Le Canada rajoute l’État islamique à sa liste d’entités terroristes

Image diffusée le 30 juin 2014 par le média djihadiste Welayat Raqa montrant des membres de l'Etat islamique paradant dans une ville du nord de la Syrie (AFP)
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Une photo diffusée sur le compte Twitter d'Al-Baraka montre des combattants de l'Etat islamique le 11 juin 2014
Une photo diffusée sur le compte Twitter d’Al-Baraka montre des combattants de l’Etat islamique le 11 juin 2014.

Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile Steven Blaney a annoncé que le gouvernement du Canada a mis à jour la liste des entités terroristes prévue au Code criminel afin d’inclure l’«État islamique», qui était précédemment inscrite sous le nom d’Al-Qaïda en Irak.

«Les gestes barbares de l’État islamique en Irak et en Syrie ont causé la mort et le déplacement de civils innocents dans l’ensemble de la région et suscitant des préoccupations en matière de sécurité à l’échelle internationale. Notre gouvernement continuera de prendre des mesures sévères contre cette ignoble organisation. Peu importe le nom qu’elle porte, nous ne tolérerons pas les activités de cette organisation. Nous appliquerons dans toute leur rigueur les lois canadiennes contre tout Canadien qui appuie ou participe à des activités de ce groupe», a tonné le ministre Blaney dans un communiqué.

Connue auparavant sous le nom d’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et État islamique en Irak et en Syrie (EIIS), cette organisation était déjà inscrite à titre d’entité terroriste au Canada en août 2012 sous le nom d’Al-Qaïda en Irak. Ses attaques les plus importantes ont été des attentats-suicides commis à l’aide d’engins explosifs improvisés à bord de véhicules, des attaques avec engins explosifs improvisés, des attaques armées, la prise d’otages et des décapitations.

Les gestes «odieux» de l’État islamique correspondent aux critères juridiques prévus dans le Code criminel, selon lesquels il doit exister des motifs raisonnables de croire que l’entité a sciemment participé à une activité terroriste ou l’a facilitée ou qu’elle a agi sciemment au nom d’un groupe terroriste, sous sa direction ou en collaboration avec lui.

Le processus d’inscription nécessite une analyse approfondie du renseignement et des informations criminelles.

Le Code criminel prévoit des sanctions sévères pour les personnes et les organisations qui effectuent des transactions portant sur les actifs ou les finances d’une entité inscrite. De plus, il s’agit d’une infraction criminelle de participer ou de contribuer sciemment à toute activité d’une entité inscrite ayant pour but d’accroître la capacité de l’entité à se livrer à une activité terroriste ou de la faciliter. Cette infraction et les infractions connexes sont exposées en détail dans le Code criminel.

L’État islamique a été créé en Jordanie au début des années 1990 sous le nom de Bayat al Imam. Le groupe s’est associé aux hauts dirigeants du noyau d’Al-Qaïda en 1999 et a combattu aux côtés du noyau d’Al-Qaïda et des talibans lors des frappes effectuées par les États-Unis en Afghanistan à la fin de 2001.

Le groupe est passé en Irak en prévision d’une invasion dirigée par les États-Unis en Afghanistan et, en octobre 2004, il s’est officiellement donné le nom d’Al‑Qaïda en Irak (AQI). En 2013, le groupe s’est renommé «État islamique en Irak et au Levant» (EIIL) et il a aussi agi sous le nom de «État islamique en Irak et en Syrie» (EIIS). En juin 2014, le groupe s’est renommé «État islamique».