Xi Jinping à Séoul: un message fort à Tokyo et Pyongyang

Le président chinois Xi Jinping (c) avec son homologue sud-coréenne Park Geun-hye (g) lors d'une cérémonie de bienvenue à Séoul, le 3 juillet 2014 (Kim Hong-Ji/AFP)
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Le président chinois Xi Jinping (c) avec son homologue sud-coréenne Park Geun-hye (g) lors d'une cérémonie de bienvenue à Séoul, le 3 juillet 2014 (Kim Hong-Ji/AFP)
Le président chinois Xi Jinping (c) avec son homologue sud-coréenne Park Geun-hye (g) lors d’une cérémonie de bienvenue à Séoul, le 3 juillet 2014 (Kim Hong-Ji/AFP)

Le président chinois Xi Jinping est arrivé à Séoul avec son épouse Peng Liyuan ce jeudi pour un sommet avec la présidente sud-coréenne Park Geun-hye dans un contexte de menaces nucléaires nord-coréennes et de ce que les Sud-Coréens appellent les «provocations» du Japon.

Les armes nucléaires de la Corée du Nord et la «droitisation» du Japon seront les principaux sujets du cinquième sommet Corée du Sud-Chine qui aura lieu à Séoul durant la visite d’État de deux jours de Xi, écrit l’agence sud-coréenne Yonhap.

Un message fort à Shinzo Abe

Le Japon a récemment révisé la déclaration de Kono, qui avait reconnu que des femmes de la Corée et d’autres pays asiatiques ont été forcées à devenir des esclaves sexuelles pour les troupes japonaises durant la Seconde Guerre mondiale, en disant que les excuses de 1993 ont été ajustées par Séoul et Tokyo, suggérant donc qu’elles n’étaient pas basées sur des faits historiques, se plaint la Corée du Sud.

Le gouvernement de Shinzo Abe a également décidé de réinterpréter la Constitution pacifiste japonaise de façon à pouvoir autoriser les forces armées nippones à participer à des opérations militaires extérieures afin d’aider ses alliés.

La Chine et la Corée du Sud voient cette décision d’un très mauvais œil et les dirigeants sud-coréens ont réitéré mardi leur position sur le «droit à l’autodéfense collective» du Japon en affirmant avec force que les actions affectant la sécurité de la péninsule coréenne et l’intérêt national exigent l’approbation du gouvernement sud-coréen.

À l’issue du sommet, une réaction conjointe et un message d’avertissement contre les «provocations du gouvernement japonais» feront également partie de la déclaration conjointe, rapporte l’agence sud-coréenne.

Un message non moins fort à Kim Jong-un

Par ailleurs, la Corée du Nord a encore fait une une «démonstration de force» à l’approche de la visite à Séoul du président chinois Xi Jinping en tirant dimanche deux missiles balistiques qui ont échoué en mer au large de la côte orientale.

Pékin est l’allié traditionnel de Pyongyang, à qui il fournit une aide économique essentielle à sa survie et c’est la première fois, depuis presque 20 ans, qu’un président chinois visite la Corée du Sud avant le Nord.

En outre, ce jeudi, premier jour de la visite du président chinois en Corée du Sud, le régime de Pyogyang a promis de continuer ses essais de missiles tactiques guidés tout en revendiquant son droit à l’autodéfense face aux «menaces de guerre des États-Unis».

Le Nord avait aussi envoyé deux missiles, probablement des Scud, le 29 juin et trois projectiles à courte portée le 26.

Aujourd’hui, porte-parole du ministère sud-coréen de l’Unification, Kim Eui-do, a déclaré en conférence de presse que le régime communiste devait mettre un terme à ses provocations afin d’apaiser la tension sur la péninsule coréenne.

Le comportement de son imprévisible allié nord-coréen irrite de plus en plus la Chine et, en donnant la primeur de sa visite de la péninsule coréenne à Séoul, Xi Jinping envoie un message clair à Pyongyang.

D’ailleurs, la Chine a beau être le principal, pour ne pas dire le seul allié de la Corée du Nord, Xi Jinping n’a pas rencontré le leader nord-coréen Kim Jong-Un depuis que ce dernier a succédé à son père Kim Jong-Il, décédé en décembre 2011.

Selon l’agence sud-coréenne, au terme de la visite du président chinois en Corée du Sud, la déclaration conjointe devrait donc inclure un accord entre les deux parties pour régler le contentieux entre les deux Corées à travers des négociations pacifiques.

L’économie a ses raisons…

La décision chinoise de privilégier Séoul lors de ce voyage se fonde aussi sur des raisons économiques.

Les deux côtés signeront aussi à cette occasion une série d’accords appelant parmi d’autres choses au renforcement des échanges et de la communication stratégique entre officiels de haut niveau et à la conclusion rapide des négociations en vue de l’accord de libre-échange (ALE) entre les deux pays et de l’ouverture des marchés des devises pour faciliter les transactions directes wons-yuans.

Le volume commercial entre la Corée du Sud et son plus grand partenaire commercial, la Chine, s’est élevé à 228,9 milliards de dollars l’année dernière, selon des données officielles du gouvernement sud-coréen, un volume plus de quarante fois plus important que celui entre la Chine et la Corée du Nord.

La visite conforte la relation entre les chefs d’Etat chinois et sud-coréen, un an après la venue à Pékin de Park Geun-Hye où elle avait été reçue par le président chinois avec des faveurs remarquées, dont les honneurs militaires au Grand palais du Peuple place Tiananmen.

Tout ça pendant que Kim Jong-un ne trouve rien de mieux à faire que de tirer des missiles et capturer des touristes…