Corée du Nord: un Kim Jong-un irrité dirige lui-même un autre exercice militaire

Visite du chef suprême sur l'île de Taeyonphyong en mars dernier(Photo: Archives/ KCNA)
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Visite du chef suprême sur l'île de Taeyonphyong en mars dernier(Photo: Archives/ KCNA)
Visite du chef suprême sur l’île de Taeyonphyong en mars dernier 2013(Archives/ KCNA)

Le leader nord-coréen Kim Jong-un, sans doute plus irrité que jamais, a dirigé en personne un exercice militaire de grande échelle simulant un assaut sur une Île. Il a profité de l’occasion pour avertir que le Sud «regretterait amèrement» toute incursion, rapporte ce samedi 5 juillet l’agence nord-coréenne KCNA.

«Ont participé à l’exercice des combattants, des pièces d’artillerie de divers calibres, des navires de combat dont des sous-marins, des avions de chasse, des bombardiers et des avions cargo», a indiqué KCNA.

L’agence officielle nord-coréenne n’a pas précisé le lieu et le jour de cet exercice, durant lequel Kim Jong-un a, selon elle, «fermement averti» que «si les ennemis faisaient le mauvais choix le mauvais jour […] il le leur ferait regretter amèrement».

Kim Jong-un aurait toutes les raisons d’être inquiet

Le leader faisait manifestement référence à un exercice mené le mois dernier par Séoul sur des Îles situées près de la frontière maritime contestée entre les deux pays.

Cet exercice est intervenu dans un contexte un peu chaotique, Pyongyang ayant mêlé ces derniers jours menaces, tirs de projectiles et offres de paix.

La Corée du Nord avait encore fait une une «démonstration de force» mercredi à l’approche de la visite à Séoul du président chinois Xi Jinping en tirant eux missiles balistiques qui ont échoué en mer au large de la côte orientale.

Pyongyang semble aussi s’être offensé de la visite d’État jeudi et vendredi à Séoul du président chinois Xi Jinping qui, pour son premier voyage dans la péninsule coréenne, a donnée la primeur au Sud témoignant de l’irritation de Pékin à l’égard de l’imprévisible régime de Pyongyang.

La Chine a beau être le principal allié de la Corée du Nord, Xi Jinping n’a pas rencontré Kim Jong-un depuis que ce dernier a succédé à son père Kim Jong-il, décédé en décembre 2011.

En outre, la présidente Park Geun-hye et son homologue chinois Xi Jinping ont dit jeudi s’opposer fermement au programme d’armement nucléaire nord-coréen et que l’abandon de ce dernier est une condition pour la reprise des pourparlers à six.

Les deux chefs d’État ont même appelé à la mise en œuvre de l’accord de 2005 et des résolutions de l’ONU sanctionnant la Corée du Nord pour ses essais balistiques et nucléaires.

De plus, les relations économiques de la Chine et de la Corée du Sud sont de plus en plus importantes. Le volume commercial entre la Corée du Sud et son plus grand partenaire commercial, la Chine, s’est élevé à 228,9 milliards de dollars l’année dernière, selon des données officielles du gouvernement sud-coréen, un volume plus de quarante fois plus important que celui entre la Chine et la Corée du Nord.

Finalement, la visite de Xi Jinping en Corée du Sud conforte la relation entre les chefs d’État chinois et sud-coréen, un an après la venue à Pékin de Park Geun-Hye où elle avait été reçue par le président chinois avec des faveurs remarquées, dont les honneurs militaires au Grand palais du Peuple place Tiananmen.

Bref, Kim Jong-un a sans doute des raisons d’être irrité et surtout, inquiet, mais son comportement n’est peut-être pas ce qui le ramènera dans les faveurs de Pékin.