Cour martiale à Québec: la poursuite fait mouche, l’adjudant Gagnon touché!

L'adjudant André Gagnon et l'avocat de la défense, major Philippe-Luc Boutin. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
L'adjudant André Gagnon et l'avocat de la défense, major Philippe-Luc Boutin. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
L’adjudant André Gagnon et l’avocat de la défense, major Philippe-Luc Boutin. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Les attaques ont été rudes et multiples. La procureure de la poursuite, lieutenant-colonel Marylène Trudel, n’a pas épargné l’adjudant André Gagnon au cinquième jour de son procès en cour martiale.

Débutant le contre-interrogatoire en rappelant les faits qui se sont déroulés lors du party de Noël de décembre 2011 au Vieux-Duluth, Me Trudel a tout d’abord démontré que les personnes présentes, incluant l’adjudant Gagnon, était particulièrement ivres. «Vous avez amenés deux bouteilles de votre vin maison, et puis vous avez demandé […] d’acheter une ou deux bouteilles supplémentaires?», a-t-elle demandé à André Gagnon qui a répondu par l’affirmative.

«Puis vous quittez pour vous rendre au spectacle d’enfant du caporal-chef Nadeau (une amie), alors que vous êtes en état d’ébriété… c’est pas l’idée du siècle, n’est ce pas?».

Hiérarchie, consentement et temps

Revenant par la suite aux faits en question, Me Trudel a insisté pendant de longues minutes sur le rapport hiérarchique existant entre l’adjudant Gagnon et la caporale Raymond. Elle a ainsi formulé plusieurs scénarios pour voir comment la personne faisant face à l’adjudant répondait à un ordre ou une invitation.

En toute logique, c’est donc en tant que supérieur de la caporale Stéphanie Raymond, que l’adjudant lui apparaissait, même en civil, maintenant le rapport en appelant les personnes par leurs grades.

C’est également sur l’aspect du consentement que la procureure a insisté, soulignant qu’elle lui a pourtant fait comprendre, non verbalement, qu’elle ne souhaitait pas aller plus loin en refusant de mettre la langue en l’embrassant par exemple.

«Elle ne s’est pas sauvée», a affirmé l’adjudant Gagnon, indiquant également que «si elle voulait pas se faire pénétrer, elle ne serait pas restée penchée».

Même s’il n’y avait pas de jeu de séduction entre l’ex caporale et l’adjudant, il ne s’est écoulé que quelques minutes entre le moment où les deux se sont faits des «petits becs sur la bouche» et le moment où a eu lieu le cunnilingus. «C’tun peu rapide pour deux personnes qui n’ont que des relations purement professionnelles», a lancé à tout hasard Me Trudel.

Rapport d’autorité, consentement ou non, rapidité des faits… la procureure de la poursuite n’a laissé aucune chance à l’adjudant Gagnon qui a été acculé jusque dans ses derniers retranchements pour tenter de se défendre.

Elle a d’ailleurs décidé de mettre fin son contre-interrogatoire en milieu de matinée, alors qu’elle avait indiquée la veille qu’il durerait sans doute jusqu’à l’heure du lunch, jugeant non nécessaire d’aller plus loin au vu du témoignage incriminant de l’adjudant.

La cour entendra les plaidoiries de la défense et de l’accusation lundi matin, avant que le juge ne fasse ses recommandations aux membres du comité, qui se réunira alors pour décider si l’accusé est coupable ou non.