Le procès de l’adjudant Gagnon pour agression sexuelle: contre-interrogatoire de la présumée victime

Stéphanie Raymond, à la Citadelle de Québec, avant les évènements qui ont conduit à la cour martiale de l'adjudant Gagnon. (Archives)
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Stéphanie Raymond, à la Citadelle de Québec, avant les évènements qui ont conduit à la cour martiale de l'adjudant Gagnon. (Archives)
Stéphanie Raymond, à la Citadelle de Québec, avant les évènements qui ont conduit à la cour martiale de l’adjudant Gagnon. (Archives)

Le procès de l’adjudant André Gagnon en cour martiale s’est poursuivi aujourd’hui avec le contre-interrogatoire par le procureur de la Défense, le major Philippe Luc Boutin, de la présumés victime par dans cette affaire, l’ex caporale Stéphanie Raymond.

Au premier jour de la Cour martiale générale présidée par le Colonel Mario Dutil, lundi 11 août à Québec, l’adjudant Gagnon avait décidé de plaider non coupable à une accusation d’agression sexuelle.

L’accusation soutient que Gagnon aurait employé la force de façon intentionnelle dans des circonstances à caractère sexuel, alors que Stéphanie Raymond n’était pas consentante. S’il est reconnu coupable, il encourt une peine maximale de 10 ans de prison.

Hier, mardi, interrogée par la procureure de l’accusation, Me Mélanie Trudel, Stéphanie Raymond qui a porté plainte contre l’adjudant en 2011, a relaté les événements de ce jour là.

Les faits se seraient déroulés le 15 décembre 2011 lors d’un dîner de Noël, au Manège militaire du Régiment de la Chaudière après un repas de fête et un après-midi bien arrosé au restaurant le Vieux Duluth de Lévis.

Aujourd’hui, dans son contre-interrogatoire de la présumée victime, le procureur de l’adjudant Gagnon, Philippe Luc Boutin, est revenu pour sa part sur certains détails du témoignage d’hier de la présumée victime quant au déplacement entre le restaurant le Vieux Duluth et le Manège militaire du boulevard de l’Arsenal, distants l’un de l’autre de l’autre d’à peine un peu plus de 2 km.

Il est aussi revenu sur ce qui se serait passé une fois l’accusé et la victime présumé au Manège militaire. Selon le procureur de la Défense, le récit de Stéphanie Raymond est truffé d’invraisemblances.

Après la fête, Gagnon et Stéphanie Raymond se seraient retrouvés tous les deux seuls au Manège militaire de Lévis, pour aller aux toilettes et appeler un taxi, a dit la jeune ex-réserviste hier dans on témoignage, mais la défense a déposé en preuve des copies de cartes «Google» démontrant que le chemin emprunté par la paire était jalonné d’établissements commerciaux où la présumée victime aurait très bien pu aller à la toilette, appeler un taxi et retourner chez elle au lieu de suivre Gagnon jusqu’au Manège militaire.

La défense a fait valoir que l’ex-réserviste a librement consenti à suivre l’accusé au Manège militaire de Lévis, n’a pas offert la moindre résistance à l’endroit de Gagnon et participé de son plein gré aux ébats sexuels qui ont suivi (hier, l’ex caporale avait affirmé que son supérieur aurait ignoré ses nombreux refus, mais n’a pas parlé de résistance «physique», ndlr).

Ce sera bien sûr au comité de soldats» à ce procès (l’équivalent d’un jury dans une cour ordinaire) d’apprécier les témoignages dans ce procès où les soldats-jurés, maîtres des faits, devront chercher la vérité entre les versions des événements qui leur seront présentées.

Un classique «he says, she says» comme dans les séries dramatiques américaines.

Interrompu à 17h cet après-midi, le contre-interrogatoire se poursuit demain à compter de 9h.