Deuxième enquête pour les inconduites à bord du NCSM Whitehorse

Le NCSM Whitehorse a son arrivée à San Diego, le 27 juin 2014. (Mass Communication Specialist 2nd Class Joshua Scott/US Navy)
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Le NCSM Whitehorse a son arrivée à San Diego, le 27 juin 2014. (Mass Communication Specialist 2nd Class Joshua Scott/US Navy)
Le NCSM Whitehorse a son arrivée à San Diego, le 27 juin 2014. (Mass Communication Specialist 2nd Class Joshua Scott/US Navy)

Alors que le navire de défense côtière est rentré au pays lundi après que le commandant de la Marine royale canadienne lui ait demandé d’abandonner sa mission en raison de plusieurs incidents, ce n’est pas une, mais bien deux enquêtes internes qui seront menées.

La première sera conduite par le commodore Craig Baines, qui vient tout juste de prendre son poste à la tête de la flotte canadienne de l’Atlantique.

Elle a pour but de «procéder à un examen interne des politiques et procédures qui régissent la conduite des hommes et des femmes à terre. Sa tâche sera de veiller à ce que nous fassions tout notre possible pour fournir des attentes et des instructions claires pour l’ensemble du personnel en ce qui concerne le professionnalisme et la conduite ainsi que les responsabilités tant à terre, qu’en mer».

La deuxième sera menée par le commodore Bob Auchterlonie, actuel commandant de la flotte canadienne du Pacifique.

Celle-ci devra faire toute la lumière sur ce qu’était l’environnement à bord, le rôle du capitaine d’armes, le rôle du CO (commandant), du XO (commandant en second), le leadership en général.

À bord des navires de la Marine royale canadienne, si de l’alcool est bien disponible, impossible de trouver des spiritueux. Les seuls alcools permis sont le vin et la bière. Pas de vodka, rhum ou autre alcool fort donc.

Quelles sont les règles?

  • Pas en opération

Lorsque le navire n’est pas en opération et suit une routine dite «normale», les marins peuvent boire à bord du moment qu’ils ne sont pas en état d’ébriété lorsqu’ils prennent leur quart de travail ou service. Un délai de 6 heures est obligatoire entre la dernière consommation et le début du quart de travail. Ceux qui se trouvent en été d’ébriété sont punis.

Tous les membres d’équipage ont accès à un «mess», cette zone de relaxation et de repos à bord du navire, où l’équipage peut acheter de la bière ou du vin lorsqu’il n’est pas de quart. Il n’y a pas de limite «formelle» sur le volume qu’ils peuvent consommer, mais deux boissons est considéré comme un maximum acceptable.

Sur certains navires de plus grandes dimensions, une machine vendant des bières dans leur cafétéria est disponible. Là encore, deux bières par jour maximum.

À quai, cette règle change quelque peu, mais là encore l’absorption d’alcool est limitée notamment par les heures d’ouvertures des bars se trouvant dans chaque mess.

  • En opération

Lorsque le navire est déployé pour une opération ou un exercice à l’étranger, les règles deviennent beaucoup plus strictes. Tout comme l’Armée ou l’Aviation, les marins n’ont plus le droit de boire à bord, sauf deux bières lorsque le commandant l’autorise.

En revanche, lorsque le navire, en opération, accoste un port et que les marins vont en ville, ces derniers sont libres de boire autant qu’ils le veulent, à condition de rentrer à bord sobres.

Si l’officier de quart constate que les marins rentrant au navire après une soirée en ville sont en état d’ébriété, ils devront rencontrés les officiers en service, ce qui peut mener à des mesures disciplinaires.

Dans le cas du NCSM Whitehorse, deux des incidents ont eu lieu à terre, à San Diego, lors de l’exercice RIMPAC 2014, tandis qu’un troisième a eu lieu à bord.

Le premier implique un marin arrêté par la police de San Diego pour un vol à l’étalage, mais libéré en raison d’un manque de preuves.

Le deuxième cas implique un marin arrêté en état d’ébriété, qui aurait passé la nuit dans une cellule de dégrisement.

Enfin, un troisième cas implique une allégation de ce qui pourrait être une agression ou une inconduite sexuelle.

Le temps de la «ration de rhum» est loin, mais les problèmes demeurent. Les deux enquêtes menées par le commodore Baines et le commodore Auchterlonie permettront sans nul doute d’y voir un peu plus clair, et de prendre de nouvelles mesures efficaces pour rendre la Marine royale canadienne Prête Oui Prête!