Les forces irakiennes doivent se retirer de plusieurs villes de l’ouest

Des membres des forces armées du Kurdistan irakien, les Peshmerga, tiennent leur position le 21 juin 2014 dans le village de Bacheer, à 15 km au sud de Kirkouk (Archives/Karim Sahib/AFP)
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Des membres des forces armées du Kurdistan irakien, les Peshmerga, tiennent leur position le 21 juin 2014 dans le village de Bacheer, à 15 km au sud de Kirkouk (Archives/Karim Sahib/AFP)
Des membres des forces armées du Kurdistan irakien, les Peshmerga, tiennent leur position le 21 juin 2014 dans le village de Bacheer, à 15 km au sud de Kirkouk (Archives/Karim Sahib/AFP)

Les forces irakiennes se sont retirées de trois villes de l’ouest du pays et des insurgés sunnites ont pénétré dans ces localités proches de la frontière syrienne, renforçant leur mainmise sur l’ouest de l’Irak menacé d’éclatement, rapporte l’AFP.
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Mise à jour au 22/06/2014 à 13h08

Les combattants de l’EIIL ont pris le contrôle tard samedi soir d’une quatrième ville de la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, Rutba, une cité située à environ 150 kilomètres de la frontière jordanienne, ont annoncé ce dimanche les autorités irakiennes.

Les insurgés ont ainsi pris le contrôle du dernier tronçon d’une autoroute menant à la Jordanie et qui joue un rôle de premier plan dans le transport de passagers et de marchandise.

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Les insurgés sunnites avec à leur tête les jihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés de trois villes de la province occidentale d’Al-Anbar: Al-Qaïm, Rawah et Aana.

Les unités militaires se sont retirées (d’Al-Qaïm, de Rawah et d’Aanah) pour se redéployer, selon le général irakien Qassem Atta, qui a évoqué un «retrait tactique», mais plusieurs témoins, rapporte l’agence, avaient affirmé la veille que c’était bel et bien insurgés qui s’étaient emparés de la ville d’Al-Qaïm et de son poste-frontière avec la Syrie.

Ces villes sont situées près de l’autoroute reliant la Syrie à la province irakienne d’Al-Anbar, où les insurgés s’étaient déjà emparés en janvier de Fallouja, à 60km à l’ouest de Bagdad, et de secteurs de Ramadi, le chef-lieu de la province, 40 km plus à l’ouest.

La conquête de Rawah, qui est située sur les bords de l’Euphrate, et de la ville voisine d’Aanah, pourrait en outre faire partie d’une opération visant à mettre la main sur Haditha, qui abrite un important barrage dont la destruction compromettrait sérieusement le réseau électrique irakien.

Au cours de l’offensive menée depuis le 9 juin par des jihadistes de l’EIIL, les insurgés sunnites ont pris le contrôle de plusieurs autres villes, dont Tikrit, capitale de la province de Salaheddine, Mossoul, deuxième ville du pays, et plusieurs secteurs quatre provinces de nord et du centre du pays.

L’EIIL a par ailleurs proclamé son intention de marcher sur Bagdad et les villes saintes chiites de Kerbala et Najaf, au sud de la capitale.

Les jihadistes, qui ambitionnent de créer un État islamique dans une zone située à cheval entre les deux pays, sont également engagés dans la guerre Syrie.

Après la débandade des troupes irakiennes aux premiers jours de l’offensive, les forces de sécurité tentent désormais de se ressaisir et de faire face aux jihadistes, alors que Washington, tout en envoyant des conseillers militaires, répète que la solution ne peut pas que militaire et doit être politique, fustigeant la politique confessionnelle du Premier ministre chiite Nouri Al-Maliki.

Pendant ce temps, le Secrétaire d’État américain John Kerry est parti samedi au Proche-Orient et en Europe pour mener des «consultations avec des partenaires et alliés sur la manière dont nous pouvons contribuer à la sécurité, à la stabilité et à la formation d’un gouvernement rassembleur en Irak», a indiqué le département d’État dans un bref communiqué.

*Avec AFP