Une haut-gradée des Forces face à la justice militaire pour le port de médailles non méritées

Dans les cérémonies, les médailles sont la partie visible du travail accompli par le militaire et personne ne doit «jouer» avec. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Dans les cérémonies, les médailles sont la partie visible du travail accompli par le militaire et personne ne doit «jouer» avec. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Dans les cérémonies, les médailles sont la partie visible du travail accompli par le militaire et personne ne doit «jouer» avec. Ici, des médailles portées par un colonel. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Peu de détails dans cette affaire, mais une militaire des Forces armées canadiennes fait face à plusieurs chefs d’accusations pour avoir prétendument porté des médailles qu’elle n’avait pas gagné.

Le lieutenant-colonel Debbie Miller fera face à une cour martiale le 6 octobre prochain sur la base de Kingston pour répondre de 11 chefs d’accusations, huit de «comportement préjudiciable au bon ordre et à la discipline» et trois d’«emplois illégitimes d’uniformes ou certificats militaires». Dans tous les cas, elle risque la «destitution ignominieuse du service de Sa Majesté».

La police militaire a lancé l’enquête après qu’un membre de l’Armée eu déposé une plainte à propos des médailles du lieutenant-colonel en décembre 2012. Elle a été inculpée en avril de l’année suivante.

«Je crois qu’elle a été démasquée lors d’un événement ou quelque chose avec son unité et quelqu’un a remarqué» un problème avec ses médailles, a déclaré au Globe and Mail le capitaine David Hitchcock, commandant du Détachement Kingston du 2e Régiment de la police militaire, ajoutant que les enquêteurs ont ensuite mené des entrevues et des photos utilisées pour vérifier les allégations contre le lieutenant-colonel Miller.

Dans un article sur «La modernisation de l’instruction individuelle et de l’éducation (II & E) pour les Forces armées canadiennes» qu’elle a publié récemment, il est écrit que le lieutenant-colonel Debbie Miller est «OMM, CD, M.A., MDS».

En 2012, elle avait déjà été condamnée par une cour martiale à un blâme et 3.000 $ d’amende pour avoir fait une fausse déclaration.

Après avoir échoué un test d’aptitude physique obligatoire le 22 juin 2011, le lieutenant‑colonel Miller s’était rendue à la salle des rapports de l’Unité de soutien des Forces canadiennes à Ottawa le 20 juillet et a remis à un commis une photocopie d’un formulaire du programme Expres des Forces qu’elle avait signé, étrangement, plusieurs jours avant le test, soit le 16 juin, et dans lequel elle a affirmé à tort qu’elle avait réussi le test.

Elle avait admis très tôt sa culpabilité.

Membre des Forces armées canadiennes depuis 1980, le lieutenant-colonel Miller est actuellement officier supérieur d’état-major de la planification stratégique à l’Académie canadienne de la défense, à Kingston. Elle était auparavant à l’École de langues des Forces canadiennes.

«Les membres des Forces armées canadiennes sont tenus de respecter les normes les plus élevées de professionnalisme et de conduite, et sont assujettis aux lois canadiennes et au Code de discipline militaire, nous a indiqué un porte-parole des Forces armées canadiennes. Puisque le dossier est actuellement en cours et afin de préserver l’indépendance et l’équité de la procédure de la cour martiale, il serait inapproprié de commenter davantage».

Portait-elle des médailles d’un conjoint, d’un aïeul ou a-t-elle voulu être ce qu’elle n’était pas? La cour martiale tentera d’éclaircir l’affaire!

Il y a à peine plus d’un an, une polémique avait fait surface alors que les vétérans s’étaient vu rappeler qu’ils n’ont pas le droit de porter un uniforme une fois libéré des Forces armées canadiennes, «à moins qu’une autorisation à cet effet ait été expressément demandée et accordée».

Uniformes, médailles… il ne faut pas jouer avec ça!