Rebelles en Ukraine: à moins d’une intervention extérieure, la fin approche

Des soldats des forces gouvernementales ukrainiennes à bord d'un char, le 9 août 2009, dans la région de Donetsk (Anatolii Stepanov/AFP)
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Des soldats des forces gouvernementales ukrainiennes à bord d'un char, le 9 août 2009, dans la région de Donetsk (Anatolii Stepanov/AFP)
Des soldats des forces gouvernementales ukrainiennes à bord d’un char, le 9 août 2009, dans la région de Donetsk (Anatolii Stepanov/AFP)

À moins d’une intervention extérieure, la fin approche. L’armée ukrainienne a coupé ce lundi 11 août les routes entre Donetsk et Lougansk, resserrant encore davantage son étau autour des bastions rebelles alors que ce même jour s’échappaient à Donetsk une centaine de détenus d’une prison touchée par un bombardement.
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Mise à jour au 11/08/2014 à 16h20

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé dans un entretien téléphonique avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, que «la partie russe s’apprêtait à envoyer en Ukraine un convoi humanitaire en coopération avec la Croix-Rouge», rapporte le service de presse du Kremlin, bien que l’Occident, les États-Unis en tête, ait mis sévèrement Moscou en garde contre toute intervention sous couvert d’opération humanitaire, mais le porte-parole du Kremlin que le convoi russe, dont il n’a pas précisé la date de départ, serait «sans escorte militaire».

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Une centaine de détenus se sont échappés lorsque des tirs d’artillerie ont détruit une partie des bâtiments de la prison située dans le faubourg Kirovski de Donetsk (ouest), faisant un mort et plusieurs blessés, a indiqué la mairie de Donetsk.

Alors qu’une quarantaine de détenus évadés reste toujours introuvable les insurgés sont venus sécuriser la zone pour empêcher les fuyards de mettre la main sur des armes.

À Donetsk, principal bastion des insurgés prorusses victime de violents combats et de tirs d’artillerie depuis plusieurs jours, des bombardements ont été entendus dans la nuit et des blindés rebelles ont été aperçus traversant le centre-ville, rapporte l’AFP.

Un bombardement avait déjà soufflé dimanche les vitres d’une maternité dans le centre-ville de Donetsk, sans faire de victimes, les mères et les nouveaux-nés s’étant réfugiés dans une cave.

Des obus ont aussi endommagé un ancien centre de recrutement de l’armée, des bureaux et un immeuble d’habitation dans le sud de Donetsk.

Donetsk isolé

L’armée ukrainienne a annoncé dimanche avoir « resserré au maximum l’étau » autour de Donetsk, théâtre depuis plusieurs jours d’intenses combats et de tirs d’artillerie ayant tué plusieurs civils.

L’armée ukrainienne a pour sa part «bloqué la connexion entre les régions de Donetsk et Lougansk», les deux capitales régionales et places fortes des séparatistes, a affirmé pour sa part Oleksiï Dmytrachkivsky, le porte-parole de l’opération militaire menée par Kiev.

Le «Premier ministre» de la République autoproclamée, Alexandre Zakhartchenko, a reconnu samedi que Donetsk était «encerclée» et au bord d’une «catastrophe humanitaire», se disant prêt à un cessez-le-feu si l’armée ukrainienne stoppait son offensive.

Face à cette situation qui se dégrade pour les civils dont 300.000 ont déjà fui vers la Russie et les autres régions de l’Ukraine, Moscou a insisté dimanche sur un cessez-le-feu, «indispensable» pour apporter une aide humanitaire aux populations victimes des combats.

L’idée d’une mission humanitaire russe est toutefois fermement rejetée par les Occidentaux et, tout particulièrement l’Ukraine, qui craignent une intervention militaire russe sous prétexte d’une opération humanitaire dans l’est de son territoire.

Le président Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel ont estimé que toute incursion russe en Ukraine serait « injustifiée, illégale et inacceptable ».

Le président ukrainien Petro Porochenko, après des discussions avec des dirigeants du CICR, s’est dit prêt à accepter une mission humanitaire à Lougansk, une autre capitale régionale, à condition qu’elle soit internationale, non armée et passe par des postes-frontières contrôlés par Kiev.

Les autorités de Lougansk dénoncent pour leur part un «blocus» et une situation «critique» depuis neuf jours, alors que la ville n’a plus d’électricité, d’eau courante ou de réseau téléphonique, et que l’essence et les réserves de nourriture s’épuisent rapidement.

Mais, même en cas de victoire de Kiev sur les rebelles, l’armée ukrainienne aura payé cher: les pertes de l’armée ukrainienne se montent désormais à 568 tués et 2.120 blessés depuis le début de l’opération dans l’est il y a quatre mois, dont 6 morts et 24 blessés dans les 24 heures, a indiqué le porte-parole militaire Andriï Lyssenko.

*Avec AFP