Nigeria: 53 islamistes et six militaires tués dans des combats

Les restes d'une maison à Kawuri, le 28 janvier 2014 où une attaque a tué plusieurs dizaines de personnes dimanche 26 janvier (AFP)
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Des policiers et des soldats au milieu de décombres dans le village de Kawori, attaqué en janvier 2014 (Archives/Ladi Tunji/AFP)
Des policiers et des soldats au milieu de décombres dans le village de Kawori, attaqué en janvier 2014 (Archives/Ladi Tunji/AFP)

L’armée nigériane a annoncé samedi avoir tué 53 insurgés islamistes et avoir perdu six hommes dans des affrontements en représailles à une attaque à Damboa, ville située dans le nord-est du Nigeria. Cette région est prise pour cible quasi quotidiennement par la secte Boko Haram.

Les islamistes ont commencé par lancer une attaque contre une caserne et le commissariat de police de cette ville de l’Etat de Borno vendredi soir, ce qui a entraîné une riposte de l’armée, a expliqué un porte-parole des armées, dans un communiqué.

«53 terroristes ont été tués […] et au total, cinq soldats et un gradé ont également été tués» dans des camps à Bulungu et Miyanti, selon le communiqué.

Ont également été détruits une décharge utilisée pour stocker le carburant et les véhicules, sept motos et des camions. En outre, 15 fusils, 11 mitrailleuses et des munitions appartenant aux terroristes ont été confisqué par les troupes.

D’après des témoins interrogés au téléphone, les insurgés étaient nombreux et très lourdement armés, et sont arrivés à bord de quatre blindés saisis par la suite par l’armée. Les témoins estiment que le bilan est sans doute plus lourd tant du côté des civils que des militaires.

«La moitié de Damboa a été brûlée, dont le commissariat de police, les gens fuient la ville», a rapporté un habitant sous couvert d’anonymat, une information qui fait écho à d’autres témoignages.

L’armée nigériane, très critiquée pour son impuissance face à l’insurrection sanglante du groupe islamiste armé Boko Haram, a tendance a faire état d’un bilan exagéré des morts du côté des insurgés et à minimiser les pertes civiles.

Le communiqué fait aussi état d’un attentat-suicide à Konduga, également dans l’Etat de Borno, qui a fait quatre morts outre son auteur vendredi. « Un kamikaze a foncé dans un checkpoint à bord d’une Golf, trouvant la mort et causant celle d’un policier et de trois membres d’une milice locale », a dit le porte-parole de l’armée.

Les islamistes sont accusés d’avoir tué des milliers de personnes depuis 2009. Mais depuis le début de l’année, leurs actions se sont multipliées, et ont causé la mort de plus de 2500 personnes, selon des estimations de défenseurs des droits de l’homme.

Le président Goodluck Jonathan a déclaré vendredi que le pays était entré dans l’une des phases les plus sombres de son histoire, en visitant les lieux d’un attentat à la bombe qui a tué 21 personnes dans un quartier chic de la capitale deux jours plus tôt.