Ukraine: avion civil avec 295 personnes à son bord abattu, la tension grimpe dangereusement (PHOTOS)

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Dans le conflit qui oppose l’Ukraine à la Russie, la tension monte dangereusement ce jeudi 17 juillet avec les nouvelles sanctions occidentales et, surtout américaines, que Moscou jugent illégitimes et scandaleuses, les accusations ukrainiennes contre l’aviation russe d’avoir abattu encore un de leurs appareils militaires, que les Russes qualifient de mensongères, et l’écrasement ce matin d’un appareil de la Malaysia Airlines, abattu selon Kiev alors qu’il survolait le territoire ukrainien.

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Mise à jour au 18/07/2014 à 14h38

Le Canadien victime du crash du vol MH-17 est un jeune étudiant ontarien de 24 ans, Andrei Anghel, qui devait se rendre à Bali pour des vacances, rapporte la Presse Canadienne.

Plusieurs scientifiques qui se rendaient à une conférence sur le sida en Australie figurent aussi parmi les victimes. Au moins 189 des victimes venaient des Pays-Bas. Outre le Canadien, 29 Malaisiens, 28 Australiens, 12 Indonésiens, neuf Britanniques, quatre Allemands, quatre Belges, trois Philippins, le Canadien, un Néo-Zélandais et un Hongkongais se trouvaient à bord de l’appareil, selon le transporteur et les différents gouvernements. La nationalité de deux autres passagers restait encore à confirmer.

Le gouvernement ukrainien, les militants prorusses et le gouvernement russe continuent tous à nier avoir joué un rôle dans l’attaque.

Mise à jour du 17/07/2014 à 20h30
Le Premier ministre Stephen Harper a déclaré être «bouleversé et attristé d’apprendre qu’un avion de ligne de Malaysia Airlines, parti des Pays-Bas à destination de Malaisie, a été abattu dans l’est de l’Ukraine, tuant tout le monde à bord. Selon les rapports, nous croyons comprendre qu’il y a un citoyen canadien parmi les victimes».

à 18h00
Les renseignements américains affirment que l’avion a bel et bien était descendu par un missile sol-air. 

«Le ministre de la Défense» des séparatistes Igor Strelkov a indiqué sur sa page Vkontakte (Facebook russe) que les rebelles avaient abattu un avion de transport militaire ukrainien An-26 à peu près à l’heure et dans la zone de l’écrasement de l’avion de ligne malaisien avec 298 personnes à bord.

Les services de sécurité ukrainiens ont également publié dans la soirée l’interception de ce qu’ils ont présenté comme une conversation entre deux chefs rebelles après l’examen du lieu du écrasement.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a indiqué qu’il tiendra une réunion d’urgence vendredi à New York à partir de 10h.

à 15h00
Joe Biden offre au Président ukrainien Porochenko l’aide de Washington pour enquêter sur le crash.

à 14h07
Les services d’urgence russes demandent à Kiev l’autorisation de participer aux opérations de sauvetage.

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Ce matin, la Malaysia Airlines a perdu le contact avec son vol MH17 en provenance d’Amsterdam à destination de Kuala Lumpur, alors qu’il survolait le territoire ukrainien.

L’aviation russe aurait aussi abattu mercredi un avion de combat ukrainien Su-25 «en mission au-dessus du territoire ukrainien», a aussi accusé le Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien. Le pilote a réussi à s’éjecter.

L’Ukraine avait déjà auparavant accusé la Russie d’avoir abattu un avion de transport militaire An-26, tombé lundi non loin de la frontière russe. Quatre des huit membres d’équipage de ce dernier appareil ont été secourus, deux ont été faits prisonniers et deux ont péri, toujours selon Kiev.

Aujourd’hui, un conseiller du gouvernement ukrainien, Anton Gerashenko, a confirmé sur Facebook que un avion transportant 295 personnes a été abattu au-dessus d’une ville de l’est du pays.

Le président ukrainien Petro Porochenko a tout de suite appelé à la création d’une commission gouvernementale avec l’OACI, l’Organisation de l’aviation civile internationale et d’autres organisations internationales ainsi que des représentants des Pays-Bas et la Malaisie.

