Rob Nicholson à une réunion de l’OTAN dominée par la crise ukrainienne et la peur de l’ours

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Le ministre canadien Rob Nicholson (1er rangèe, 2ème à partir de la gauche) participer à la Réunion des ministres de la Défense de l'OTAN les 3 et juin à Bruxelles (OTAN)
Le ministre canadien Rob Nicholson (1er rangèe, 2ème à partir de la gauche) participer à la Réunion des ministres de la Défense de l’OTAN les 3 et juin à Bruxelles (OTAN)

Le ministre canadien Rob Nicholson se joint à ses homologues de l’Alliance atlantique pour discuter de la situation qui prévaut en Ukraine et de la contribution du Canada aux mesures de réassurance prises par l’OTAN lors réunion les 3 et 4 juin à Bruxelles des ministres de la Défense clairement dominée par la peur de l’ours.

La réunion des 3 et 4 juin est la troisième réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à laquelle participe le ministre Nicholson. La précédente rencontre des ministres de la Défense a eu lieu en février 2014.

Depuis sa création en 1949, l’OTAN est un pilier central de la défense euro atlantique et «une pierre angulaire des politiques canadiennes en matière de défense et de sécurité» et, souligne le Canada, les Forces armées canadiennes (contribuent considérablement aux opérations de l’OTAN depuis la fondation de l’Alliance.

L’OTAN a mis en place récemment toute une série de mesures afin de rassurer nos alliés, le Canada fait plus que sa part.

C’est ainsi que, ces dernier mois, le Premier ministre canadien Stephen Harper et le ministre de la Défense nationale ont multiplié les annonces à propos de la présence de Forces armées canadiennes en Europe de l’Est pour soutenir nos pays alliés et l’OTAN.

Sur fond de crise ukrainienne, le général Tom Lawson, chef d’état-major de la Défense, a précédé les 21 et et mai le ministre de la Défense et a participé avec ses homologues de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à la réunion du Comité militaire de l’Organisation à Bruxelles, en Belgique où il a réaffirmé l’engagement du Canada aux côtés de ses alliés.

«L’OTAN est la principale alliance militaire au monde, et elle offre au Canada un dialogue privilégié avec des pays qui partagent des intérêts communs en matière de sécurité internationale.L’investissement du Canada auprès de l’OTAN nous donne voix au chapitre en ce qui concerne des décisions de haut niveau qui touchent la sécurité internationale», soulignait le communiqué de la Défense qui annonçait le départ du ministre canadien pour Bruxelles.

«Je me réjouis à l’avance d’une réunion très productive et opportune à Bruxelles. La récente agression de la Russie contre l’Ukraine témoigne de l’importance de s’assurer que l’Alliance est prête, souple et capable de déployer en réponse à tout défi pouvant survenir dans le cadre du spectre de ses […] tâches.», a déclaré avant son départ Rob Nicholson  qui, aujourd’hui a eu des discussions avec ses homologues sur la défense et la sécurité à la réunion des ministres ainsi qu’une rencontre bilatérale avec le ministre de la Défense de Pologne, Tomasz Siemoniak.

Comment répondre à l’ours

Cette réunion des ministres de la Défense de l’OTAN est clairement dominée par la crise ukrainienne et ses conséquences, notamment en ce qui a trait aux relations avec la Russie. À Bruxelles, les ministres de la Défense de l’OTAN examinent les mesures de défense collective dans le sillage de la crise Russie-Ukraine en plus de discuter des préparatifs du Sommet de l’OTAN au Pays de Galles. 

Pour l’instant, l’Alliance est plutôt divisé entre, d’une part, la Pologne et les trois États baltes, qui tous partagent des frontières avec la Russie et appellent de tous leurs vœux une plus grande présence militaire de l’OTAN sur leur territoire . et, d’autre part, l’Allemagne et la France qui s’opposent à toute tentative rapides de créer des bases permanentes sur le territoire des anciens satellites soviétiques.

Car, si l’OTAN a pu renforcer sa surveillance de l’espace aérien des États baltes, ce renforcement de la frontière orientale de l’Alliance c’est fait de façon bilatérale .

«Nous sommes confrontés à un nouveau paysage à cause de l’-agression-de la Russie contre l’Ukraine en matière de sécurité», a dit Fogh Rasmussen. «Nous avons déjà pris des mesures immédiates. Dans un fort élan de solidarité, chaque pays allié, des deux côtés de l’Atlantique, contribue à renforcer notre défense collective, y compris le déploiement de navires, d’aéronefs et de troupes. C’est vraiment tous pour un et un pour tous», a renchéri le Secrétaire général.

Lors de la première séance de travail, précise le Secrétariat de l’OTAN, les ministres ont  donc examiné les mesures visant à renforcer la défense collective qui ont été prises immédiatement après le début de la crise Russie-Ukraine et les conséquences à long terme de ce que l’Alliance atlantique continue d’appeler l’-agression- de la Russie contre l’Ukraine.

