Syrie: les djihadistes de l’EIIL «crucifient» dorénavant leurs ennemis

Le drapeau de l'État Islamique en Irak et au Levant (EIIL) la filiale d'Al-Qaïda active en Irak et en Syrie (Archives/capture d'écran EIIL/45eNord.ca)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Depuis janvier, près de 7.000 personnes, en majorité des combattants, mais aussi des civils, ont péri dans la lutte opposant l’EIIL à l’alliance entre le Front Al-Nosra et les rebelles modérés. Maintenant, non content de décapiter, le groupe ultra-radical crucifie ses ennemis (tiré du cpte Twitter de msintervention)
Depuis janvier, près de 7.000 personnes, en majorité des combattants, mais aussi des civils, ont péri dans la lutte opposant l’EIIL à l’alliance entre le Front Al-Nosra et les rebelles modérés. Maintenant, non content de décapiter, le groupe ultra-radical crucifie ses ennemis (tiré du cpte Twitter de MsIntervention)

L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), a donné une bonne idée de ce que serait sa «gouvernance» du «califat» islamique qu’il prétend établir à cheval sur l’Irak et la Syrie en exécutant huit rebelles rivaux avant de crucifier leurs corps en public dans un village de la province d’Alep (nord).

La décapitation, c’était pas assez, maintenant c’est la crucifixion pour leurs ennemis!

«L’EIIL a exécuté samedi huit rebelles à Deir Hafer dans l’est de la province d’Alep. Il les a ensuite crucifiés sur la place principale du village où leurs corps devraient rester pendant trois jours», selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui s’appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales et militaires.

Ce dimanche d’ailleurs, les djihadistes de l’EIIL ont annoncé rien de moins que le rétablissement du califat, le régime politique islamique disparu il y a près d’un siècle.

Dans un enregistrement audio diffusé sur internet, l’EIIL se fait appeler désormais «État islamique», tout court, et a également désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme «calife» et «commandeurs des croyants».

Dorénavant, aux yeux des dijhadistes de l’État islamique, avec l’annonce du califat, il est du devoir de tous les musulmans de prêter allégeance à celui qui se fera désormais appeler «calife Ibrahim».

Par ailleurs, des combattants d’Al-Nosra, la banche officielle d’Al-Qaïda en Syrie, et d’autres groupes islamistes ont tenté ces derniers jours de reprendre Boukamal, la principale localité à la frontière entre la Syrie et l’Irak, tombée aux mains du groupe djihadiste ultra-radical  lors de la défection d’un commandant d’Al-Nosra, ce qui avait amené les médias occidentaux à conclure un peu hâtivement que les deux groupes rivaux fusionnaient.

Selon l’OSDH, depuis janvier, près de 7.000 personnes, ont péri dans la lutte opposant le groupe djihadiste extrémiste à l’alliance entre le Front Al-Nosra et les rebelles modérés excédés par les exactions et les volontés hégémoniques de l’EIIL.

En majorité des combattants, mais aussi des civils exécutés par les djihadistes dans les provinces d’Idlib et Alep, Raqqa, Hama et Deir Ezzor, Homs et Al-Hasakah.

De plus, toujours selon l’OSDH, de «violents affrontements ont éclaté tôt près de la ville de Hammourié (est de la capitale) entre le groupe djihadiste radical et les rebelles de l’Armée de l’Islam, principale composante du Front islamique, la plus large coalition rebelle, ce dimanche dans la province de Damas.

Les rebelles syriens plus modérés, qui ont subi de nombreux revers au cours des derniers mois, doivent donc maintenant, en plus d’affronter la machine de guerre du régime de Damas, combattre des djihadistes de mieux en mieux bien équipés grâce à leur victoire du côté irakiens.

Mais, il n’y a pas pas eu pour autant de fusion des autres groupes avec les djihadistes de l’EIIL qui crucifient leurs ennemis et dont le chef se croit le seul successeur du Prophète. Au contraire, c’est de plus en plus «Tous contre l’EIIL et l’EIIL contre tous!».