La Russie n’a pas réagi officiellement aux déclarations ukrainiennes concernant les deux avions militaires abattus, mais «La Russie n’est pas impliquée dans le conflit interne qui se déroule dans l’est de l’Ukraine et n’envisage pas d’y prendre part», a quant à lui déclaré à Moscou Igor Korottchenko, directeur du Centre d’analyse du commerce mondial d’armes (Moscou), accusant Kiev de mentir à des fins de propagande.

Selon l’expert, cité par l’agence russe Ria-Novosti, les insurgés, qui se sont emparées dès le début du conflit d’un grand nombre de lance-roquettes antiaériens et de plusieurs systèmes de missiles sol-air Bouk, sont fort capables d’abattre eux mêmes les avions ukrainiens qui les menacent.

«Les armes dont disposent les rebelles leur permettent de détruire les avions et les hélicoptères ukrainiens volant à différentes altitudes. Le Su-25 a donc été abattu par les insurgés à l’aide de leurs systèmes de DCA», a conclu l’expert russe.

Par contre, en ce qui a trait à l’avion de la Malaysia Airlines, l’appareil aurait plutôt été abattu par un avion ukrainien lui même descendu par les forces prorusses, selon les insurgés. Des responsables régionaux à Donetsk dans l’est de l’Ukraine ont confirmé pour leur part que l’avion s’était écrasé prés de la ville de Chakhtarsk.

Chose certaine, personne n’a intérêt à abattre délibérément un avion civil avec des centaines de passagers innocents à son bord. En revanche, si c’est une bavure, il reste à savoir qui en est l’auteur.

Par ailleurs, sur le front des sanctions économiques, le Parlement européen a suivi le mouvement en appelant à un embargo sur les ventes d’armes à la Russie, qui devrait rester en vigueur «jusqu’à ce que la situation dans l’Est de l’Ukraine se soit normalisée».

Les Russes dénoncent les sanctions

Moscou a dénoncé avec virulence aux nouvelles sanctions américaines et européennes prises à son encontre mercredi.

Washington a ajouté à sa liste noire le géant pétrolier russe Rosneft, dont les avoirs aux États-Unis sont gelés, tandis que les entreprises américaines ne seront plus autorisées à mener des transactions avec lui.

La banque du géant gazier russe Gazprom, Gazprombank, et la banque publique russe VEB, qui compte le Premier ministre russe Dmitri Medvedev parmi ses dirigeants, figurent également parmi les nouvelles cibles américaines.

Les Européens, pour leur part, ont pris des sanctions de moindre ampleur, gelant notamment des programmes menés en Russie par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a tout de suite qualifié cette nouvelle vague de sanctions de «scandaleuse» et «totalement inacceptable», promettant une riposte «qui sera reçue à Washington de manière douloureuse».

Cette réaction a été suivie également dans la nuit par celle du président russe Vladimir Poutine, qui a évoqué une «impasse» et les «graves dommages» causés aux relations russo-américaines.

Aujourd’hui, le premier ministre russe Dmitri Medvedev a déclaré quant à lui que les sanctions «unilatérales» imposées par Washington sont illégitimes.

«Les sanctions visant les sociétés russes sont dans l’ensemble illégitimes tant qu’elles ne sont pas basées sur une décision des Nations unies, c’est-à-dire qu’elles sont imposées de façon arbitraire», a-t-il déclaré, ajoutant que «Les sanctions américaines à l’encontre Moscou alimenteront le sentiment anti-américain dans la société russe», qui «se consolidera davantage» face à ceux qui cherchent à «contraindre la Russie» et à «agir contre les intérêts de ses citoyens».

Et, faisant écho aux déclarations de Medvedev, les sanctions imposées par l’Occident contre Moscou pousseront les sociétés russes à chercher des partenaires à l’est, a indiqué pour sa part ce jeudi le président de l’Institut de la stratégie nationale Mikhaïl Remizov, cité par les agences russes.