Pour le Secrétaire général de l’OTAN, la crise en Ukraine a montré que l’éventail des menaces à la sécurité auxquelles de l’OTAN est confrontées augmente et devient de plus en plus imprévisible «Nous devons viser une organisation, plus rapide et plus souple», a-t-il souligné.

La réunion de la Commission OTAN-Ukraine permet de discuter en détails de la situation de la sécurité en Ukraine et des priorités de la coopération de défense entre l’OTAN et l’Ukraine à la lumière de la crise et à la suite de l’élection présidentielle remportée le 25 mai par le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko.

Les 28 pays ont  aussi des discussions plus larges pour le Sommet du Pays de Galles en termes de préparation, les capacités militaires et les investissements de défense.

Au deuxième jour de la réunion ministérielle, la Commission OTAN-Géorgie examinera également l’état actuel des réformes de la défense de la Géorgie.

Finalement, les ministres de la Défense réunis à Bruxelles évalueront la situation sécuritaire actuelle en Afghanistan, les progrès dans le transfert de la responsabilité de la sécurité aux forces de sécurité afghanes la planification pour la nouvelle mission à venir de l’OTAN pour former, conseiller et assister les forces afghanes après 2014 , ainsi que la transition politique après les élections du 5 avril.

Une Europe qui ne veut pas se défendre

Alors que la zone euro émerge de la crise de la dette, plusieurs membres de l’OTAN, dont l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, la Slovaquie et la Slovénie, ont réduit les dépenses de défense en pourcentage du produit intérieur brut bien en dessous de 2 pour cent de l’OTAN du produit intérieur brut des dépenses militaires cibler.

«Il est clair que nous ne pouvons pas continuer la tendance actuelle » de compressions des dépenses , M. Rasmussen a déclaré aujourd’hui le Secrétaire général de l’OTAN.

Fogh Rasmussen a souligné que la Russie a augmenté ses dépenses de défense de plus de 50 pour cent depuis 2008 , tandis que les alliés européens de l’OTAN ont réduit le financement militaire de près de 10 pour cent en termes réels, avec parfois des coupes dans certains secteurs plus de 40 pour cent .

Le Secrétaire américain de la Défense Chuck Hagel a fait part aujourd’hui de sa grave préoccupation devant la baisse continue des dépenses en matière de défense de beaucoup d’États membres de l’Alliance.

Hagel a noté que: « plusieurs nations – dont la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie – ont déjà annoncé des augmentations prévues dans leurs investissements de défense. Mais nous n’avons pas encore vu des engagements similaires de nombreux autres membres de l’Alliance», ajoutant que, si les Européens ne sont pas prêts à investir dans leur propre défense lorsque leur sécurité est menacée , alors le soutien américain à l’OTAN pourrait être reconsidérée.

Pourtant, à Varsovie

Pendant ce temps à Varsovie, le président Barack Obama a proposé de son côté un plan de sécurité d’un milliard de dollars pour rassurer ses alliés d’Europe de l’Est, inquiets de l’attitude de Moscou en Ukraine où l’armée a intensifié son offensive contre les séparatistes prorusses.

Cette «initiative pour rassurer l’Europe», prévoit le déploiement de nouvelles forces américaines, terrestres, aériennes et navales en Europe de l’Est.

Elle s’adresse aussi à des pays non membres de l’OTAN, tels que l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, pour leur permettre de coopérer avec les États-Unis et leurs alliés occidentaux et renforcer leur propre défense.

Et aujourd’hui, toujours à Varsovie, le président polonais Bronislaw Komorowski a déclaré pour sa part que la Pologne allait augmenter ses dépenses de défense à 2 % du produit intérieur brut .

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine va rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel en France vendredi matin avant le début des cérémonies officielles du Débarquement en Normandie, a annoncé aujourd’hui le conseiller diplomatique du Kremlin.

«Les discussions portent principalement sur les mesures qui peuvent contribuer à stabiliser la situation en Ukraine», a dit le porte-parole.

M. Poutine, qui se rendra en France dès jeudi et aura un dîner à l’Elysée avec son homologue François Hollande, doit aussi avoir une rencontre en tête-à-tête vendredi en Normandie avec le Premier ministre britannique David Cameron. Interrogé sur la possibilité d’une rencontre entre le président russe et son homologue américain Barack Obama à ces cérémonies, le porte-parole du Kremlin a en revanche indiqué que cela n’était «pas prévu».

Bref, l’ours fait de plus en plus peur. Pour s’en protéger, l’Europe devra compter sur les États-Unis et  l’Alliance, mais, pendant qu’Obama propose un plan de sécurité d’un milliard $, son Secrétaire à la Défense rappelle aussi à ses homologues réunis à Bruxelles que l’Amérique n’acceptera pas d’être seule à payer pour la défense de l’Europe.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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