Le Canada pourrait participer à une force de réaction rapide de 10.000 hommes en Europe

Sept pays membres de l'OTAN envisagent de constituer une nouvelle force de réaction rapide d'au moins 10.000 soldats en vue de renforcer la défense de l'Alliance face à la situation en Ukraine (Ria)
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Sept pays membres de l'OTAN envisagent de constituer une nouvelle force de réaction rapide d'au moins 10.000 soldats en vue de renforcer la défense de l'Alliance face à la situation en Ukraine (Ria)
Sept pays membres de l’OTAN envisagent de constituer une nouvelle force de réaction rapide d’au moins 10.000 soldats en vue de renforcer la défense de l’Alliance face à la situation en Ukraine (Ria)

Le camp des faucons pourraient bien l’emporter au sein de l’OTAN: « La Russie est pratiquement en guerre contre l’Europe », a lancé ce samedi la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité, alors que sept pays de l’OTAN envisagent même la mise sur pied d’une force de réaction rapide à laquelle le Canada pourrait participer.

« La Russie est en état de guerre avec l’Ukraine, un pays qui veut faire partie de l’Europe, ce qui signifie que Moscou est pratiquement en guerre contre l’Europe », a déclaré Mme Grybauskaité à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles,

« Nous devons aider l’Ukraine à se défendre. […] Nous devons leur envoyer du matériel militaire, a poursuivi la dirigeante lituanienne, qui milite en faveur d’une position beaucoup plus ferme de l’UE contre la Russie.

L’Ukraine attend une assistance pratique de la part de l’Occident et des décisions fondamentales du prochain sommet de l’OTAN, qui se déroulera du 4 au 5 septembre au pays de Galles, avait déclaré la semaine dernière le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Lors du sommet au Pays de Galles, Barack Obama et les autres dirigeants des pays alliés doivent adopter un plan à long-terme visant à renforcer la défense des frontières est de l’Alliance.

Déjà, pour garantir la sécurité des alliés, l’OTAN a déjà intensifié ses patrouilles aériennes au-dessus des pays Baltes et dépêché des renforts en mer Baltique et en Méditerranée. Des avions de reconnaissance de l’Alliance survolent régulièrement la Pologne et la Roumanie.

Maintenant, sept pays membres de l’OTAN envisagent d’aller plus loin et de constituer une nouvelle force de réaction rapide d’au moins 10.000 soldats en vue de renforcer la défense de l’Alliance face à la situation en Ukraine, rapportait vendredi le prestigieux quotidien économique britannique Financial Times.

Placée sous le commandement de la Grande-Bretagne, cette force comprendrait des unités navales, aériennes et terrestres fournies par le Danemark, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie, la Norvège et les Pays-Bas.

Le Canada a également exprimé son intérêt. Le nouveau projet de l’Alliance vise à créer une force expéditionnaire capable de se déployer rapidement et de participer régulièrement à des manœuvres.

La réponse des Russes

En réponse aux démarches de l’OTAN dans l’est de l’Europe, la Russie renforcera pour sa part sa sécurité, a prévenu pour sa part cette semaine la délégation permanente russe auprès de l’OTAN.

« Le renforcement de la présence militaire de l’OTAN dans l’est [de l’Europe ] portera atteinte à la stabilité euro-atlantique. La Russie réagira aux démarches de l’Alliance à l’est pour garantir sa propre sécurité », a mis en garde le représentant permanent de la Russie auprès de l’OTAN, Alexandre Grouchko,lors d’un entretien avec l’agence russe Interfax.

« Ces déclarations que nous entendons de la direction de l’alliance, suggère que l’OTAN va continuer à augmenter la capacité opérationnelle de ses forces et déplacer son infrastructure militaire près de la frontière russe, sous le couvert de la nécessité de se protéger de ‘la menace imaginaire de l’Est'(sic) », a souligné l’ambassadeur de la Russie auprès de l’OTAN.

« Ces mesures dirigées contre la Russie ne sont pas fondées et, évidemment, les relations plus complexes de OTAN-Russie, sont, à ce stade bien près d’être ‘gelées' », a poursuivi Alexandre Grouchko, déclarant « Bien sûr, nous allons tenir compte de la nouvelle configuration et de l’activité des forces de l’OTAN dans les frontières de la Russie dans notre planification militaire et de prendre toutes les mesures pour assurer notre sécurité et notre protection contre les menaces ».

Le groupe de contact sur la crise en Ukraine se réunira toutefois lundi à Minsk, a annoncé par ailleurs ce samedi le ministère biélorusse des Affaires étrangères.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko ont souligné l’importance d’organiser dans la capitale biélorusse des consultations du +groupe du contact+ avec la participation des représentants des autorités de Kiev, des régions du sud-est ukrainien, l’OSCE et la Russie, au cours d’un entretien téléphonique aujourd’hui,rapporte le service de presse du Kremlin.

Moscou a demandé à plusieurs reprises que les insurgés prorusses qui combattent les forces de Kiev dans l’est de l’Ukraine, puissent participer aux discussions sur le règlement de la crise et, hier, Vladimir Poutine a déclare qu’il fallait carrément « contraindre » Kiev à négocier avec eux.

Finalement, peut-être vaut-il mieux, en effet, prendre garde à ce que la soi-disant nouvelle guerre froide…ne se réchauffe pas trop.