Accusé d’agression sexuelle, l’adjudant André Gagnon plaide non coupable

Le juge-avocat général des Forces canadiennes exerce son autorité sur tout ce qui touche à l'administration de la justice militaire au sein des FC (Photo: Office du JAG)
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Le juge-avocat général des Forces canadiennes exerce son autorité sur tout ce qui touche à l'administration de la justice militaire au sein des FC (Photo: Office du JAG)
Le juge-avocat général des Forces canadiennes exerce son autorité sur tout ce qui touche à l’administration de la justice militaire au sein des FC (Photo: Office du JAG)

Lors de la cour martiale générale qui s’est tenue ce lundi 11 août à Québec, l’adjudant Gagnon a décidé de plaider non coupable à une accusation d’agression sexuelle.

Les faits se seraient déroulés le 15 décembre 2011 lors d’un dîner de Noël, au manège militaire du Régiment de la Chaudière.

L’adjudant fait face à un chef d’accusation d’agression sexuelle, une infraction prévue à l’article 130 de la Loi sur la défense nationale, et en contravention au paragraphe 271(a) du Code criminel.

C’est Stéphanie Raymond qui a porté plainte contre l’adjudant en 2011. L’ex caporale affirme avoir été agressée sexuellement par son supérieur qui aurait ignoré ses nombreux refus.

«Je ne suis pas intéressée.» «Tu me fais mal.» «Non, s’il te plaît, je ne suis pas d’accord pour continuer.» Tels sont les mots qu’elle aurait pourtant prononcés à plusieurs reprises…

Après ce qu’elle décrit comme deux ans d’enfer et de représailles, Stéphanie Raymond a finalement été renvoyée de l’armée après 13 ans de service parce qu’elle était devenue, selon elle, un fardeau administratif, mais elle a pu enfin avancer, avec l’acceptation de sa plainte et l’accusation portée contre l’adjudant, sur la base de nouveaux éléments de preuve.

Elle doit témoigner devant la cour martiale, se mardi 12.

Cette cour martiale sera, à n’en pas douter, particulièrement suivie par les médias et la hiérarchie militaire, alors que les agressions sexuelles dans les Forces armées canadiennes ont été dénoncées avec force avec la publication d’un dossier dans le magazine L’Actualité qui avait fait grand bruit au printemps dernier.

Le chef d’État-major de la défense, le général Tom Lawson, avait fermement condamné ce type de comportements, mais avait aussi nié que cela faisait partie de la «culture militaire».

Depuis lors, la Défense nationale a annoncé que l’ancienne juge de la Cour suprême Marie Deschamps a accepté de procéder à un examen externe indépendant sur la façon dont les militaires canadiens agissent avec l’inconduite sexuelle.

Elle devrait soumettra un rapport avec des recommandations au chef d’état-major de la Défense d’ici le printemps 2015.

Avec l’adjudant qui plaide non-coupable, une cour martiale qui va s’étirer dans le temps avec le risque que les Forces soient un peu plus éclaboussées, des têtes risquent de tomber, à n’en pas douter.

On en saura très probablement plus long sur les circonstances des événements avec le témoignage de la victime présumée qui commencera demain, mardi.