Washington accuse Moscou d’avoir violé un traité de contrôle des armes

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Photo de ce que l'organe de presse officiel du parti unique nord-coréen présente vendredi 27 juin 2014 comme un nouveau missile super-précis nouvellement développé (Rodong Sinmun)
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Un missile de croisière Minuteman III américain lancé de la base Vandenberg, en Californie (Archives/US Air Force)
Un missile de croisière Minuteman III américain lancé de la base Vandenberg, en Californie (Archives/US Air Force)

Les États-Unis ont accusé la Russie d’avoir violé un traité de contrôle des armes datant de 1987 en testant un missile de croisière, selon un responsable américain lundi.

Ce responsable ayant souhaité conserver l’anonymat a précisé à l’AFP que Washington avait soulevé «cette question très sérieuse» à plusieurs reprises avec la Russie.

Washington aimerait à présent voir la Russie se conformer au traité de 1987 et qu’elle élimine toute arme interdite de manière à ce que cela puisse être vérifié, a ajouté cette source.

Signe de l’importance que les États-Unis accordent à ce sujet, Barack Obama a écrit à son homologue Vladimir Poutine pour évoquer ce dossier.

Ce test de missile remonte à plusieurs mois. En janvier, Washington avait déjà exprimé ses inquiétudes à propos d’un test de missile par la Russie, violant le traité bilatéral. Washington avait alors souligné auprès de Moscou «la possibilité (…) d’une violation» de ce traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (Traité FNI), signé le 8 décembre 1987 par les États-Unis et l’URSS.

Le New York Times affirmait même sur la foi de sources officielles américaines que Moscou avait commencé à tester un nouveau missile dès 2008.

Ce Traité, entré en vigueur le 1er juin 1988 entre les États-Unis et l’URSS (avant de devenir un traité multilatéral à l’éclatement de l’Union soviétique), «oblige les deux États parties à détruire, trois ans au plus tard après l’entrée en vigueur du Traité, tous leurs missiles balistiques et de croisière lancés à partir du sol ayant une portée comprise entre 500 et 1000 kilomètres et ceux dont la portée est comprise entre 1000 et 5500 kilomètres», selon l’ONU.

Washington a aussi souligné lundi soir être prêt à entamer un dialogue bilatéral au plus haut niveau immédiatement, dans le but de s’assurer que la Russie va se conformer à ses obligations.

Les États-Unis vont de toute façon consulter leurs alliés sur la question, et le Congrès américain a également été tenu informé, a encore noté le responsable américain interrogé.

Ces révélations interviennent alors que les relations entre les États-Unis et la Russie sont déjà particulièrement tendues en raison de la crise en Ukraine.