L’Ukraine hantée par la crainte d’une intervention russe sous prétexte humanitaire

Des réfugiés attendent devant un hôtel tenu par les séparatistes prorusses, dans le centre de Donetsk, le 4 août 2014 (Bulent Kilic/AFP)
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Des réfugiés attendent devant un hôtel tenu par les séparatistes prorusses, dans le centre de Donetsk, le 4 août 2014 (Bulent Kilic/AFP)
Des réfugiés attendent devant un hôtel tenu par les séparatistes prorusses, dans le centre de Donetsk, le 4 août 2014 (Bulent Kilic/AFP)

L’Ukraine craignait encore samedi une intervention militaire russe sous prétexte d’une opération humanitaire dans l’est de son territoire, où les combats à l’arme lourde faisaient rage dans des zones densément peuplées comme le principal bastion rebelle, Donetsk.

L’offensive des forces ukrainiennes lancée il y a quatre mois se concentre désormais sur les principales places fortes rebelles.

À Donetsk, les combats ont tué plusieurs civils ces derniers jours, notamment après la chute d’un obus sur un hôpital.

À Lougansk, autre grande ville sous contrôle séparatiste, les autorités locales ne cessent de mettre en garde contre une possible «catastrophe humanitaire» car eau, électricité et approvisionnement alimentaires sont coupés.

La situation se complique chaque jour pour les civils après près de quatre mois d’un conflit qui a causé selon l’ONU plus de 1.300 morts et le départ de 300.000 habitants de l’Est, réfugiés en Russie ou déplacés dans les autres régions de l’Ukraine.

Pendant ce temps, de «l’autre côté», le nombre de soldats russes postés près de la frontière ukrainienne est passé en trois semaines de 12.000 à 20.000 hommes selon l’OTAN. Le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, a sommé la Russie de retirer ses soldats de la frontière.

Visée par des sanctions économiques sans précédent, la Russie a répliqué cette semaine en décrétant également un embargo alimentaire sur un grand nombre de produits alimentaires européens et américains (fruits, légumes, viande, produits laitiers…).

Le président russe Vladimir Poutine n’en a pas moins assuré samedi que la Russie restait «ouverte à la coopération» avec l’Occident.

Au cours d’une réunion d’urgence à l’ONU vendredi, la Russie a proposé de mener une «mission humanitaire» ou de créer des couloirs humanitaires pour venir en aide à la population de l’Est de l’Ukraine. Washington a aussitôt rejeté la proposition qui reviendrait à «une invasion».

Mais l’ambassadeur ukrainien Olexandre Pavlitchenko a affirmé pour sa part avoir « des raisons de craindre une intervention d’envergure russe sous prétexte d’une mission de maintien de la paix ».

À la télévision ukrainienne vendredi soir, le numéro deux de l’administration présidentielle ukrainienne, Valéry Tchaly, a accusé la Russie d’avoir déjà tenté d’envoyer un convoi humanitaire en Ukraine.

«Soi-disant en accord avec le Comité international de la Croix Rouge, un convoi humanitaire devait entrer sur le territoire ukrainien avec des troupes de maintien de la paix, évidemment pour provoquer un conflit d’ampleur», a-t-il affirmé.

Selon Valéry Tchaly, le président ukrainien Petro Porochenko «a arrêté cette provocation par la voie diplomatique», après s’être entretenu au téléphone avec le secrétaire d’État John Kerry.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine s’est entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov, qui a assuré que le convoi serait arrêté, a encore rapporté le numéro deux de l’administration présidentielle ukrainienne.

*Avec AFP