Viols en temps de guerre: il faut mettre fin à l’impunité insiste à son tour John Baird

Le ministre des Affaires étrangères John Baird assiste à la réunion ministérielle sur la sécurité du Nigéria lors de sa visite à Londres au Sommet mondial pour mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits (MAECD)
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Le ministre des Affaires étrangères John Baird assiste à la réunion ministérielle sur la sécurité du Nigéria lors de sa visite à Londres au Sommet mondial pour mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits (MAECD)
Le ministre des Affaires étrangères John Baird assiste à la réunion ministérielle sur la sécurité du Nigéria lors de sa visite à Londres au Sommet mondial pour mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits (MAECD)

Le ministre des Affaires étrangères canadien, John Baird, au Sommet mondial pour mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits, exhorte à son tour la communauté internationale à mettre fin à l’impunité traduire en justice les auteurs d’actes de pareils actes de violence.

John Baird a conclu aujourd’hui sa participation au Sommet mondial coprésidé par la star hollywoodienne Angelina Jolie et le chef de la diplomatie britannique William Hague et qui s’est déroulé à Londres les aujourd’hui et hier, 12 et 13 juin.

Le ministre canadien y a notamment présider le dialogue ministériel sur l’amélioration des mesures internationales et nationales à prendre afin de s’attaquer à l’impunité.

«Au Sommet, j’ai rencontré des ministres des Affaires étrangères, des représentants d’organisations internationales ainsi que des spécialistes de la lutte contre la violence sexuelle», a déclaré le ministre Baird. Nous sommes tous d’accord sur le fait que les engagements doivent être traduits en gestes concrets pour mettre fin à la violence sexuelle dans les conflits. Il est temps d’agir.»

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a lui aussi appelé, vendredi à Londres à «reléguer au Moyen Age et aux livres d’histoire» le «crime indescriptible» des violences sexuelles en temps de conflit.

La plus ambitieuse conférence jamais organisée sur le viol en tant qu’arme de guerre s’est terminée sur la promesse d’un protocole visant à mettre fin à l’impunité.

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a présenté jeudi 12 juin à Londres ce protocole international pour mettre «fin à l’impunité» des violences sexuelles en zone de guerre qualifié d’«essentiel» par la vedette hollywoodienne Angelina Jolie.

Le protocole vise surtout à mettre «fin à l’impunité» des violeurs, en établissant des critères internationaux pour consigner et enquêter sur ces crimes afin que les coupables puissent être poursuivis plus efficacement.

Mais, surtout, il prévoit que les viols en tant que crimes de guerre ne devront plus faire l’objet d’une amnistie dans les accords de paix qui mettront fin à un conflit.

Le protocole met aussi l’accent sur la «tolérance zéro» face aux violences sexuelles et sur le soutien à apporter aux victimes qui, au lieu d’être aidées, sont plutôt stigmatisées. «The disgrace is on the agressor», «Que la honte retombe sur l’agresseur», a déclaré Angelina Jolie.

Le «Summit fringe»

La professeure Valerie Oosterveld de la faculté de droit de l’Université de Western Ontario a participé à l’élaboration du Protocole international pour mettre «fin à l’impunité» des violences sexuelles en zone de guerre présenté au Sommet de Londres en juin 2014 (Archives/ICI)
Aux échanges officiels s’ajoute tout un programme ouvert au public, le Summit Fringe, avec des ateliers, des conférences, des expositions et du cinéma muet pour sensibiliser à un mal souvent dissimulé sous l’horreur de la guerre.

Par exemple, jeudi 12 juin, s’est tenu un table ronde présidée par la professeure Valerie Oosterveld de la faculté de droit de l’Université de Western Ontario qui a exploré les expériences de la Cour spéciale pour la Sierra Leone, un tribunal pénal international, dans l’enquête et la poursuite des crimes de violence sexuelle, de la protection des victimes/témoins, et de sensibilisation «innovante» en Sierra Leone et au Liberia sur cette question.

La Canadienne Valérie Ossterveld est l’une des expertes internationales qui a collaboré à la rédaction du Protocole international présenté au Sommet par William Hague.

L’ombre de Boko-Haram

À l’occasion du Sommet, il a aussi été question du sort des plus de 200 lycéennes enlevées par Boko Haram alors que William Hague accueillait à Londres le ministre nigérian des Affaires étrangères, ainsi que des représentants des états voisins du Bénin, du Tchad, du Cameroun et du Niger à une réunion des ministres des Affaires étrangères portant sur le Nigéria.

Le ministre Baird a aussi participé à cette réunion ministérielle sur la sécurité au Nigéria où il a rencontré ses homologues pour discuter de la sécurité au Nigéria et en Afrique de l’Ouest. Le Canada verse actuellement 537 millions de dollars en appui aux projets liés à la sécurité, au développement et à l’aide humanitaire en Afrique de l’Ouest.

«Les atrocités commises par Boko Haram et d’autres groupes terroristes au Nigéria et en Afrique du nord-ouest au cours des derniers mois et des dernières semaines sont un douloureux rappel de la portée mondiale du terrorisme», a déclaré le ministre Baird, ajouitant «Nous continuerons de collaborer avec nos alliés et nos partenaires pour mettre fin à l’insécurité croissante qui règne au Nigéria et dans la région, et nous prions pour que les étudiantes de Chibok soient libérées saines et sauves.»

Le Canada a fourni de l’équipement de surveillance et des techniciens pour aider le Nigeria à retrouver les plus de 200 adolescentes nigérianes enlevées par les islamistes radicaux du groupe terroriste Boko Haram

En outre, les Forces spéciales canadiennes ayant une expertise dans l’extraction d’otages seront déployés au Nigeria dans les prochains jours dans le cadre d’un engagement plus vaste, affirmait un reportage de CTV News le mois dernier.