Ouganda: des affrontements font au moins 65 morts près de la frontière congolaise

Des soldats des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) patrouillent dans les rues de Kampala le 3 juillet 2014 (Peter Busomoke/AFP)
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Des soldats des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) patrouillent dans les rues de Kampala le 3 juillet 2014 (Peter Busomoke/AFP)
Des soldats des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) patrouillent dans les rues de Kampala le 3 juillet 2014 (Peter Busomoke/AFP)

Des affrontements entre des soldats des troupes ougandaises et des hommes armés ont fait 65 morts, dont 54 assaillants armés, dans l’ouest du pays dans des violences dont ignore encore la cause, mais que les autorités refusent d’imputer à un quelconque groupe rebelle, pointant plutôt des tribus locales et les tensions communautaires.

Les événements qui ont débuté samedi, ont eu lieu près de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), théâtre récemment d’affrontements entre chrétiens et musulmans et où est actif le groupe rebelle islamiste ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF),

Mais, comme il est fréquent dans ces cas là, comme on l’a vu aujourd’hui encore dans le pays voisin, le Kenya, les autorités refusent de reconnaître que ces attaques puissent être liées à un quelconque groupe rebelle.

Les forces de sécurité ougandaise accusent plutôt des tribus locales et pointent des tensions communautaires pour expliquer le drame.

«Jusqu’à présent 54 assaillants ont été mis hors d’état de nuire, et 40 de leurs collègues ont été capturés et sont détenus, ce qui ramène le calme dans la région», a déclaré un porte-parole régional de l’armée cité par l’agence française, le lieutenant Ninsiima Rwemijuma. «Nous ratissons toujours la zone à la recherche de bandits qui pourraient se cacher», a ajouté le lieutenant.

Les affrontements ont éclaté quelques heures après que l’armée eut annoncé avoir tué une personne suspectée d’avoir participé à une attaque menée par des musulmans contre une église dans une région frontalière il y a deux semaines.

Au cours de ce raid, une femme avait été décapitée et sa tête avait été placée sur l’autel de l’église. Cette attaque avait selon les médias locaux conduit des chrétiens à lancer des opérations de représailles contre les musulmans.

L’ADF-Nalu

Quoi qu’il en soit, le Conseil de sécurité de l’ONU a toutefois décidé pour sa part cette semaine d’imposer des sanctions [embargo sur les armes, gel des avoirs, interdiction de voyager] à l’ADF, connue aussi sous le nom d’ADF-Nalu (Armée nationale de libération de l’Ouganda).

Les ADF-Nalu (de l’anglais Allied Denmocratic Forces», était au départ un groupe armé ougandais créé en 1995 essentiellement composé d’islamistes s’opposant d’opposition au président ougandais Yoweri Museveni fondé en 1995.

Mais le mouvement rebelle ougandais compte aussi maintenant plusieurs centaines combattants établis en RDC depuis 2005.

En mars dernier, la MONUSCO avait intensifié la lutte menée contre les rebelles de l’ADF.

Ce groupe est accusé de recruter des enfants-soldats, de commettre de nombreuses exactions, dont des violences sexuelles, contre des femmes et des enfants. Il aurait aussi participé à des attaques contre les Casques bleus de la MONUSCO, la mission de l’ONU dans la région du Kivu (est de la RDC), qui abrite une myriade de groupes rebelles.

*Avec AFP