Stephen Harper: conclusion du G7 qui menace Moscou d’alourdir les sanctions

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Le Premier ministre Stephen Harper a conclu ce jeudi 5 juin une visite de deux jours à Bruxelles, en Belgique, où il a participé au Sommet des dirigeants du G7 qui ont menacé la Russie d’alourdir les sanctions si Moscou ne contribue pas à apaiser la crise ukrainienne à la satisfaction de l’Occident.

La visite du premier ministre canadien s’inscrivait dans le cadre d’un plus grand voyage en Europe comprenant un arrêt à Varsovie, en Pologne (le 4 juin), pour marquer le 25e anniversaire du début de la transition de la Pologne du communisme vers la démocratie, une visite en Normandie, en France (le 6 juin), pour souligner le 70e anniversaire du jour J et de la bataille de Normandie, et une visite à Kiev, en Ukraine (le 7 juin), pour assister à la cérémonie d’assermentation de Petro Porochenko à titre de nouveau Président de l’Ukraine.

Le Sommet du G-7 réunissait les dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume‑Uni et des États-Unis, ainsi que les dirigeants du Conseil européen et de la Commission européenne.

Durant le sommet, les dirigeants ont discuté de mesures que le G-7 peut prendre en vue de renforcer l’économie mondiale, d’améliorer la sécurité énergétique, d’atténuer les changements climatiques et de promouvoir le développement. Ils ont également fait le point sur les problèmes internationaux touchant la politique et la sécurité, notamment la situation qui prévaut en Syrie, en Iran et en Corée du Nord. Mais cette réunion du G7 a été clairement dominée par la crise ukrainienne et les relations avec Moscou.

«Les dirigeants du G-7 ont […] tenu de franches discussions axées sur l’appui au Président ukrainien nouvellement élu et sur l’examen d’autres mesures visant à mettre fin à l’occupation illégale de la Crimée par la Russie qui se poursuit et à l’agression militaire qui perdure dans l’est de l’Ukraine», écrit le Bureau du premier ministre canadien.

La crise ukrainienne

Les Occidentaux sont «tout à fait unis» dans leur réaction à la crise en Ukraine, a assuré pour sa part le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, au terme du sommet, rapporte la presse. «Nous sommes unis pour condamner la poursuite de la violation par la Russie de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. L’annexion illégale de la Crimée par la Russie et les actions visant à déstabiliser l’est de l’Ukraine sont inacceptables et doivent cesser», ont redit les dirigeants occidentaux.

Si Moscou ne change rien à sa politique en Ukraine, les pays du G7 sont prêts à alourdir leurs sanctions, ont-ils prévenu. Le président américain a lancé quant à lui un ultimatum à la Russie, à laquelle il a donné un temps limité pour changer de cap.

Les dirigeants du G7 ont également dénoncé la menace que Moscou fait peser sur les approvisionnements de gaz vers l’Ukraine et, par ricochet, vers l’Europe.

«L’utilisation de l’approvisionnement énergétique comme moyen de coercition politique ou comme menace à la sécurité est inacceptable», ont affirmé les pays du G7.

«Si les provocations russes se poursuivent, il est clair […] que les pays du G7 sont prêts à imposer des coûts supplémentaires à la Russie», a dit Obama.

Ces sanctions pourraient être décidées au prochain sommet européen qui se tiendra les 26 et 27 juin, a indiqué pour sa part la chancelière allemande Angela Merkel.

Les Occidentaux n’en restent pas moins divisés sur la nature et l’ampleur des sanctions à prendre contre Moscou, d,autant plus que Paris n’a pas renoncé au 1,2 milliard d’euros de son contrat pour la vente de navires militaires Mistral à la Russie, provoquant un certain agacement de ses partenaires. «J’ai exprimé mes inquiétudes, et je ne pense pas être le seul», a dit le président américain, ajoutant qu’«Il aurait été préférable de suspendre» cette vente».

Et maintenant, après ce G7 consacré à la crise ukrainienne, les Occidentaux arrivent aujourd’hui en France où ils retrouveront le président russe Vladimir Poutine pour la première fois depuis plus de deux mois, à la veille des célébrations du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie auxquelles François Hollande l’a invité.

Outre sa rencontre avec son hôte, François Hollande, Vladimir Poutine doit s’est entretenu jeudi soir avec le Premier ministre britannique David Cameron à son arrivée à l’aéroport de Roissy, et rencontrer vendredi en fin de matinée la chancelière allemande Angela Merkel à Deauville en Normandie.

Les cérémonies du Débarquement pourraient aussi être l’occasion d’une première rencontre entre le maître du Kremlin et le président ukrainien élu Petro Porochenko, invité lui aussi en France par François Hollande.

«Je ne compte éviter personne et parlerai, évidemment, à tout le monde», avait déclaré le Président russe lors d’une entrevue avec les médias français enregistrée le 3 juin à Sotchi alors qu’il se préparait à quitter pour la France.

Le développement économique

Les dirigeants du G7 ont tout de même trouver le temps de parler de développement.

La Sommet avait lieu à un moment où l’on s’attend à ce que toutes les économies du G-7 connaissent une croissance, bien que certaines difficultés persistent. Dans de nombreux pays, la croissance et l’inflation demeurent trop basses, et le chômage, trop élevé.
Au Canada, l’économie s’est mieux rétablie de la récession mondiale que celles de la plupart de nos partenaires du G-7, de telle sorte qu’aujourd’hui, le nombre de Canadiens au travail s’est accru de plus d’un million depuis le pire moment de la crise économique.

«Au sommet de cette année, les membres du G-7 se sont entendus pour prendre des mesures supplémentaires afin de favoriser la prospérité économique et de faire des progrès relativement à d’importants défis de développement, comme l’amélioration de la santé des femmes et des enfants dans les pays en développement. Nous avons également manifesté une ferme détermination à appuyer la liberté et la démocratie en Ukraine par l’entremise du Président nouvellement élu de ce pays» a déclaré le Premier ministre Stephen Harper

Le Premier ministre canadien a aussi insisté auprès de ses collègues du G-7 pour qu’ils continuent de porter attention à l’amélioration de la santé des enfants et des mères dans les pays en développement, dans la foulée du sommet très réussi Sauvons chaque femme, chaque enfant qui a eu lieu à Toronto au mois de mai.

Pendant ce temps sur le terrain en Ukraine

Après ce G7 où l’Occident a encore une fois bombé le torse et alors que s’amorce en France un ballet diplomatique pour tenter de trouver une issue à la pire crise Est-Ouest depuis la fin de la Guerre froide, sur le terrain en Ukraine, les autorités de Kiev ont subi un nouveau revers dans l’est du pays. Les gardes-frontières ukrainiens ont abandonné ce jeudi trois postes à la frontière russe après des attaques de séparatistes prorusses qui semblent renforcer chaque jour leur emprise.

Entre menaces et nécessité, il faut maintenant voir ce qui sortira des «bilatérales françaises» sur fonds de célébrations de la victoire sur la nazisme axées sur la réconciliation et la paix.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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