Le Canada inquiet des «voyageurs extrémistes» dans son rapport 2014 sur la menace terroriste

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Dans son rapport de 2014 sur la menace terroriste pour le Canada, le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile Steven Blaney estime à 80 le nombre de Canadiens qui sont allés prendre part à des activités terroristes à l’étranger… et à être revenus au Canada.

En février, et après un rapport 2011-2013, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) évaluait à 130 le nombre de Canadiens partis rejoindre des organisations terroristes à l’étranger.

«Le gouvernement sait qu’il y a environ 80 personnes qui sont revenues au Canada après avoir voyagé à l’étranger pour différentes raisons liées au terrorisme», indique ainsi le rapport publié vendredi.

Au cours de la dernière année, le Canada a vu un petit nombre de personnes ayant des liens canadiens se rendre à l’étranger pour participer à des activités liées au terrorisme, «mettant des vies en danger et entachant la réputation du Canada». Ces voyageurs extrémistes, comme les appellent le gouvernement, se trouveraient souvent impliqués dans des activités liées au terrorisme, dont «le financement, la formation et toutes autres formes de soutien aux groupes terroristes».

Le ministre Blaney indique que ces actes terroristes constituent un «crime odieux et feront l’objet de poursuites grâce aux diligents efforts des organes de sécurité et d’application de la loi. De plus, notre gouvernement s’est également engagé à déployer des efforts pour prévenir la radicalisation de Canadiens menant à la violence et aux activités liées au terrorisme».

Selon le rapport de 2014, le nombre est «peu élevé, mais tout de même important» de ces voyageurs extrémistes canadiens qui se rendent à l’étranger pour participer à des activités liées au terrorisme, y compris dans les zones de conflit comme la Syrie, la Somalie et l’Afghanistan.

La Loi sur la lutte contre le terrorisme, entrée en vigueur le 15 juillet 2013, a érigé en infraction criminelle le fait de quitter ou de tenter de quitter pour commettre certaines infractions de terrorisme à l’extérieur du Canada.

Toujours en 2013, le gouvernement a inscrit six entités en vertu du Code criminel comme étant liées au terrorisme. La liste des entités terroristes aide à poursuivre en justice les auteurs d’actes terroristes et ceux qui les soutiennent, en plus de contribuer à la lutte contre le financement d’activités terroristes.

«Le Rapport public sur la menace terroriste pour le Canada de cette année se penche sur l’évolution du terrorisme qui préoccupe les Canadiens et sur la façon dont notre gouvernement répond en leur nom. Le rapport s’appuie sur un dialogue important que nous avons entrepris avec les Canadiens, et il permet d’informer les communautés à propos de cette menace très réelle. La lutte contre le terrorisme au pays et à l’étranger demeure une priorité pour le gouvernement du Canada, et il s’agit d’une priorité que nous attaquons avec succès», a dit Steven Blaney dans un communiqué.

En 2012, le gouvernement du Canada a lancé la Stratégie antiterroriste du Canada, appelée Renforcer la résilience face au terrorisme. Cette approche nationale en matière de lutte contre le terrorisme fournit une stratégie unique et complète qui oriente les ministères et organismes fédéraux pour mieux « prévenir, détecter et nier les menaces terroristes et intervenir » en cas de menace, et est un moyen éprouvé dans la lutte continue contre le terrorisme.

L’approche décrite dans la Stratégie permet également d’orienter la réponse du gouvernement à un enjeu de plus en plus important, et dont il est particulièrement question dans le Rapport public de 2014, soit les voyageurs extrémistes qui exercent des activités liées au terrorisme ailleurs dans le monde.

La sortie de ce rapport coïncide alors que l’on apprend que deux frères de Calgary sont – supposément – en train de se battre avec l’État islamique au Moyen-Orient et qu’un imam, de Calgary, a affirmé que les agences de sécurité du Canada avaient échoué dans leurs efforts contre la radicalisation des jeunes dans la communauté musulmane.