Des forces russes sans précédent massées à la frontière ukrainienne, affirme le Pentagone

Des soldats russes près de Donetsk (est de l'Ukraine), le 18 août 2014 (Dmitry Serebryakov/AFP)
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Des soldats russes près de Donetsk (est de l'Ukraine), le 18 août 2014 (Dmitry Serebryakov/AFP)
Des soldats russes près de Donetsk (est de l’Ukraine), le 18 août 2014 (Dmitry Serebryakov/AFP)

Alors qu’à Newport, au Sommet de l’OTAN, les États membres ont signé ce jeudi 4 septembre un engagement visant à renforcer le soutien aux forces armées de l’Alliance, La Russie a massé à sa frontière avec l’Ukraine des troupes et du matériel bien plus puissants que tout ce que nous avons vu depuis le début de la crise qui oppose Kiev et les séparatistes prorusses, a affirmé de son côté le Pentagone aujourd’hui.

Les forces (russes) déployées le long de la frontière sont dotées d’une capacité exceptionnelle, leur potentiel de destruction est sans précédent, a déclaré le colonel Steven Warren, porte-parole du ministère américain de la Défense, alors que s’est ouvert le sommet de l’OTAN au pays de Galles où la crise ukrainienne domine les débats.

«Nous sommes vivement préoccupés», a-conclu le Colonel.

Le message de fermeté à la Russie, accusée d’attiser les tensions et de soutenir les séparatistes prorusses dans l’Est du pays, envoyé par sommet de l’OTAN, dont l’Ukraine ne fait toutefois pas partie, ne serait donc pas restée sans réponse, semble-t-il.

Appui ferme et «concret» de l’OTAN à l’Ukraine

Les dirigeants de l’OTAN lorsde cette première journée du Sommet de Galles aujourd’hui se sont engagés à apporter un soutien fort pour aider l’Ukraine à améliorer sa propre sécurité lors d’une réunion avec Président ukrainien Porochenko. «Notre soutien est concret et tangible», a déclaré le Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen. «Nous apprécions hautement les contributions de l’Ukraine à nos opérations et la Force de réaction de l’OTAN. L’Ukraine a appuyé l’OTAN. Maintenant, en ces temps difficiles, l’OTAN appuie l’Ukraine».

Le Secrétaire général a déclaré que les Alliés ont mis en place «un ensemble complet et personnalisé de mesures» pour aider l’Ukraine. Le soutien de l’OTAN portera sur quatre domaines: la réhabilitation des soldats blessés, la cyberdéfense, la logistique et le commandement,contrôle et communications. L’aide de l’OTAN à l’Ukraine «pour stimuler la coopération» s’élèvera à environ 15 millions d’euros.

Anders Fogh Rasmussen a aussi affirmé à cette occasion que l’Ukraine indépendante, souveraine et stable, fermement attachée à la démocratie et à l’État de droit «est la clé de la sécurité euro-atlantique.»

Irritation des Russes

Dans un contexte où ce qu’elle appelle «l’hystérie militaire de l’OTAN » face aux événements en Ukraine menace la sécurité de la Russie, cette dernière est obligée de prendre des mesures de rétorsion, avait estimé il y a quelques jours Sergueï Ordjonikidze, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, cité par les agences russes, sans préciser toutefois quelles seraient ces mesures.

Le sous-secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, Mikhaïl Popov, cité par l’agence russe RIA Novosti, avait déclaré le même jour que, d’ici la fin de l’année, la Russie adopterait une doctrine militaire révisée au vu de l’apparition de nouvelles menaces pour l’État, expliquant que la révision de la doctrine militaire était dictée par les facteurs politiques extérieurs: l’expansion de l’OTAN, le problème du bouclier antimissile (ABM) et la situation en Ukraine et autour d’elle.

Et aujourd’hui, irrité du rejet brutal du plan russe de règlement en sept points et dénonçant «un sursaut de la rhétorique antirusse» à la faveur de la crise ukrainienne, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a accusé les États-Unis de soutenir «le parti de la guerre en Ukraine».

Le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine a pour sa part été encore plus loin, qualifiant sur Twitter l’Otan de « fille hystérique de la Guerre Froide».

Espoir de solution en dépit de l’escalade

Et voilà qu’aujourd’hui, selon le Pentagone, il y a maintenant des troupes au sol, une plus forte concentration de pièces d’artillerie, une plus forte concentration de systèmes de défense anti-aériens, une plus forte concentration de roquettes et plus de 10.000 soldats russes massés le long de la frontière.

Et, pour ajouter à «l’irréalité» de la situation, le président ukrainien Petro Porochenko, optimiste, a malgré tout annoncé en marge du sommet qu’un accord de cessez-le-feu devait être signé vendredi avec les rebelles… ce qui, avec les échecs récents sur le terrain des forces ukrainiennes conjugués au au désir de la Russie d’éviter à son économie de nouvelles sanctions encore plus mordantes de l’Occident, reste dans le domaine du possible malgré l’escalade des derniers jours,

Si on ne craignait pas le jeu de mot facile, on pourrait vraiment parler des «montagnes russes»…