PRISM: un programme «légal», un rapport de transparence opaque

Des experts à leur poste au Centre d'opérations des menaces à l'agence américaine de renseignement NSA le 25 janvier 2006 à Fort Mead, dans le Maryland (Archives/Paul J. Richards/AFP)
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Des experts à leur poste au Centre d'opérations des menaces à l'agence américaine de renseignement NSA le 25 janvier 2006 à Fort Mead, dans le Maryland (Archives/Paul J. Richards/AFP)
Des experts à leur poste au Centre d’opérations des menaces à l’agence américaine de renseignement NSA le 25 janvier 2006 à Fort Mead, dans le Maryland (Archives/Paul J. Richards/AFP)

Marquée par de récents scandales PRISM et autres révélations d’Edward Snowden, la National Security Agency (NSA) vient de publier son premier rapport de transparence, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est… opaque!

Le nouveau dispositif de communication de la NSA avait été mis en place par le gouvernement Obama comme une promesse afin de calmer les critiques suite aux révélations d’un ancien employé, Edward Snowden.

Pour l’agence, ce rapport vise à clarifier ses opérations de surveillance auprès des citoyens américains dans un premier temps, mais aussi vis-à-vis des pays alliés des États-Unis. Ce rapport doit présenter, en chiffres, les activités de surveillance de l’Agence.

Pour l’année 2013, la NSA publie bien des chiffres, mais sans jamais donner de détails. Point de véritable «transparence» donc, mais plutôt un ultime pied de nez aux détracteurs des agences d’espionnage.

Ainsi on apprend que 1.144 «cibles» ont été surveillées à l’étranger dans le cadre de la loi FISA, et que 89.138 cibles ont été surveillées par l’Agence sans que l’on connaisse réellement leur identité (section 702 de la loi FISA), soit des écoutes larges non ciblées sur une personne unique…

Difficile de comprendre justement ce terme de «cibles». Il peut s’agir de personnes, de groupes ou encore d’entreprises. Les chiffres présentés par la NSA sont donc plus que flous…

Google a formulé cette même critique et estime que le rapport devrait plutôt comptabiliser des «comptes utilisateurs» que des «cibles». Néanmoins, le géant du web salue cette publication qui constitue «un premier pas» dans «la bonne direction».

dossier_espionnage

Un programme légal

Le programme de surveillance PRISM a justement été qualifié de légal dans un autre rapport publié mardi par une commission indépendante, fruit d’une enquête déclenchée par les révélations d’Edward Snowden en 2013.

«La commission conclut que la collecte PRISM est clairement autorisée par la loi», écrit en conclusion d’un rapport préliminaire de 196 pages la commission Privacy and Civil Liberties Oversight Board (PCLOB).

Celle-ci est constituée de cinq membres et chargée par le Congrès et le président Barack Obama d’enquêter sur la légalité et la constitutionnalité de plusieurs programmes de surveillance de l’Agence nationale de sécurité (NSA), où travaillait Edward Snowden.