Kiev dans une logique guerrière, Moscou menace de riposter à de nouvelles «provocations»

Des soldats ukrainiens sur un char, à un point de contrôle près de la ville de Konstantinovka, à 50 km de Donetsk, le 11 juillet 2014 (Genya Savilov/AFP)
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Des soldats ukrainiens sur un char, à un point de contrôle près de la ville de Konstantinovka, à 50 km de Donetsk, le 11 juillet 2014 (Genya Savilov/AFP)
Des soldats ukrainiens sur un char, à un point de contrôle près de la ville de Konstantinovka, à 50 km de Donetsk, le 11 juillet 2014 (Genya Savilov/AFP)

Après des tirs en provenance du territoire ukrainien visant des garde-frontières russes dans la région de Rostov. Moscou annonce avoir la ferme intention de riposter en cas de nouvelles provocations à la frontière russo-ukrainienne, alors que Kiev semble s’enhardir et de plus en plus clairement privilégier la solution militaire à la solution politique.
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Mise à jour au 13/07/2014 à 13h46

Le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel souhaitent des «discussions directes dès que possible» entre Kiev et les séparatistes ukrainiens, a annoncé dimanche un porte-parole du gouvernement allemand dans un communiqué.

Mme Merkel et M. Poutine, qui se sont parlés dimanche à Rio, «étaient d’accord (pour juger) que des discussions directes doivent démarrer dès que possible entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes sous la forme d’une vidéo-conférence », a annoncé le porte-parole Steffen Seibert, dans ce communiqué.

à 11h11

Un tir attribué aux forces ukrainiennes ayant fait un mort en Russie a fait monter la tension dimanche entre Moscou et Kiev. Le ministère russe des Affaires étrangères, qui a qualifié d’agression la chute d’un obus dans une ville russe frontalière, à proximité d’une zone que se disputent à coups de canon et de mortier les troupes de Kiev et les insurgés, a menacé l’Ukraine de possibles «conséquences irréversibles».

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Selon le Service fédéral de sécurité russe, des obus en provenance de l’Ukraine ont à plusieurs reprises atteint le territoire russe, endommageant notamment des points de contrôle frontalier.

Une voiture, qui transportait des gardes-frontières russes et qui roulait près du village de Kouïbichevsk (sud de la Russie) près de la frontière ukrainienne, a été visée par des tirs aux armes automatiques samedi matin, a indiqué samedi 12 juillet le ministère russe des
Affaires étrangères dans un communiqué
.

«Il existe des preuves convaincantes que les tirs ont été menés à partir du territoire ukrainien ainsi que depuis le territoire russe par des assaillants en provenance de l’Ukraine qui y ont pris position», selon le ministère russe qui précise que l’attaque n’a pas fait de blessés.

«En cas de récidive de ces provocations, la Russie se réserve le droit de prendre toutes les mesures prévues par les lois russes pour la défense de son territoire et pour assurer la sécurité des citoyens russes», conclut le ministère russe.

«En cas de poursuite de telles provocations, la partie russe se garde le droit de prendre toute mesure prévue par la législation de la Fédération de Russie en vue de protéger son territoire et d’assurer la sécurité de ses citoyens», a annoncé le ministère.

Sur le terrain dans l’Est ukrainien, les troupes de Kiev qui parachèvent l’encerclement de Donetsk, ont avancé cette semaine pour prendre position à une vingtaine de kilomètres de la ville.

Les responsables ukrainiens, y compris le président Petro Porochenko lui-même, ont semblé exclure une attaque frontale contre Donetsk, et contre l’autre grande ville rebelle, Lougansk, qui ferait inévitablement de nombreuses victimes dans la population civile et pourrait dégénérer en guérilla urbaine.

Les insurgés, quoique moins nombreux, sont déterminés à se battre et disposent d’un abondant arsenal, y compris d’armes antichar et de lance-roquettes Grad.

Pendant ce temps, la diplomatie piétine, malgré de multiples contacts entre Ukrainiens, Occidentaux et Russes.

L’Ukraine résiste aux pressions européennes et russes et refuse de parler d’un cessez-le-feu tant que les rebelles n’acceptent pas ses conditions, à savoir déposer les armes et la libérer tous les «prisonniers» qu’ils détiennent alors que Moscou préconise un cessez-le-feu inconditionnel précédant les pourparlers.

Les nombreuses apparitions ces derniers jours du président ukrainien en tenue de camouflage ont bien souligné sa volonté de ne pas négocier avec les rebelles tant que ceux-ci n’auront pas déposé les armes et tant que Kiev ne contrôlera pas la frontière avec la Russie à travers laquelle les insurgés peuvent recevoir aide, armes et munitions.

À l’ONU, Moscou a proposé pour sa part au Conseil de sécurité l’ébauche d’une future résolution qui exigerait de Kiev et des insurgés prorusses un cessez-le-feu et donnerait un rôle plus important à l’OSCE.

Mais cette idée semble difficile à accepter pour l’Ukraine, qui craint l’instauration permanente dans l’Est d’un mini-État client de la Russie, à l’image de l’Abkhazie en Géorgie ou de la Transdniestrie en Moldavie et qui, encouragé par ses succès militaire, malgré le prix à payer, privilégie maintenant de plus en plus clairement la solution militaire.

Et, semble-t-il, il y fort à craindre qu’il en sera ainsi jusqu’au prochain revers majeur, si revers il devait y avoir.