en janvier 2010 avant que les États-Unis ne retirent leurs troupes d'Irak, à Baharia, dans la province d'Al Anbar, aujourd'hui en très grande partie aux mains des jihadistes de l'EIIL (Archives/Spc. David M. Sharp/USArmy)
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Des soldat américains de la compagnie Charlie, 2nd Battalion 504th Infantry Regiment, 1st Brigade Combat Team, 82nd Airborne Division, en janvier 2010 avant que les États-Unis ne retirent leurs troupes d'Irak, à Baharia, dans la province d'Al Anbar, aujourd'hui en très grande partie aux mains des jihadistes de l'EIIL (Archives/Spc. David M. Sharp/USArmy)
Des soldat américains de la compagnie Charlie, 2nd Battalion 504th Infantry Regiment, 1st Brigade Combat Team, 82nd Airborne Division, en janvier 2010 avant que les États-Unis ne retirent leurs troupes d’Irak, à Baharia, dans la province d’Al Anbar, aujourd’hui en très grande partie aux mains des jihadistes de l’EIIL (Archives/Spc. David M. Sharp/USArmy)

Après l’annonce, jeudi, de l’envoi de conseillers militaires pour aider l’armée irakienne à combattre les jihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant, vendredi, le Pentagone a donné plus de détails sur le déroulement de la mission de ces conseillers dont les deux premières équipes auront pour tâche de faire d’évaluer la situation.

La première mission des conseillers militaires américains en Irak, d’abord faire l’état des lieux.

Les deux premières équipes de conseillers militaires spéciaux qui auront pour tâche d’évaluer la situation sur le terrain pour en arriver plus tard à pouvoir renforcer la capacité de l’Irak à contrer la menace de l’État islamique d’ Irak et le Levant (EIIL) se concentreront sur trois domaines bien précis: l’évaluation de l’état des forces irakiennes, de la situation sur le terrain et de ce que peuvent apporter exactement des conseillers militaires américains dans ce pays.

Les équipes devront d’abord évaluer «l’état, la cohésion et la capacité des forces de sécurité irakiennes», a dit vendredi après-midi en conférence de presse le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

Puis, les équipes devront évaluer «la situation sur le terrain pour nous aider à gagner plus d’intelligence et plus d’informations sur ce que fait L’EIIL et comment il le fait».

Mais après, il faudra également évaluer, pour ainsi dire, ce que peuvent véritablement apporter des conseillers militaires américains en Irak et comment.

«Les États-Unis n’ont pas été présents en Irak en grand nombre depuis 2011», a dit le contre-amiral. « Avant d’ajouter des conseillers, le président et son équipe de sécurité ont besoin d’une meilleure idée de la façon dont les conseillers militaires seront utilisés, pour combien de temps, et dans quelles unités».

«Tout comme dans n’importe quelle situation qui se déroule, même une opération de secours aux sinistrés, l’une des premières choses que vous faites est de déployer des équipes d’évaluation pour [déterminer] les exigences avant de commencer à apporter l’appui», a déclaré Kirby. «C’est ce que je pense que ces deux premières équipes [de conseillers militaires spéciaux] feront pour nous.»

Dans une déclaration le 19 juin, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, soutenant la décision du président d’envoyer des conseillers militaires en Irak, avait rappelé que « […] que le président a souligné de toutes façons à maintes reprises que les problèmes de l’Irak ne peuvent pas être résolus par l’action américaine seul, ou par la seule force militaire».

«La seule solution viable à long terme est une politique qui rassemble le peuple irakien et tient compte des intérêts et des préoccupations de toutes les communautés irakiennes légitimes», a ajouté Hagel. «Le gouvernement irakien doit trouver le courage de s’unir et de mener tous ses habitants».

Vendredi, le contre-amiral Kirby a déclaré que les premières équipes, qui ne sont pas encore opérationnelles, proviendront du personnel déjà en Irak qui travaille dans le Bureau de la coopération de sécurité de l’ambassade américaine à Bagdad .

Les conseillers et les équipes qui arriveront plus tard proviendront, elles, de la zone du Commandement central américain qui est responsable de pays comme l’Afghanistan, le Bahreïn, l’Égypte, la Jordanie, le Koweït, le Yémen.

Le porte-parole du Pentagone a affirmé qu’il s’attend à ce les équipes d’évaluation qui suivront les deux premières arrivent quant à elles en Irak au cours de la semaine prochaine.

Les conseillers militaires américains seront intégrés, au moins au début, au niveau du quartier général et au niveau de la brigade.

Par ailleurs, la «Protection de la force demeure une priorité», a déclaré le contre-amiral. Même s’il ne sont pas en mission de combat, les conseillers que les États-Unis enverront en Irak, a-t-il ajouté, «tout comme les militaires qui agissent comme conseillers pour d’autres missions ailleurs dans le monde, auront le droit de légitime défense. Et comme partout ailleurs dans le monde, s’il y a une situation où nous devons leur prodiguer des soins médicaux, nous allons le faire aussi rapidement que nous le pouvons».

En outre, les États-Unis se sont assurés que son personnel militaire aura aussi la protection juridique nécessaire lors de cette mission.

Les Américains ne partent pas se faire tuer et ils ne partent pas pour faire l’objet par la suite de critiques des Irakiens. Le Président Obama a été assez clair: les États-Unis ont déjà donné.