Ukraine: intrusion de blindés, la Russie retourne l’accusation de Kiev

Hommes armés sur un véhicule blindé à Kramatorsk, le 16 avril 2014 (Anatoliy Stepanov/AFP)
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Hommes armés sur un véhicule blindé à Kramatorsk, le 16 avril 2014 (Anatoliy Stepanov/AFP)
Hommes armés sur un véhicule blindé à Kramatorsk, le 16 avril 2014 (Archives#Anatoliy Stepanov/AFP)

Alors que Kiev déplorait que plusieurs convois de blindés étaient entrés en Ukraine en provenance de Russie ces trois derniers jours, Moscou retourne l’accusation ce vendredi 13 juin et affirme de son côté des blindés ukrainiens ont franchi la frontière avec la Russie et ont été interceptés par les gardes-frontières.

Au même moment, l’embellie qui avait suivi la rencontre de Poutine et Porochenko le 6 juin et faisait croire à une possible sortie de crise a laissé place à la suspicion, le Premier ministre ukrainien allant jusqu’à déclarer il y a deux jours qu’il voyait un «piège russe» dans le rabais de 100 $ proposé par Moscou pour le gaz.

Aujourd’hui, c’est le retour aux accusations et à la rhétorique guerrière.

Selon Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, cité par les agences de presse russes, deux blindés sont successivement entrés vendredi en territoire russe, où ils ont été bloqués par les gardes-frontières.

Le porte-parole des gardes-frontières de la région russe de Rostov-sur-le-Don (sud-ouest), Vassili Malaev, cité par Itar-Tass, a déclaré qu’un premier blindé des forces ukrainiennes avait pénétré à 150 mètres à l’intérieur du territoire russe à 12h30 heure locale. L’équipage avait réussi à s’enfuir mais que le blindé avait été saisi.

«Peu de temps après, une deuxième tentative (d’intrusion) a été faite par les forces armées ukrainiennes pour récupérer le blindé, mais elle a été mise en échec», a déclaré Malaev.

Le président Vladimir Poutine a ordonné pour sa partau ministère des Affaires étrangères de s’adresser à la partie ukrainienne au sujet de la violation de la frontière par des militaires ukrainiens, a déclaré le porte-parole du Kremlin, rapporte de son côté Interfax.

La veille, l’Ukraine avait affirmé que des blindés étaient entrés sur son territoire en provenance de Russie pour, d’après elle, être utilisés contre les forces régulières ukrainiennes.

Les combattants de la république populaire de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, ont reçu trois chars, a confirmé jeudi soir l’état-major des forces de la république autoproclamée, selon ce que rapporte de son côté l’agence russe Ria Novosti aujourd’hui.

«Nous confirmons avoir reçu les chars. Les blindés seront envoyés dans les secteurs les plus sensibles», a indiqué un représentant des forces de la république de Donetsk à l’agence sans pour autant préciser qui a fourni les chars aux combattants.

La désescalade tarde à se concrétiser malgré la rencontre inédite, lors des commémorations du Débarquement de Normandie en France il y a une semaine, des Présidents russe et ukrainien et le blitz de négociations qui a suivi à Kiev et à Bruxelles.

L’OTAN s’est alarmée pour sa part vendredi de ces informations sur l’intrusion de blindés, soulignant qu’elles signifieraient si elles étaient confirmées une grave escalade dans la crise en Ukraine.

Par ailleurs, Kiev a annoncé que ses forces avaient repris ce vendredi aux insurgés Marioupol une grande ville de l’est de l’Ukraine, région où la situation reste très volatile, tandis que Moscou excluait de recommencer les négociations sur le gaz sans le remboursement de milliards de dollars.

Si l’Ukraine ne règle pas sa dette dette gazière, il est envisagé de passer à un système de pré-paiement qui pourrait signifier la coupure de l’approvisionnement et perturber les livraisons de gaz russe à l’Union européenne, dont près de la moitié transitent par l’Ukraine.

Avec l’impasse des négociations sur le gaz, la poursuite des combats et le retour à la rhétorique guerrière des deux côtés, le risque de perturbations encore plus grave est bien réel.