L’Australie répond aux menaces que lui vaut son soutien à la lutte contre l’État islamique

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Le Premier ministre australien Tony Abbott et le chef de la police fédérale, Andrew Colvin (d), lors d'une conférence de presse, le 19 septembre 2014 à Sydney (Saeed Khan/AFP)
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Le Premier ministre australien Tony Abbott et le chef de la police fédérale, Andrew Colvin (d), lors d'une conférence de presse, le 19 septembre 2014 à Sydney (Saeed Khan/AFP)
Le Premier ministre australien Tony Abbott et le chef de la police fédérale, Andrew Colvin (d), lors d’une conférence de presse, le 19 septembre 2014 à Sydney (Saeed Khan/AFP)

L’Australie a déployé ce vendredi 19 septembre des policiers armés au Parlement en raison de menaces jihadistes contre les sommets de l’État, après qu’elle eut annoncé la veille avoir déjoué des projets d’assassinats du groupe État islamique (EI) sur son sol, y compris la décapitation de civils «pour l’exemple» en sol australien que planifiait le groupe terroriste selon les autorités.

Lors d’une conférence de presse commune avec le ce 19 septembre à Sydney avec le chef de la police fédérale, Andrew Colvin le Premier ministre australien Tony Abbott a souligné «qu’il y a au moins 60 Australiens qui sont connus pour se battre avec l’État islamique et d’autres groupes terroristes au Moyen-Orient». «Il y a», a-t-il ajouté « au moins 100 Australiens qui sont connus pour soutenir l’État islamique et les autres groupes terroristes au Moyen-Orient».

«Ces derniers mois», a poursuivi Tony Abott, «nous avons vu nombre de plus en plus d’enquêtes anti-terroristes de plus en plus, un nombre croissant de personnes qui sont d’intérêt pour nos services de police et de sécurité. Comme vous le savez, il y a une semaine, le niveau d’alerte terroriste a été officiellement relevé. [,,,] L’information [à l’origine de cette décision, ndlr], révélait qu’un Australien haut placé dans l’État islamique en Syrie avait donné l’ordre à ses réseaux en Australie de chercher à commettre des exécutions pour l’exemple.[ Pour contrer cette menace] près de 800 policiers et agents de sécurité ont été déployés, 25 locaux ont été perquisitionnés, 15 personnes ont été arrêtées, une personne a déjà été accusés d’infractions terroristes graves. Des enquêtes sont en cours et la police compte porter des accusations contre d’autres personnes».


Le Premier ministre australien Tony Abott sur la sécurité de l’Australie en regard des événements au Moyen Orient (Vidéo/Tony Abott)

Neuf personnes ont été relâchées depuis, mais l’une d’elle, un jeune homme de 22 ans, a été placée en détention provisoire pour avoir planifié un acte terroriste destiné «à choquer, horrifier et terrifier», selon les autorités australiennes.

Et maintenant, «les membres du gouvernement et du Parlement à Canberra, la capitale australienne, sont concernés par les menaces d’attentats, a lancé le Premier ministre australien. Pour cette raison, «il y aura des policiers fédéraux armés dans et autour du Parlement à tout moment».

«Plus tôt ce mois-ci, j’ai été informé de menaces d’attaques par les réseaux terroristes sur le gouvernement, les gens du gouvernement, du Parlement. J’ai parlé avec les présidents [du Parlement] J’ai commandé une révision urgente de la sécurité au Parlement. Sur réception de cet examen, j’ai écrit immédiatement aux présidents pour leur demander de mettre en œuvre cet examen. Cette mise en oeuvre est actuellement en cours et à la suite de cette révision, la police fédérale australienne sera en charge non seulement de la sécurité extérieure de l.édifice du Parlement, mais de la sécurité interne»

«Il y aura des policiers fédéraux australiens en tout temps dans et autour de notre parlement en tout temps», a conclu Tony Abott, déplorant «que l’accès à des bâtiments comme le Parlement soit un peu plus restreint à l’avenir qu’il ne l’a été dans le passé, mais que les membres de la communauté s’attend du gouvernement à tous les niveaux à ce qu’il assure leur sécurité».

L’Australie est très engagé dans la coalition qui combat l’État islamique en Irak et, dimanche 14 septembre, et va déployer du personnel militaire et huit avions de chasse F/A18 Super Hornet aux Émirats arabes unis pour participer à la coalition internationale contre les djihadistes.

En réponse à une requête formelle des États-Unis, l’Australie enverra dans les prochains jours un contingent de 600 hommes – 400 personnels de l’armée de l’air et 200 membres des forces spéciales -, afin de préparer des opérations militaires contre l’EI, avait annoncé le premier ministre Abott dimanche dernier. Ils seront positionnés dans la base américaine aux Émirats.

Outre la récente décapitation de trois otages occidentaux par l’État islamique, il ne serait pas étonnant que les djihadistes de ce groupe ultra-radical s’en prennent à des pays qui soutiennent la coalition, un peu comme les islamistes shebabs s’en étaient pris en septembre 2013 au Kenya qui contribue à la force africaine qui les combat en Somalie en attaquant le centre commercial Westgate à Nairobi, faisant des dizaines de morts.

Au Canada, l’opposition divisés, mais le gouvernement déterminée

Ici, au Canada, le déploiement de 69 membres des Forces spéciales canadiennes et d’une centaine de membres de l’Aviation royale canadienne divise l’opposition sur les bancs de la Chambre des communes, à Ottawa.

Lors de la période des questions mercredi 17 septembre, le chef néo-démocrate de l’opposition officielle, Thomas Mulcair, a refusé d’accorder son soutien au déploiement des «69 conseillers» des forces spéciales qui sont supposés aider les forces kurdes en les aidant dans leurs tactiques, techniques et procédures pour lutter contre le groupe qui se fait appeler «État islamique».

L’opposition néo-démocrate craint que le Canada ne soit entraîné plus loin et l’Irak devienne un Afghanistan bis, une «pente glissante» sur laquelle la situation serait susceptible de dégénérer très facilement.

À l’opposé, le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a quant à lui apporté son appui à l’opération, en raison de «l’ampleur de la dévastation et de la crise humanitaire dans le nord de l’Irak».

Quant à la France, tel que promis, ses chasseurs Rafale ont frappé à leur tour ce vendredi 19 septembre des positions du groupe ultra-radical et violent L’ État islamique (EI) en Irak, la France devenant le premier pays dans les faits à se joindre carrément à la campagne aérienne américaine contre les jihadistes qui se sont emparés en juin de pans entier du territoire irakien, ont proclamé un «califat» sur les territoires conquis dans ce pays et en Syrie et y font depuis régner la terreur.