Soixante-dix ans ans après la Libération, Paris rend hommage aux Espagnols de la Nueve

Cérémonie officielle de la commémoration de la libération de Paris se tient le 25 août sur la place de l'Hôtel de Ville, esplanade de la libération, dans le 4e arrondissement de Paris. (SGA/DMPA)
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Cérémonie officielle de la commémoration de la libération de Paris se tient le 25 août sur la place de l'Hôtel de Ville, esplanade de la libération, dans le 4e arrondissement de Paris. (SGA/DMPA)
Cérémonie officielle de la commémoration de la libération de Paris se tient le 25 août sur la place de l’Hôtel de Ville, esplanade de la libération, dans le 4e arrondissement de Paris. (SGA/DMPA)

Paris a rendu hommage dimanche à la Nueve, cette avant-garde de la 2e division blindée du général Leclerc majoritairement composée de républicains espagnols qui fut la première à rallier l’Hôtel de Ville de Paris dès le 24 août 1944.

Une marche commémorative a reconstitué partiellement le parcours suivi il y a 70 ans par la neuvième compagnie du régiment de marche du Tchad, chargée par le général Leclerc d’annoncer aux insurgés parisiens l’arrivée des armées alliées, le lendemain. Paris fut libéré de l’occupant nazi le 25 août 1944.

La marche s’est achevée par une cérémonie en présence de la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, du secrétaire d’Etat français en charge des Anciens combattants et de la Mémoire, Kader Arif, et de Rafael Gomez, l’un des deux derniers combattants survivants de la Nueve (la Neuf, en espagnol).

Le secrétaire d’Etat a salué la mémoire de ces républicains espagnols prêts à donner leur vie, près de leurs foyers ou sur des terres plus lointaines, pour combattre le racisme, la haine et le nazisme. Il a rendu hommage à tous les républicains espagnols qui ont permis cette Libération de la capitale sans pouvoir la vivre.

Visiblement émue, Anne Hidalgo, elle-même petite-fille d’un républicain espagnol, a souligné son engagement de longue date pour la reconnaissance du rôle joué par les républicains espagnols dans la Libération de Paris.

Dans le cortège formé par plusieurs centaines de personnes, on pouvait apercevoir de nombreux drapeaux de la République espagnole, de la Fédération anarchiste et de la Confédération nationale du travail.

Conduite par le capitaine Raymond Dronne, la Nueve comptait 160 soldats dont 146 républicains espagnols majoritairement anarchistes, selon l’Association du 24 août 1944 qui a organisé la marche.

Ces derniers faisaient partie des quelque 200.000 Espagnols de la Retirada demeurés en France après la défaite du camp républicain face au général Franco.

Les combattants de la Nueve furent les premiers à pénétrer sur la place de l’Hôtel de Ville, à bord de half-tracks (véhicules blindés) nommés Guadalajara, Teruel ou encore Guernica, du nom des batailles de la guerre civile espagnole.

Placée sous commandement américain et appuyée pour son entrée dans Paris par la quatrième division d’infanterie américaine, la 2e DB se composait de 22 nationalités, et comptait en outre 3.600 soldats de l’empire colonial français, Algériens, Marocains, Syro-Libanais, rappelle l’historienne Christine Levisse-Touzé.

Longtemps restée ignorée, l’histoire de la compagnie est sortie des limbes de la mémoire officielle en 2004, avec l’hommage rendu par l’ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë. M. Delanoë avait fait apposer onze plaques ponctuant l’itinéraire de la Nueve, de la porte d’Italie, à l’entrée de Paris, à l’Hôtel de Ville.

Les combattants de la Nueve ne sont pas dans les livres d’histoire français, ni dans les livres d’histoire espagnols, a souligné auprès de la presse la journaliste Evelyn Mesquida, présidente de l’association du 24 août 1944.