Boko Haram proclame un califat dans le nord du Nigeria

Capture d'écran d'une vidéo du 25 septembre 2013 qui montrerait le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, au centre, entouré de partisans (Archives/AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Photo tirée d'une vidéo diffusée le 13 juillet 2014 par Boko Haram montrant le leader du groupe islamiste nigérian, Abubakar Shekau au centre (AFP)
Photo tirée d’une vidéo diffusée le 13 juillet 2014 par Boko Haram montrant le leader du groupe islamiste nigérian, Abubakar Shekau au centre (Archives/AFP)

Abubakar Shekau, chef du groupe islamique armé Boko Haram,  a placé sous le règne du «califat islamique» une ville du nord-est du Nigeria prise par ses hommes.

«Ils appellent (ce pays) le Nigeria». «Nous sommes dans le califat islamique. Nous n’avons rien à faire avec le Nigeria», déclare Shekau, dans une vidéo de 52 minutes, qualifié de «terroriste à l’échelle mondiale» par les États-Unis qui ont mis à prix sa tête pour 7 millions $.

«Nous n’allons pas quitter la ville (de Gwoza). Nous sommes venus pour rester», affirme plus loin dans la vidéo un autre militant, non-identifié.

Boko Haram, qui mène une insurrection armée depuis cinq ans, principalement dans le nord-est défavorisé du Nigeria, s’est fait connaître du monde entier en y enlevant plus de 200 lycéennes (dont on est toujours sans nouvelles) en avril à Chibok. Ce kidnapping avait suscité une indignation et un mouvement de soutien planétaires.

Dans une précédente vidéo diffusée mi-juillet, Abubakar Shekau avait apporté son soutien au chef de l’Etat islamique Abou Bakr Al-Baghdadi, qui contrôle de larges pans de territoires en Irak et en Syrie et a été proclamé par son groupe «calife» de tous les musulmans.

Mais Shekau ne mentionne pas Al-Baghdadi dans sa dernière vidéo de ce dimanche, et n’explique pas plus précisément s’il se range sous la bannière d’Al-Baghdadi ou s’il évoque un nouveau califat au Nigeria.

Au 19e siècle, dans une région couvrant le nord de l’actuel Nigeria, avait existé le puissant califat de Sokoto, indépendant de l’Empire ottoman.

L’armée nigériane a rejeté immédiatement la proclamation du califat, affirmant «intactes» «la souveraineté et l’intégrité territoriale» du Nigeria.

«Cette proclamation est vide de sens. La souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Etat nigérian sont intactes», déclare dans un communiqué le porte-parole des armées Chris Olukolade.

Le groupe armé s’est également emparé jeudi d’une nouvelle ville dans le nord-est du Nigeria, Buni Yadi.