Irak: 600.000 déplacés, l’ONU inquiète de «l’homogénéisation des territoires»

Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. (Archives/Eskinder Debebe/ONU)
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Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. (Archives/Eskinder Debebe/ONU)
Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. (Archives/Eskinder Debebe/ONU)

D’après Antonio Guterres, le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le déplacement des populations est alarmant en Irak. 600.000 personnes auraient ainsi été déplacées depuis la chute de Mossoul, deuxième ville d’Irak peuplée de 2 millions d’habitants.

L’ONU s’inquiète également du risque d’«homogénéisation des territoires» avec des communautés «chiites et sunnites vivant séparément» provoqué par les déplacements de population alarmants suite aux violences.

Près de 500.000 personnes avaient déjà été déplacées par les violences qui ont fait rage dès janvier dans la province occidentale d’Al-Anbar

Le 9 juin, une coalition d’insurgés sunnites menés par le groupe ultra-radical de l’Etat islamique (EI) a lancé une offensive fulgurante au cours de laquelle elle s’est emparée de vastes zones dans le nord, le centre et l’ouest du pays. Les populations chiites ont fui massivement ces pans de territoires conquis par les insurgés et craignent désormais de ne jamais pouvoir retourner dans leur ville ou village d’origine.

Dans le même temps, de nombreux sunnites vivant dans des zones mixtes se sont regroupés par crainte des milices qui soutiennent le gouvernement dominé par les chiites. Ce processus aboutissant à la constitution de villes et quartiers ethniquement homogènes était déjà à l’oeuvre depuis plusieurs années mais a pris une ampleur majeure avec le déclenchement de l’offensive.

Selon le HCR, cette tendance devrait aussi placer les minorités irakiennes – chrétiennes, turkmènes, yazidis et chabaks – dans une situation difficile.

«La préservation de la diversité est un outil extrêmement important pour la paix, le futur et la reconstruction du pays», estime encore le Haut commissaire.