L’Espagne: démantèle un réseau jihadiste qui envoyait des combattants en Syrie et en Irak

C'est la troisième fois depuis mars dernier qu'un réseau de recrutement de jihadistes est démantelé en Espagne alors que, lundi 16 juin, étaient arrêtés le chef et huit membres d'un réseau présent en Syrie et en Irak (Ministère espagnol de l'Intérieur)
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C'est la troisième fois depuis mars dernier qu'un réseau de recrutement de jihadistes est démantelé en Espagne alors que, lundi 16 juin, étaient arrêtés le chef et huit membres d'un réseau présent en Syrie et en Irak (Ministère espagnol de l'Intérieur)
C’est la troisième fois depuis mars dernier qu’un réseau de recrutement de jihadistes est démantelé en Espagne alors que, lundi 16 juin, étaient arrêtés le chef et huit membres d’un réseau présent en Syrie et en Irak (Ministère espagnol de l’Intérieur)

C’est la troisième fois depuis mars dernier qu’un réseau de recrutement de jihadistes est démantelé en Espagne alors que, ce lundi 16 juin, la Police nationale espagnole a arrêté neuf personnes, le chef et huit membres d’un réseau qui opérait en Espagne et envoyait des combattants en Syrie et en Irak.

Onze perquisitions ont été menées dans le cadre de l’opération d’aujourd’hui à Madrid et à une centaine de kilomètre, à Ávila, où le réseau utilisait une ferme pour s’entraîner et s’habituer aux conditions qu’ils allaient dans les zones de combat, a indiqué la police.

La cellule avait déjà réussi à envoyer au moins neuf jihadistes pour combattre avec les factions d’Al-Qaïda en Irak et en Syrie

Le groupe avait réussi à former sa propre structure que ses membres ont appelé «Brigadie Al Andalus», qui a maintenait des liens internationaux avec des groupes établis en France, en Belgique, au Maroc, en Tunisie, en Égypte, en Turquie et en Syrie, dit le ministère espagnol de l’Intérieur.

Le chef du réseau, un ancien prisonnier de Guantanamo selon le ministère espagnol de l’Intérieur, est un Marocain, Lahcen Ikarrien, 47 ans, marié et père d’une fille, qui appartenait à la cellule d’Abou Dah Dah, condamné en Espagne pour son appartenance au réseau Al-Qaïda.

Selon le ministère, l’organisation démantelée ce lundi est «un réseau international de recrutement et d’envoi de jihadistes en vue de leur intégration dans l’organisation terroriste EIIL (État islamique en Irak et au Levant), présente en Syrie et en Irak».

Parmi les huit autres personnes arrêtées aujourd’hui, figurent plusieurs Espagnols et Marocains, un Argentin et un Bulgare.

Plusieurs opérations de ce type ont été menées en Espagne et ailleurs en Europe ces derniers mois. Au moins 50 miliciens espagnols se battent en ce moment en Syrie contre les forces d’Assad. Au cours des trois dernières années ont été arrêtés en Espagne quarante-huit islamistes. Toutes les personnes arrêtées sont des hommes, âgés de 17 et 40 ans, beaucoup d’entre eux sans travail ni emploi.

À la mi-mars, les polices espagnole et marocaine avaient annoncé avoir démantelé, dans ces deux pays, une importante cellule d’envoi de jihadistes, qui partaient combattre en Syrie, au Mali et en Libye, avec sept personnes arrêtées dont deux Français.

Puis, fin mai, le ministère espagnol de l’Intérieur avait annoncé le démantèlement, avec l’arrestation de six personnes, dans l’enclave de Melilla au nord du Maroc d’une cellule chargée de recruter des combattants jihadistes, puis de les envoyer au Mali et en Libye.

Un autre réseau lié à Al-Qaïda avait été démantelé en juin 2013 dans l’autre enclave espagnole de Ceuta, située au nord du Maroc, et dans la ville voisine marocaine de Fnideq. Il était accusé d’avoir envoyé environ 50 jihadistes en Syrie dont certains ont commis des attentats suicide.

Le ministre espagnol de l’Intérieur Jorge Fernandez Diaz avait prévenu en mars, à l’occasion des commémorations des attentats islamistes du 11 mars 2004 à Madrid, que «l’Espagne fait partie des objectifs stratégiques du jihad global».

Par ailleurs, un Français qui a combattu aux côtés de jihadistes en Syrie a été arrêté samedi à Berlin à son retour en Europe, alors qu’il était «susceptible d’agir sur le sol français», ont affirmé dimanche la police allemande et le ministère français de l’Intérieur.

Samedi, le ministère français de l’Intérieur avait aussi annoncé avoir expulsé deux jours plus tôt vers son pays un Tunisien qui recrutait de jeunes candidats au jihad dans la région de Grenoble (est).

D’autre part, en l’espace d’une semaine, les jihadistes de l’EIIL, soutenus par des partisans du régime déchu de Saddam Hussein, se sont emparés de vastes zones dans le nord et le centre de l’Irak, dont la deuxième ville du pays, Mossoul.

L’EIIL a affirmé avoir tué 1.700 soldats chiites irakiens, une revendication qualifiée «d’horrible» par la porte-parole du Département d’Etat américain Jen Psaki.

Alors que l’EIIL cherche à créer un État islamique dans une zone frontalière avec la Syrie, où il est connu pour ses exactions, la direction prise par les jihadistes partis d’Europe se joignent à la bataille aux côtés des insurgés qui tentent désormais d’avancer vers Bagdad.