Mozambique: Renamo et gouvernement signent un cessez-le-feu

Des membres de la Renamo en Novembre 2012 à Gorongosa (Archives/JintyJackson/AFP
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Des membres de la Renamo en Novembre 2012 à Gorongosa (Archives/JintyJackson/AFP
Des membres de la Renamo en Novembre 2012 à Gorongosa (Archives/JintyJackson/AFP)

Le gouvernement mozambicain et la rébellion de la Renamo ont signé dimanche un cessez-le-feu dans la perspective des élections du 15 octobre, mettant fin à deux ans de conflit.

Un cessez-le-feu a été signé même si tous les problèmes n’ont pas été réglés entre les deux camps, a indiqué à l’AFP le négociateur en chef de la Renamo, Saimon Macuiane.

Le cessez-le-feu est effectif depuis 22H00 (20H00 GMT) dimanche, a-t-il précisé.

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère pour le pays, le cessez-le-feu étant un pas important vers une réconciliation nationale et une paix durable, s’est félicité M. Macuiane.

Il a signé au nom de la Renamo l’accord avec le négociateur du gouvernement, le ministre de l’Agriculture José Pacheco.

Il est nécessaire de commencer une mise en oeuvre immédiate de l’accord (…) qui impose une déclaration de fin des hostilités réciproque et simultanée, a déclaré ce dernier.

Ancienne guérilla antimarxiste pendant la guerre civile mozambicaine (1977-1992) et devenue principal parti de l’opposition après le retour à la paix, la Renamo avait repris les armes depuis que son chef historique Afonso Dhlakama s’était caché dans la brousse en 2012.

Le mouvement, qui a perdu du terrain à chaque élection –de 47% des voix en 1999 à 16% en 2009–, réclame un meilleur partage du pouvoir et accuse le Frelimo au pouvoir de s’accaparer tout le produit des richesses du pays.

Des affrontements sporadiques ont opposé depuis bientôt deux ans ses hommes aux forces de l’ordre dans le centre du pays, tandis que des camions, bus et voitures ont été attaqués dans la région sur la principale route nord-sud.

Les deux camps étaient parvenus à un accord de principe le 12 août, qui a été scellé dimanche.

M. Dhlakama, qui se cache toujours dans les montagnes de Gorongosa (centre), devrait bientôt sortir pour rencontrer le président Armando Guebuza et parapher solennellement l’accord. Il est évident qu’il va y avoir une rencontre de haut niveau, symbolique, a relevé Saimon Macuiane.

L’accord prévoit notamment l’intégration des hommes de la Renamo dans les forces de sécurité nationales, un processus qui doit être supervisé par une force internationale. Afonso Dhlakala pourra d’ici là garder quelques centaines de gardes de sécurité, tandis que la Renamo gardera ses armes.

Une amnistie doit également être accordée aux combattants impliqués dans les violences de ces deux dernières années.

Les négociations doivent maintenant se poursuivre pour définir le statut des ex-hommes de la Renamo dans les forces de l’ordre et régler les questions économiques, a relevé le négociateur de la Renamo.

La date des élections présidentielle et législatives est maintenue au 15 octobre, a-t-il précisé. Afonso Dhlakala doit etre candidat, comme il l’a été –en vain– à tous les scrutins présidentiels depuis 1994.

Armando Guebuza ne pouvant pas se représenter, son principal adversaire –et favori– sera le candidat du Frelimo, le ministre de la Défense Filipe Jacinto Nyussi.