La Russie menace de mesures de rétorsion face à l’«hystérie de l’OTAN»

Sept pays membres de l'OTAN envisagent de constituer une nouvelle force de réaction rapide d'au moins 10.000 soldats en vue de renforcer la défense de l'Alliance face à la situation en Ukraine (Ria)
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Sept pays membres de l'OTAN envisagent de constituer une nouvelle force de réaction rapide d'au moins 10.000 soldats en vue de renforcer la défense de l'Alliance face à la situation en Ukraine (Ria)
Sept pays membres de l’OTAN envisagent de constituer une nouvelle force de réaction rapide d’au moins 10.000 soldats en vue de renforcer la défense de l’Alliance face à la situation en Ukraine (Ria)

Dans un contexte où ce qu’elle appelle « l’hystérie militaire de l’OTAN » face aux événements en Ukraine menace la sécurité de la Russie, cette dernière est obligée de prendre des mesures de rétorsion, estime Sergueï Ordjonikidze, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, cité par les agences russes, sans préciser toutefois quelles seraient ces mesures.

Alors que se multiplient les mises en garde concernant l’éclatement d’un conflit de « grande envergure » en Europe,La Russie a prévenu de nouveau ce mardi 2 septembre, et très clairement, qu’elle réagirait à la « menace » que constitue le renforcement annoncé de la présence de l’OTAN près de ses frontières, accusant les Occidentaux de jouer l’escalade dans la crise ukrainienne.

Le sous-secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, Mikhaïl Popov, cité par l’agence russe RIA Novosti aujourd’hui, a déclaré pour sa part que, d’ici la fin de l’année la Russie adopterait une doctrine militaire révisée au vu de l’apparition de nouvelles menaces pour l’État, expliquant que la révision de la doctrine militaire était dictée par les facteurs politiques extérieurs: l’expansion de l’OTAN, le problème du bouclier antimissile (ABM) et la situation en Ukraine et autour d’elle.

Ces propos répondent aux projets de l’Alliance atlantique d’adopter lors de son sommet de jeudi et vendredi au Royaume-Uni un plan de réactivité (Readiness action plan, RAP), en réponse à l’attitude de la Russie dans la crise ukrainienne, perçue comme une menace directe par certains membres (États baltes, Pologne, Roumanie, Bulgarie).

Selon le New York Times, l’Alliance atlantique, qui estime que la Russie a déployé plus de 1.000 hommes en territoire ukrainien, ce que Moscou dément, veut mettre sur pied une force de 4.000 hommes capable de répondre en 48 heures, avec le soutien de certains anciens pays du bloc soviétique comme la Pologne, aux mouvements de troupes russes.

En outre, l’UE a menacé d’introduire dans la semaine de nouvelles sanctions contre l’économie russe, déjà au bord de la récession.

Parlant de la crise actuelle, « Les Occidentaux doivent comprendre qu’il n’y a pas de solution militaire. Un dialogue politique pour une solution politique est le chemin le plus sûr », a déclaré de son côté le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, déplorant une « situation chaotique et dangereuse » aux conséquences « régionales et mondiales ».

Sergueï Ordjonikidze a toutefois souligné quant à lui que cette confrontation n’entraînait actuellement aucune opération militaire réelle, ajoutant, avec philosophie : »On a connu des époques plus difficiles comme la crise des missiles de Cuba… le bon sens prend toujours le dessus. Aujourd’hui, le plus important dans la politique internationale ce n’est pas l’usage de la force, mais le risque de son usage, qui est présent aujourd’hui ».