Ukraine: des commandos ukrainiens à Lougansk, affirme Kiev

Un soldat ukrainien sur le bord de la route près de Lougansk à l'Est de l'Ukraine le 20 août 2014 ( Aleksey Chernyshev/AFP)
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Un soldat ukrainien sur le bord de la route près de Lougansk à l'Est de l'Ukraine le 20 août 2014 ( Aleksey Chernyshev/AFP)
Un soldat ukrainien sur le bord de la route près de Lougansk à l’Est de l’Ukraine le 20 août 2014 ( Aleksey Chernyshev/AFP)

À Lougansk, affirme un porte-parole des forces ukrainiennes, les militaires ukrainiens agissent maintenant dans les rues par petits groupes mobiles qui détruisent les engins d’artillerie des rebelles.

Le porte-parole militaire et président du Conseil de sécurité nationale et de défense d’Ukraine, Andriï Lyssenko, a déclaré qu’une «grande bataille» était en cours à Lougansk, l’une des places fortes des rebelles, assiégée et inaccessible à la presse, où l’eau, l’électricité et les communications sont coupées depuis près de trois semaines.

«Vous ne verrez pas dans la rue des colonnes de chars. Les militaires ukrainiens agissent dans les rues par petits groupes mobiles qui détruisent les engins d’artillerie» a-t-il expliqué, soulignant que «Ce n’est pas un assaut comme pendant la Seconde Guerre mondiale».

L’offensive ukrainienne vise ces derniers jours à isoler les séparatistes de la frontière avec la Russie.

Les forces ukrainiennes affirment aussi avoir mené de multiples «frappes aériennes et tirs d’artillerie» et avoir détruit trois chars, deux blindés et plusieurs lance-roquettes Grad.

Elle ont également annoncé «assurer la défense» des localités de Novosvitlivka, Khriachtchouvaté près de Lougansk, près de la frontière russe et «ratisser» les localités d’Illiria, de Malonikolaïvka, Stanitchno-Louganské, Iassinivka et Zemlianka situées entre les deux places fortes des rebelles, Lougansk et Donetsk.

Une autre histoire de «blindés russes»

Par ailleurs, Kiev revient encore cette semaine avec une autre «histoire de blindés russes».

La semaine dernière, les autorités ukrainiennes avaient affirmé que des tirs d’artillerie de l’armée ukrainienne avaient «détruit» en grande partie une colonne de véhicules blindés de transport de troupes qui aurait pénétré, selon Kiev, dans l’est de l’Ukraine depuis la Russie dans la soirée de jeudi 14 août.

Mais l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), qui a des observateurs sur place, n’avaient pu confirmer cette information rapportée par des journalistes britanniques et reprise par la Présidence ukrainienne.

Même si les Occidentaux ont alors choisi d’y croire malgré tout, Moscou avait démenti clairement cette histoire et s’était moqué des Ukrainiens qui «détruisent des blindés fantômes».

Et voilà que, ce jeudi 21 août, Kiev affirme avoir saisi deux blindés appartenant à une division aéroportée russe près du bastion des séparatistes prorusses de Lougansk.

Si ces informations s’avéraient exactes, il s’agirait de la première preuve de l’implication des forces régulières russes dans le conflit dans l’est de l’Ukraine.

«Dans les combats près de Lougansk, les soldats ukrainiens ont capturé deux blindés de la division aéroportée de Pskov en Russie. Dans l’un des véhicules on a trouvé un ensemble de documents: permis de conduire et documents militaires», a affirmé le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

Le journaliste ukrainien Roman Botchkala, qui se trouve dans la zone des combats a posté sur sa page Facebook plusieurs photos de ce qu’il prétend être des documents saisis dans les blindés, dont un passeport russe, des cartes de crédit, une carte d’assurance maladie ou encore un règlement des parachutistes.

Le hic, c’est, comme l’a souligné le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov, c’est qu’«Il est difficile de comprendre pourquoi on transporte une telle bibliothèque dans un blindé», a ironisé le porte-parole du ministère Igor Konachenkov.

Et il est vrai qu’il ne manque plus à la panoplie des objets trouvés dans le soi-disant blindé russes qu’un album photo d’une gentille famille russe avec grand-mère qui grimace et bébé qui sourit.

Voilà qui semble plutôt «fort en café» et le ministère russe de la Défense a pu facilement démentir en la tournant en dérision cette «mille et unième +preuve+» ukrainienne.

Accusée jusqu’à présent par Kiev et l’Occident de faire transiter armes et combattants par sa frontière, la Russie a toujours démenti.

Pendant ce temps, le convoi humanitaire de Moscou destiné aux populations de l’Est victimes des combats est toujours bloqué du côté russe de la frontière depuis une semaine.

Les autorités ukrainiennes n’ont pas commencé l’inspection des camions sous les auspices de la Croix-Rouge, arguant de l’absence de garanties de sécurité pour son acheminement sur le territoire contrôlé par les rebelles en Ukraine.

De son côté, le vice-ministre de la Défense russe, Anatoli Antonov, cité par l’agence russe Itar-Tass, a nié encore, si besoin était, que la Russie ait l’intention d’envahir l’Ukraine sous le couvert d’opérations humanitaires.

Valérie Amos en Ukraine

Par ailleurs, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordinatrice des secours d’urgence des Nations Unies, Valérie Amos, séjournera en Ukraine du 21 au 24 août pour évaluer les besoins de l’est du pays en aide humanitaire et les moyens permettant de l’acheminer, a annoncé aujourd’hui Andreï Lyssenko.

Les autorités de Kiev mènent depuis le 15 avril une offensive en vue de réprimer la révolte qui a éclaté dans l’est du pays suite au renversement du régime du président Viktor Ianoukovitch le 22 février.

Les combats ont déjà fait plus d’un millier de morts parmi les civils et entraîné d’importantes destructions. Selon les chiffres de l’ONU, plus de 2.000 civils ont été tués et près de 5.000 autres blessés dans cette région du pays de la mi-avril au 10 août.

*Avec AFP