Libye: la base des Forces spéciales à Benghazi aux mains des islamistes

Des militaires libyens à Benghazi, le 31 juillet 2013 (Archives/AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Des militaires libyens à Benghazi, le 31 juillet 2013 (Archives/AFP)
Des militaires libyens à Benghazi, le 31 juillet 2013 (Archives/AFP)

Le quartier général de l’unité des Forces spéciales de l’armée libyenne, principale base militaire à Benghazi, est tombée mardi aux mains de groupes islamistes après plusieurs jours de combats meurtriers, alors que, ce même jour à Tripoli, un député et ancien vice-Premier ministre libyen, Mustapha Abou Chagour, a été enlevé et libéré quelques heures plus tard.

Le Conseil de Choura des révolutionnaires de Benghazi, une alliance de groupes islamistes et djihadistes, a annoncé dans un communiqué avoir pris le contrôle du quartier général des forces spéciales.

Une source militaire a confirmé également selon ce que rapporte l’AFP que la base principale des forces spéciales est tombée mardi aux mains de ces groupes dont celui d’Ansar Asharia, désigné organisation terroriste par Washington.

Les forces spéciales sous le commandement du (colonel) Wanis Abou Khamada se sont retirées suite à plusieurs attaques, selon la même source.

Les combats font rage depuis une semaine à Benghazi, faisant une soixantaine de morts depuis samedi, selon des sources médicales.

Il s’agit de la plus grande perte pour l’armée libyenne depuis le début des affrontements qui font rage dans ce pays qui peine à se reconstruire depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le Conseil de Choura des révolutionnaires de Benghazi avait aussi annoncé le week-end dernier avoir pris le contrôle d’autres sites militaires de l’armée.

L’unité des Forces spéciales est une des rares brigades de l’armée régulière en Libye. Elle avait annoncé son soutien aux opérations du général dissident Khalifa Haftar qui mène depuis le 16 mai une opération contre les groupes terroristes à Benghazi.

Accusé par ses détracteurs de mener un coup d’État, il bénéficie du soutien de plusieurs unités de l’armée régulière, dont les forces de l’armée de l’air.

Un avion militaire engagé dans des combats au côté du général Haftar s’est écrasé mardi matin à Benghazi sans qu’on sache s’il s’agit d’une panne technique ou s’il a été abattu.

Dépassé, le gouvernement libyen a appelé mardi à l’arrêt des combats à Benghazi, déplorant la situation dramatique des habitants de la ville.

Libération d’un député enlevé

Par ailleurs, à Tripoli, le député et ancien vice-Premier ministre libyen, Mustapha Abou Chagour, enlevé mardi à Tripoli par un groupe armé, a été libéré quelques heures après le rapt, rapporte l’AFP.

Sa famille avait indiqué plus tôt que des hommes à bord de trois voitures l’avait enlevé dans sa maison et conduit vers une destination inconnue.

Aucun groupe n’a revendiqué cet enlèvement pour le moment.

Abou Chagour, qui se présente comme un indépendant, a été élu député lors des dernières législatives du 25 juin et devait entrer en fonction à partir du 4 août, date prévue pour la première réunion de la nouvelle Chambre des représentants qui doit remplacer le Congrès général national (CGN, Parlement), la plus haute autorité politique et législative du pays.

Abou Chagour a aussi été vice-Premier ministre dans le premier gouvernement post-révolution d’Abdelrahim al-Kib, de novembre 2011 à novembre 2012.

Les enlèvements et assassinats se sont multipliés en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, visant des responsables, des politiciens, des militants des droits de l’Homme et des journalistes.

Réagissant aux combats meurtriers faisant rage ces derniers jours entre milices rivales à Tripoli, la France a annoncé mardi son intention d’évacuer ses ressortissants, après la décision de plusieurs États occidentaux dont le Canada, les États-Unis, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas d’évacuer leur personnel diplomatique.

*Avec AFP