Vladimir Poutine en France : Et que le bal commence!

0
Le Président russe Vladimir reçu à l'Élysée par le chef  de l'État français, Franois Hollande, le 5 juin 2014, la veille du 70e anniversaire du  débarquement en Normandie (Présidence de la République)
Le Président russe Vladimir reçu à l’Élysée par le chef de l’État français, Franois Hollande, le 5 juin 2014, la veille du 70e anniversaire du débarquement en Normandie (Présidence de la République)

Le président russe Vladimir Poutine a commencé jeudi 5 juin, à la veille des célébrations du 70e anniversaire du Débarquement, à retrouver à Paris les principaux dirigeants occidentaux, qui l’ont tenu à l’écart depuis deux mois en raison de la crise ukrainienne et du rattachement de la Crimée à la Russie.

Et que le bal commence!

Après ce G7 où l’Occident a encore une fois bombé le torse, s’amorce en France un ballet diplomatique pour tenter de trouver une issue à la pire crise Est-Ouest depuis la fin de la Guerre froide.

Si Moscou ne change rien à sa politique en Ukraine, les pays du G7 se sont déclarés prêts à alourdir leurs sanctions, ont-ils prévenu à l’issue du sommet qui s’est tenu avant les célébrations du 70e anniversaire du débarquement et réunissait le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume‑Uni et les États-Unis, ainsi que les dirigeants du Conseil européen et de la Commission européenne..

Mais, les Occidentaux n’en restent pas moins divisés sur la nature et l’ampleur des sanctions à prendre contre Moscou, d’autant plus que Paris n’a pas renoncé au 1,2 milliard d’euros de son contrat pour la vente de navires militaires Mistral à la Russie et que l’Europe, dans son ensemble, n’est certainement pas prête à faire une croix sur le gaz russe qui représente un part très importante de son bilan énergétique.

Donc, entre menaces et nécessité, il faut maintenant voir ce qui sortira des «bilatérales françaises» sur fonds de célébrations de la victoire sur la nazisme axées, tout de même, sur la réconciliation et la paix.

Jeudi soir à Paris, la question ukrainienne était au cœur de plusieurs entretiens au plus haut niveau. Le président russe Vladimir Poutine a soupé dans la soirée pendant une heure et demie au palais de l’Élysée avec son homologue François Hollande, qui, plus tôt, avait dîné avec le président américain Barack Obama dans un prestigieux restaurant.

Vladimir Poutine s’est entretenu dès son arrivée à Paris le 5 juin 2014 avec David Cameron l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle (Service de presse/Présidence russe)
Le président russe Vladimir Poutine avait auparavant entamé ce jeudi sa visite de travail en France par une rencontre avec le Premier ministre britannique David Cameron.

Le maître du Kremlin s’était entretenu dès son arrivée à Paris avec le Premier ministre britannique au pavillon d’honneur de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

Premier entretien bilatéral du Président russe avec un dirigeant occidental depuis l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie en mars, «La discussion a porté sur différentes questions des relations bilatérales, notamment sur les moyens de relancer le dialogue russo-britannique qui est actuellement au point mort», a indiqué le service de presse du Kremlin, ajoutant que «Les interlocuteurs ont accordé une grande attention aux moyens de régler la situation en Ukraine».

En outre, vendredi, Vladimir Poutine s’entretiendra avec la chancelière allemande Angela Merkel. et assistera aux festivités consacrées au 70e anniversaire du Débarquement allié en Normandie.

La seule rencontre ne figurant pas pour l’heure au programme est un tête à tête entre Obama et Poutine, dont les relations sont au plus bas depuis des mois.

«Je ne compte éviter personne et parlerai, évidemment, à tout le monde», avait déclaré le Président russe lors d’une entrevue avec les médias français enregistrée le 3 juin à Sotchi alors qu’il se préparait à quitter pour la France.

Après avoir clamé encore une fois au G7 le 4 et 5 juin leur fureur contre le méchant Vladimir, il faudra donc maintenant voir quelle langage tiendront les Occidentaux lors de ces «bilatérales françaises».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.