Le programme d’acquisition de drone ralenti par les restrictions budgétaires

Photo, en juin 2010, d'un UAV CU170 Heron, un véhicule aérien d’une tonne pouvant mener des opérations de plus de 24 heures à une vitesse maximale de plus de 100 nœuds (180 km/h) et à des altitudes pouvant atteindre 10 000 mètres, utilisés alors par les Forces canadiennes en Afghanistan pendant l'opération de combat Athena (Archives/Sergent Daren Kraus, technicien en imagerie, Force opérationnelle – Kandahar, Afghanistan, ROTO 9)
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Photo, en juin 2010, d'un UAV CU170 Heron, un véhicule aérien d’une tonne pouvant mener des opérations de plus de 24 heures à une vitesse maximale de plus de 100 nœuds (180 km/h) et à des altitudes pouvant atteindre 10 000 mètres, utilisés alors par les Forces canadiennes en Afghanistan pendant l'opération de combat Athena (Archives/Sergent Daren Kraus, technicien en imagerie, Force opérationnelle – Kandahar, Afghanistan, ROTO 9)
Photo, en juin 2010, d’un UAV CU170 Heron, un véhicule aérien d’une tonne pouvant mener des opérations de plus de 24 heures à une vitesse maximale de plus de 100 nœuds (180 km/h) et à des altitudes pouvant atteindre 10 000 mètres, utilisés alors par les Forces canadiennes en Afghanistan pendant l’opération de combat Athena (Archives/Sergent Daren Kraus, technicien en imagerie, Force opérationnelle – Kandahar, Afghanistan, ROTO 9)

Le programme de l’armée canadienne pour acquérir des avions sans pilote, vieux de 10 ans déjà, a été partiellement ralentie par un débat interne, à savoir si l’armée de l’air avait besoin d’une ou deux flottes de drones, écrit cette semaine le journaliste canadien-anglais spécialisé en matière de Défense bien connu Murray Brewster.

En cette période de restrictions budgétaires et avec la véritable obsession du déficit zéro qui anime le gouvernement conservateur, on voudrait à Ottawa un seul type de drone, capable de tout faire, et pour moins cher. Dur commande pour l’industrie qui, en l’état actuel de la technologie, pourrait se dire qu’«à l’impossible nul n’est tenu».

Une série de réunions internes, remontant à plus de deux ans, révèlent que les planificateurs militaires ont dû revenir à leurs planches à dessin, au début de 2013, après que des consultations eurent déterminé que ce que le pays désirait accomplir avec les avions pilotés à distance était peut-être trop ambitieux pour un seul type d’appareil, écrit Murray Brewster dans un article de la Presse Canadienne.

«Cela a hérissé l’armée de l’air, qui avait établi ses spécifications et concepts opérationnels en fonction d’une seule flotte», souligne le journaliste.

L’armée s’attend à ce que les drones permettent non seulement d’effectuer des opérations de surveillance sur le territoire national et à l’étranger, mais également de transporter des armes, tels que des missiles Hellfire, pour des frappes de précision lors de missions à l’étranger, dit-il.

Une réunion d’information, préparée pour l’ex-sous-ministre de la Défense Kerry-Lynen Findlay au début de 2013, mentionnait que cinq entreprises sur huit ayant répondu à une demande d’information à l’automne 2012 proposaient des flottes mixtes, précise le journaliste de la Presse Canadienne.

Les documents indiquent que le gouvernement Harper était préparé à dépenser jusqu’à 3,4 milliards $ US pour acheter et entretenir les drones militaires pendant 20 ans, mais, en cette période de restrictions budgétaires, ces prix font l’objet d’une révision en fonction des délais, affirme Murray Brewster.

Les nouveaux documents soulignent l’importance de la technologie des drones, la décrivant comme «point de départ critique», sans lequel la surveillance des grands espaces du pays «sera moins efficace».

L’absence de véhicules aériens autoguidés est aussi fortement ressentie quand l’armée voit ce qui se fait ailleurs et qui pourrait être fait au Canada, notamment à l’intérieur des frontières, pour répondre à des catastrophes naturelles.

Le budget et les attentes des forces aériennes pour de nouveaux appareils s’orientent souvent vers une seule flotte, et que l’industrie réponde que les attentes ne correspondent pas à la technologie semble avoir surpris les décideurs, dit encore le journaliste de la Presse Canadienne.

En un mot comme en mille, le gouvernement Harper, dans sa volonté «farouche» d’atteindre le déficit zéro avant d’affronter l’électorat, semble en train de demander l’impossible à l’industrie.

Mais l’avion gouvernemental est «téléguidé» pour atteindre la cible «déficit zéro» et rien ne saurait le détourner de son objectif, quitte à ralentir dangereusement des programmes qui avaient pourtant été jugés nécessaires.

«Si la capacité de recourir aux drones existait, on l’aurait fait dans la plupart ou la totalité des récents désastres naturels», peut-on lire dans une présentation des gestionnaires du projet en avril 2013, citée sans l’article de la Presse Canadienne.