Gaza: l’accord de cessez-le-feu imposé par Netanyahu à son cabinet tient bon

Des Palestiniens en voiture convergent vers une place de Gaza pour aller célébrer le 26 août 2014 la trêve avec Israël, que leurs dirigeants leur ont présenté comme une «victoire» (Roberto Schmidt/AFP)
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Des Palestiniens en voiture convergent vers une place de Gaza pour aller célébrer le 26 août 2014 la trêve avec Israël, que leurs dirigeants leur ont présenté comme une «victoire» (Roberto Schmidt/AFP)
Des Palestiniens en voiture convergent vers une place de Gaza pour aller célébrer le 26 août 2014 la trêve avec Israël, que leurs dirigeants leur ont présenté comme une «victoire» (Roberto Schmidt/AFP)

L’accord de cessez-le-feu entre Israël et les Palestiniens imposé par le Premier ministre Netanyahu à son cabinet tient bon pour le moment et, ce mercredi 27 août, après 50 jours de conflit, l’armée israélienne a pu indiquer qu’aucune roquette n’avait été tirée depuis Gaza et qu’elle n’y avait elle-même mené aucun raid.

Des millions de Palestiniens et d’Israéliens dans et autour de la bande de Gaza ont donc passé une nuit calme après l’entrée en vigueur de la trêve mardi à 19h00 (heure d’Israël).

L’accord conclu mardi sous l’égide des Égyptiens prévoit l’ouverture des passages entre Israël et la bande de Gaza et un allègement du blocus qui asphyxie ses 1,8 million d’habitants.

Toutefois, les questions les plus sensibles, comme la libération de prisonniers palestiniens, l’ouverture d’un aéroport à Gaza ou la démilitarisation de l’enclave palestinienne doivent être discutées iltérieurement lors de pourparlers prévus au Caire d’ici un mois.

Les dirigeants du Hamas, invisibles pendant la guerre, sont ressortis mardi soir pour célébrer devant une foule en liesse la «victoire», assurant aux Gazaouis qu’ils auraient bientôt ce port et cet aéroport.

Mais mercredi, un proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu douchait leurs espoirs. «Il n’y aura pas de port, pas d’aéroport et aucun matériel pouvant servir à la production de roquettes ou pour creuser des tunnels n’entrera [dans la bande de Gaza], telle sera la position que nous présenterons lors de la reprise des négociations» au Caire, a indiqué le vice-ministre des Affaires étrangères Tzahi Hanegbi à la radio publique.

En outre, l’accord de cessez-le-feu est loin de faire l’unanimité en Israël.

Selon les médias israéliens, le Premier ministre Netanyahu a refusé de procéder à un vote du cabinet de sécurité avant de donner son feu vert, au moins quatre de ses huit membres étant opposés à la trêve.

Uzi Landau, ministre du Tourisme et membre du parti nationaliste Israël Beitenou a exprimé ce désaccord dans des mots très forts, affirmant à la radio publique israélienne que « Le sentiment général est que le terrorisme paye. […] Israël a donné l’impression que nous voulions le calme à n’importe quel prix ce qui a diminué notre pouvoir de dissuasion».

Le Canada, allié inconditionnel d’Israël, sceptique

Sur la sc`ne internationale, le secrétaire d’État américain John Kerry a salué l’accord, espérant que cette nouvelle trêve tienne, tout comme le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon qui a espéré que le cessez-le-feu sera un «prélude à un processus politique».

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a également souhaité un cessez-le-feu «durable».

Mais le ministre canadien des Affaires étrangères canadien, John Baird, accueille la nouvelle du cessez-le-feu avec prudence, pour ne pas dire avec scepticisme.

«Encore une fois, le Canada accueille avec prudence le cessez-le-feu à Gaza et exhorte le Hamas à respecter son engagement.Les Palestiniens à Gaza ont beaucoup souffert sous le règne du Hamas, et il est grand temps que leurs besoins passent avant les ambitions aveugles de leurs dirigeants», a déclaré le chef de la diplomatie canadienne.

«Pour éviter toute nouvelle violence, le Hamas doit immédiatement déposer les armes et permettre la démilitarisation de Gaza […] Israël sera forcé de continuer à se défendre aussi longtemps que le Hamas poursuivra ses attaques à la roquette contre des civils, et le Hamas devra porter seul le blâme pour toute perte de vie supplémentaire», a ajouté le ministre canadien.

Et maintenant

Selon le chef de la délégation palestinienne, Azzam al-Ahmed, devrait immédiatement entrer en vigueur «l’ouverture des passages pour des besoins humanitaires et des vivres, pour du matériel médical et tout ce qui va permettre de réparer les systèmes d’eau, d’électricité et de téléphonie mobile».

La limitation de la zone de pêche à 3 milles nautiques devrait également être levée pour passer à 6 milles (11km) puis à 12, selon le chef de la délégation palestinienne.

Aucun détail n’a cependant filtré sur la possible reprise des exportations depuis l’enclave palestinienne ou sur les importations de matériel de construction à Gaza, nécessaire pour la reconstruction après qu’au moins 55.000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, selon l’ONU, mais dont Israël craint qu’il serve à la production de roquettes ou pour creuser des tunnels.

*Avec AFP