La Marine royale canadienne au défi de maintenir ses opérations avec quatre navires en moins

0
Le destroyer canadien NCSM Algonquin (Photo: Nicolas Laffont)
Le destroyer canadien NCSM Algonquin (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

C’est toute une nouvelle qu’a annoncée aujourd’hui le vice-amiral Mark Norman, commandant de la Marine royale canadienne. Quatre navires seront prochainement retirés du service actif: les NCSM Protecteur, NCSM Preserver,  NCSM Iroquois et NCSM Algonquin.

Même avec quatre navires en moins, la Marine royale canadienne affirme disposer «d’un plan pour résoudre les nombreux défis de la transition, y compris le besoin de maintenir l’excellence dans le cadre des opérations», tout en constituant la future flotte, mais, de l’aveu même de son commandant, le Vice-amiral Mark Norman, la perte des quatre navires arrive plus tôt que prévu.

NCSM Protecteur

Le cas du navire ravitailleur NCSM Protecteur était scellé depuis plusieurs mois.

Le NCSM Protecteur est un pétrolier ravitailleur d’escadre basé à Esquimalt, en Colombie-Britannique, le premier navire de la classe Protecteur. Son navire-jumeau, le NCSM Preserver, est basé à Halifax, en N.‑Écosse.

Le gouvernement fédéral avait déjà annoncé que le protecteur et son navire jumeau le Preserver seraient retirés du service en 2015 pour être remplacés par deux nouveaux navires: les NCSM Châteauguay et le NCSM Queenston. Ces nouveaux navires ne seront cependant pas prêts avant 2019.

En février dernier, un incendie a éclaté dans la salle des machines du NCSM Protecteur et avait dû être remorqué de l’archipel d’Hawaï jusqu’au port de Victoria, en Colombie-Britannique.

L’incendie avait été particulièrement violent et la salle des machines complètement ravagée.

Compte tenu de la durée de vie restante relativement courte du NCSM Protecteur, qui devait être retiré du service en 2017, et de son état actuel, le
coût des réparations nécessaires pour le ramener à sa pleine capacité opérationnelle ne constituerait pas une utilisation responsable des fonds publics, déclare aujourd’hui la Marine Royale canadienne.

Par conséquent, le navire restera à quai et les travaux en vue de son dessaisissement seront entamés dès que ce sera faisable sur le plan pratique.

Et de un.

NCSM Preserver

Si le Preserver n’a pas subi d’incendie, il arrive lui aussi à un stade où le maintenir à flot commence à poser de nombreux problèmes. Décision à donc été prise de mettre fin à l’aventure du Preserver.

La fin de la durée de vie opérationnelle du NCSM Preserver prévue pour 2016 s’approchait rapidement.

Des études techniques menées au cours des derniers mois ont révélé des niveaux de corrosion qui minent l’intégrité structurale du navire au-delà des limites acceptables, particulièrement à proximité de la chaufferie de bâbord.

Alors, lui aussi restera à quai en vue de le préparer pour son retrait du service dans un proche avenir.

Et de deux.

NCSM Algonquin

Le destroyer NCSM Algonquin était en sursis depuis l’été 2013.

Le NCSM Algonquin est un destroyer lance-missiles, le quatrième navire de la classe Iroquois.

Le 30 août 2013, le NCSM Algonquin est entré en collision avec le NCSM Protecteur en effectuant des exercices de manœuvre en mer alors qu’il se dirigeait vers Hawaiï.

Compte tenu de la durée de vie restante relativement courte du NCSM Algonquin, qui devait être retiré du service au début de 2019, et de son état actuel, le coût des réparations nécessaires pour le ramener à sa pleine capacité opérationnelle ne constituerait pas une utilisation responsable des fonds publics, dit la Marine.

Par conséquent, on procédera dans un proche avenir aux préparatifs en vue de la fin de service du NCSM Algonquin.

Et de trois!

NCSM Iroquois

Lancé en 1972, l’Iroquois, un destroyer lance-missiles et le premier navire de la classe qui porte son nom, sera le premier à être «décommissionné». La cérémonie de fin de service aura lieu en janvier 2015, à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Des fissures apparentes dues à l’usure avaient été trouvés en février dernier lorsque le navire était à Boston. Une équipe d’ingénieurs s’était alors rendu aux États-Unis pour l’inspecter et avait jugé que le navire pouvait rentrer à son port d’attache, Halifax.

Des ingénieurs et architectes navals ont examiné la corrosion sur une zone qui s’étend entre les deux ponts sur le NCSM Iroquois, qui a dû alors être retiré du service en avril.

La décision finale est maintenant tombée, le NCSM Iroquois, trop rouillé, sera retirée lui aussi du service.

Et de quatre!

La course contre la montre est commencée

L’Algonquin et l’Iroquois condamné, le Canada se retrouve maintenant avec un seul destroyer, le NCSM Athabaskan.

Les destroyers sont des navires commandement et de contrôle, mais sont également les seuls navires de guerre qui ont des systèmes de missiles de défense aérienne à longue portée.

Plusieurs frégates de la classe Halifax subissent en ce moment un programme de modernisation longue pour ajouter des systèmes de radar et de commandement et de contrôle, tout en améliorant les capacités radar et de missiles.

La période de transition que traverse actuellement la Marine comprend la modernisation des 12 frégates de la classe Halifax et l’achat de trois nouvelles classes de navires, notamment les navires de soutien interarmées (NSI), les navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique (NPEA) et les navires de combat de surface canadiens (NCSC), ainsi que l’intégration d’un nouvel aéronef maritime au sein de la flotte.

Durant cette période de transition, la Marine Royale canadienne dit pouvoir compter sur ses frégates modernisées de la classe Halifax fournies par le gouvernement du Canada, sur les sous-marins de la classe Victoria ainsi que sur les navires de la classe Kingston pour mener à bien les tâches et les missions que lui confie le gouvernement du Canada.

Mais il faut souhaiter que le programme de modernisation soit mené rondement et que ne surviennent pas d’autres malheurs.

En entrevue avec 45eNord.ca le mois dernier, l’amiral Norman, Commandant de la Marine royale canadienne, avait admis que tous ses malheurs s’étaient abattus trop tôt sur notre flotte «C’est dommage que nous ne sommes pas six ou neuf mois plus tard dans l’horaire du programme [de modernisation de la flotte], avait-il alors déclaré.

«L’idée c’était que nous savons depuis plusieurs années qu’il y aura un manque ou une période de manque entre la fin de la vie des destroyers et l’arrivée du premier groupe des nouveaux navire de surface de combat canadiens», avait reconnu l’amiral.

«Et donc nous avons décidé, il y a cinq ans, de faire modifier quatre premières frégates avec des modifications additionnelles pour remplacer la capacité de commandement en mer d’un groupe de navires. Et donc l’idée c’est que, quand les destroyers arrivent à leur date finale, nous aurons la capacité […] de [commandement]de ns groupes opérationnels en mer».

Mais, semble-t-il, d’incendies en collisions, de problèmes de rouille en problèmes de fissures, la Marine Royale canadienne n’a pas pu totalement gagner jusqu’ici sa course contre la montre.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
#OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

Les commentaires sont fermés.