Espionnage: l’Amérique et l’Allemagne décident de ne pas se fâcher

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Photo d'archive montrant les drapeaux allemand et américain sur la voiture officielle du président américain Barack Obama lors de son arrivée à l'aéroport de Berlin le 18 juin 2013 (Odd Andersen/AFP)
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Photo d'archive montrant les drapeaux allemand et américain sur la voiture officielle du président américain Barack Obama lors de son arrivée à l'aéroport de Berlin le 18 juin 2013 (Odd Andersen/AFP)
Photo d’archive montrant les drapeaux allemand et américain sur la voiture officielle du président américain Barack Obama lors de son arrivée à l’aéroport de Berlin le 18 juin 2013 (Odd Andersen/AFP)

Voulant avant tout préserver les liens qui unissent leurs deux pays, les chefs de la diplomatie allemande et américaine vont tenter dimanche à Vienne de régler leurs différends, après que le chef des services secrets américains pour l’Allemagne se soit fait expulsé dans le cadre d’une affaire d’espionnage de responsables allemands au profit de Washington.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble avait pour sa part commenté l’affaire en déplorant que «Les États-Unis soient bêtes à faire pleurer».

Il faut dire que, déjà choquée par le piratage du portable d’Angela Merkel, l’Allemagne était en émoi vendredi dernier après l’arrestation d’un premier agent allemand soupçonné d’avoir espionné, pour le compte des États-Unis, les parlementaires de son pays chargés… d’une enquête sur l’espionnage de la NSA.

Puis, cette semaine, la justice allemande a annoncé mercredi enquêter sur un nouveau cas d’espionnage au profit des États-Unis, un officier de la Bundeswehr cette fois, selon le quotidien Die Welt.

C’était un peu fort de café pour les Allemands, déjà lassés du manque de coopération des États-Unis dans les efforts pour éclaircir l’activité d’agents de renseignements américains sur leur territoire,

Les observateurs s’accordaient à juger la crise grave, mais les deux parties s’efforcent plutôt maintenant de préserver «un lien transatlantique de la plus haute importance», dans un contexte de crises internationales nombreuses.

«Nous voulons réactiver notre partenariat, notre amitié sur des bases sincères, nous y sommes prêts, ce sera aussi le message que je ferai passer à mon homologue américain John Kerry, lorsque je le rencontrerai (dimanche) à Vienne», [en marge de pourparlers sur le nucléaire iranien, ndlr], a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier en conférence de presse.

«Malgré les événements de ces dernières semaines, qui sont inquiétants et nous ont conduit (à l’expulsion de jeudi), notre partenariat avec les Etats-Unis est selon moi incontournable», a affirmé le chef de la diplomatie allemande.

Et, à Berlin, le ton était d’ailleurs conciliant. Martin Schäfer, le porte-parole de M. Steinmeier, a pris soin de récuser le terme d' »escalade ». Le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert, a affirmé que les tensions n’affectaient pas les négociations en cours sur un traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis.

À Washington, pendant ce temps, le président Barack Obama est resté silencieux, mais la Maison Blanche a insisté dès jeudi sur l’importance du lien avec Berlin, s’abstenant de commenter les affaires d’espionnage au motif qu’elles touchent à la sécurité nationale.

Dans un monde si hostile, il semble que l’on doive pardonner aux amis et, aujourd’hui, avec les crises en Ukraine, en Irak, en Syrie et partout, ce n’est apparemment pas le moment de se fâcher.