Affrontements avec les forces de l’ordre dans le Xinjiang

Le Xinjiang, vaste région musulmane en Chine, est étroitement surveillée par les autorités (Archives/Peter Parks/AFP/Getty Images)
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Le Xinjiang, vaste région musulmane en Chine, est étroitement surveillée par les autorités  (Archives/Peter Parks/AFP/Getty Images)
Le Xinjiang, vaste région musulmane en Chine, est étroitement surveillée par les autorités (Archives/Peter Parks/AFP/Getty Images)

Des heurts avec les forces de l’ordre ont fait une centaine de morts et de blessés, a affirmé mercredi Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, dans la province musulmane du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine. Les assaillants auraient attaqué un poste de police et des bâtiments officiels «armés de couteaux».

Pour sa part, l’agence officielle gouvernementale, Chine nouvelle, a fait état «de dizaines de blessés et de mort, tous des civils», des Ouïghours et des Hans (ethnie majoritaire en Chine).

Selon des «sources proches des événements», il s’agit d’un contrôle routier de routine qui serait l’origine des affrontements.

Le quotidien chinois officiel Global Times a expliqué qu’ «une altercation s’est produite, des voyous sont parvenus à échapper (aux forces de l’ordre) et ont incité d’autres personnes à venir attaquer les bâtiments gouvernementaux et le poste de police dans la matinée».

Explication réfutée aujourd’hui par Dilxat Raxit: «Nous demandons (à Pékin) d’arrêter de déformer la vérité sur l’affaire de Shache», dans laquelle «la Chine ne peut éluder sa responsabilité».

Cette province musulmane de la Chine est secouée par un mouvement séparatiste qui est violemment réprimé par Pékin qui mène une campagne antiterroriste qui s’est traduite par au moins 13 exécutions et des centaines d’arrestations. Un attentat suicide avait fait 43 morts et une centaine de blessés en mai dernier sur un marché d’Urumqi.

Parallèlement, le parquet du Xinjiang a engagé des poursuites contre l’économiste ouïghour Ilham Tohti, arrêté en janvier et inculpé de «séparatisme». Sur leur compte officiel sur Sina Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, les procureurs ont indiqué avoir engagé des procédures au tribunal d’Urumqi, capitale du Xinjiang, contre Ilham Tohti, «qui est soupçonné de séparatisme».

Les groupes de défenses des droits de l’homme pointent du doigt les politiques répressives et discriminatoires de Pékin à l’encontre de l’ethnie ouïghoure pour expliquer les tensions dans la région.

Le Xinjiang compte plus de neuf millions d’Ouïghours, des musulmans turcophones en partie hostiles à la tutelle de Pékin. Ils seraient fortement restreints dans l’observation du ramadan, auquel fonctionnaires, enseignants et étudiants se sont vus interdits de prendre part notamment.