Libye: en attendant le nouveau Parlement, combats à Tripoli et Benghazi

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Une casquette ensanglantée sur un banc après le jet d'un engin explosif dans une école privée à Benghazi, dans l'est de la Libye, le 5 février 2014 (Abdellah Doma/AFP)
Une casquette ensanglantée sur un banc après le jet d’un engin explosif dans une école à Benghazi, le 5 février 2014 (Archives/Abdellah Doma/AFP)

Les habitants de Tripoli et de Benghazi ont peur. Des combats autour de l’aéroport de la capitale libyenne se poursuivaient mercredi ainsi que dans la deuxième ville du pays.

Fermé depuis le 13 juillet dernier en raison des combats opposant des milices rivales qui ont fait plus au moins une cinquantaine de morts, l’aéroport de Tripoli est de nouveau le théâtre d’affrontements qui se sont intensifiés ce mercredi, et ce, malgré l’«appel urgent [du gouvernement de transition]à un arrêt immédiat» des combats pour permettre aux autorités de fournir l’assistance aux civils.

Plusieurs explosions ont ainsi étaient entendues depuis le centre de la capitale et des colonnes de fumée visibles au dessus du secteur de l’aéroport.

Depuis la chute du régime Kadhafi en 2011, ces affrontements sont les plus violents à Tripoli.

Ils ont éclaté après une attaque menée par un groupe armé composé de combattants islamistes et d’ex-rebelles de la ville de Misrata (200 km à l’est de Tripoli) qui tente de chasser de l’aéroport les ex-rebelles de Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli), anciens compagnons d’armes.

Les dégâts à l’aéroport et aux avions sur le tarmac sont importants et estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. Au moins trois avions ont été complètement détruits et une douzaine d’autres partiellement endommagés.

Pour des analystes libyens, ces combats font partie des luttes d’influence entre régions mais aussi entre courants politiques, au moment où le nouveau Parlement issu des élections législatives du 25 juin, s’apprête à prendre le pouvoir.

Selon des élus et des observateurs, les libéraux auraient remporté plus de sièges que les islamistes, qui tentent désormais de marquer des points sur le terrain militaire.

Le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique et législative du pays, a annoncé mercredi qu’il allait remettre le pouvoir à la nouvelle Chambre le 4 août, selon une décision publiée sur son site.

En effet, le nouveau Parlement doit siéger à Benghazi, chef-lieu de l’est libyen et bastion de la révolution de 2011, selon une loi adoptée par le CGN. Les élus sont toutefois divisés, certains d’entre-eux refusant de se rendre à Benghazi en raison de violences quasi-quotidiennes dans cette ville.

Juste cette semaine, au moins 43 personnes sont mortes dans une nouvelle escalade de violences à Benghazi.

Un double attentat suicide sur une base militaire des forces spéciales a tué au moins cinq soldats mardi soir dans le sud-est de la ville, selon l’armée.

Des accrochages entre armées et groupes islamistes avaient eu lieu la veille.

Wanis Abou Khamada, le commandant des Forces spéciales de l’armée à Benghazi, a promis de «traquer les terroristes où ils sont», appelant toutes les unités militaires de l’est du pays à se joindre à la bataille de Benghazi.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». En Afghanistan, en Haïti, en Europe de l'est, dans l'Arctique, aux États-Unis, ou un peu partout au Canada, il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action.